Située en plein centre-ville d’Angers, entre le jardin des plantes et la maison d’arrêt, l’école publique Marie-Tallet est-elle devenue une base de lancement pour les trafiquants qui cherchent à faire parvenir des colis à l’intérieur de la prison ? Plusieurs survols de drones ont été constatés ces derniers mois. Le phénomène inquiète et interroge sur la sécurité des lieux.

Une école au cœur de la ville et qui lorsqu’elle est vidée de ses enfants change de destination et voit arriver… des drones qui viennent y atterrir ou en décoller. La situation pourrait prêter à sourire si elle ne concernait pas un établissement scolaire et à quelques dizaines de mètres de la maison d’arrêt. Dans la nuit du lundi 10 août, un drone a été apperçu volant entre l’école Marie-Talet, située rue du Major-Allard et la prison. Celui-ci a rapidement été identifié et retrouvé en train d’atterir dans l’établissement scolaire. Il était chargé d’un objet non identifié. Selon nos informations, le pilote du drone a été découvert caché dans les haies en train de le commander.
Ce n’est pas première fois qu’un drone et son pilote sont découverts dans l’enceinte de l’école. Lundi 13 juillet dernier, aux alentours de 5 h du matin, un autre drone a été intercepté dans la cour de la même école. Accroché à l’appareil, plusieurs colis, dont notamment des téléphones et du cannabis, destinés à être acheminés vers la maison d’arrêt.
Même scène il y a cinq mois. Dans la nuit du 1er au 2 février, des policiers ont aperçu un drone survolant la maison d’arrêt. L’appareil est descendu à l’intérieur de l’enceinte pénitentiaire avant de remonter dans les airs et de repartir vers l’école.
Le choix du lieu ne semble rien devoir au hasard. La proximité immédiate entre l’école et l’établissement pénitentiaire offrirait aux pilotes de drones un point de départ discret, à l’écart de la prison mais suffisamment proche pour permettre aux appareils d’effectuer leur trajet en quelques instants.
Des filets anti-drone au-dessus de la prison ?
C’est cette répétition des faits qui commence à inquiéter. Car derrière ces incursions de drones se pose une question plus large : l’école est-elle en train de devenir un point de rendez-vous privilégié pour les trafiquants qui cherchent à livrer la prison ?
Pour les personnels pénitentiaires, ces livraisons par les airs constituent une nouvelle menace. « C’est très souvent et si ce n’est pas un décollage depuis l’école, c’est tout autour de la prison », constate un agent pénitentiaire et membre du syndicat. Depuis des mois, il fait face à ce mode d’acheminement de produits et d’objets interdits qui semble se développer. « Pour lutter contre ça, il faudrait des filets anti-drone mais ça coûte extrêmement cher et quand on regarde la conjoncture, ce n’est pas la priorité », poursuit le syndicaliste.
La situation pose également la question de la sécurité aux abords de l’établissement scolaire. Mais pas que. C’est tout le quartier qui est visé. « Une école n’a évidemment pas vocation à servir de base arrière à des livraisons destinées à une maison d’arrêt. Mais ce qui pose le plus un problème, c’est toute la sécurité du quartier. On voit passer la police nationale et municipale très souvent mais les livreurs sont malins. Le passage dans la rue est quotidien et ils les repairent », confie ce riverain de la rue Emile Zola.