Malgré le départ du coach Alexandre Dujeux et une situation financière stabilisée, Angers SCO ne va rien chambouler cet été, confiant dans ses méthodes éprouvées.

Treizièmes avec 36 points l’an dernier, exactement le même total qu’en 2024/2025 (14e), les Noirs et Blancs sont restés parfaitement dans la moyenne de leurs saisons dans l’élite au 21e siècle: 8 fois sur 9 entre la 11e et la 14e place.
Une régularité remarquable alors qu’ils ont survécu à une descente en 2023 et à un budget validé de justesse l’an passé.
La vente providentielle d’Estéban Lepaul à Rennes pour une quinzaine de millions d’euros a depuis “permis d’éponger les dettes antérieures”, avait expliqué le président Saïd Chabane mi-juin, lors d’une conférence de presse.
Celle de Sidiki Chérif en janvier à Fenerbahçe (Turquie), sous forme d’un prêt avec option d’achat obligatoire, comptabilisée pour la saison à venir et qui pourrait rapporter jusqu’à 25 millions d’euros, lui a épargné, cette fois, toute sueur froide face au gendarme financier du football français.
Pas de quoi rendre pour autant le dirigeant moins alarmiste sur la santé de son club.
“À partir du moment où vous démarrez avec un déficit structurel tous les ans de 15 millions à peu près, c’est alarmant”, avait-il argué.
La formation au centre du projet
Malgré des charges “aujourd’hui réduites à leur plus simple expression”, selon le président du directoire Jérôme Negroni, lors du même point presse, avec 10 millions d’euros de revenus commerciaux annuels et 5 millions de droits de diffusion, Angers ne réunit que la moitié de ses 30 M EUR de budget sans ventes.
Dans cet environnement contraint, le centre de formation “est évidemment un des meilleurs leviers sportifs et économiques”, a reconnu M. Negroni.
Si le gardien prometteur de 18 ans, Max-Edgar Chabot, a refusé de signer pro pour rejoindre Manchester City, 13 joueurs formés localement sont apparus l’an dernier sur les feuilles de match.
Les très bons résultats des U17 et des U19 nationaux laissent d’ailleurs espérer que cette source ne se tarira pas de sitôt.
Avec un maintien assuré début mars, le club a au moins pu travailler en amont sur son recrutement pour 2026/2027.
“Je dis toujours que l’effectif conditionnera la saison, donc à nous d’essayer de ne pas nous tromper. Déjà financièrement, parce qu’on n’a pas le droit. Ensuite sur la mentalité, très importante”, avait résumé le directeur sportif Laurent Boissier, à la fin de la saison dernière.
“Ça fait un moment que je travaille comme ça. Donc tranquille, pas de stress”, avait-il ajouté.
Anthony Lopes, en fin de contrat à Nantes (L2), et le milieu néerlandais Branco van den Boomen, prêté au SCO l’an dernier, se sont rapidement engagés.
Gilli, la recrue-phare
L’ancien international Espoirs marocain, Amine El Ouazzani, prêté par Braga, demi-finaliste de C3 l’an dernier, a rejoint en attaque son compatriote Amine Sbaï, revenu de son Mondial avec les Lions de l’Atlas.
L’arrivée d’un arrière gauche semble, elle, désormais conditionnée à un départ, par exemple de Jacques Ekomié, qui a un bon de sortie et intéresse plusieurs équipes européennes.
Mais la recrue la plus attendue se situe certainement sur le banc, après le départ d’Alexandre Dujeux à qui la remontée et la stabilisation dans l’élite depuis trois ans devaient beaucoup.
Laurent Boissier s’est tourné vers Stéphane Gilli, ancien coach du Paris FC mais qui a aussi été son coéquipier à Lunel (1999-2000) et l’adjoint de son père Bernard Boissier, à Nîmes, au début des années 2000.
Un technicien qui veut “une équipe proactive, qui défend en avançant, qui ne subit pas et qui est capable de jouer sous pression, de ressortir de derrière, que les joueurs prennent du plaisir”, un discours que n’aurait pas renié Dujeux.
“Comme Alexandre, Stéphane a une grande expérience d’adjoint. Ils sont tous les deux portés sur l’humain, sont droits et fiables”, avait commenté dans Ouest-France l’ancien entraîneur Bernard Blaquart, qui connaît bien les deux.