Une professeure de philosophie d’un lycée du Maine-et-Loire arrêtée en Albanie : le NPA appelle à sa libération

Jülide Yazıcı, doctorante en philosophie et professeure cette année au lycée de Segré-en-Anjou Bleu, a été interpellée le 4 août en Albanie. Selon le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), cette arrestation fait suite à une demande d’extradition de la Turquie transmise par Interpol. Une mobilisation se met en place pour demander sa libération.

DR – Jülide Yazıcı, doctorante en philosophie et professeure cette année au lycée de Segré-en-Anjou Bleu, a été interpellée le 4 août en Albanie.

L’affaire dépasse désormais les frontières de la Turquie et de l’Albanie. Dans le Maine-et-Loire, le nom de Jülide Yazıcı est celui d’une enseignante qui a donné cette année des cours de philosophie au lycée de Segré. Doctorante dans cette discipline, elle se retrouve aujourd’hui détenue en Albanie, après avoir été interpellée à Tirana le 4 août 2026.

L’information est relayée notamment par le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), qui appelle à la mobilisation et demande que la jeune femme ne soit pas extradée vers la Turquie.

Une enseignante de Segré au parcours marqué par la répression politique

D’après les éléments communiqués par le NPA, Jülide Yazıcı avait quitté la Turquie après avoir été confrontée à la répression politique. Elle avait notamment participé aux manifestations du parc Gezi en 2013 et apporté son soutien au parti de gauche HDP.

Alors qu’elle était étudiante en philosophie à l’université Boğaziçi, à Istanbul, elle avait été arrêtée en 2016. Des archives de l’époque font état de son arrestation et de sa détention dans le cadre d’une procédure visant plusieurs étudiants.

Jülide Yazıcı a ensuite obtenu en France le statut de réfugiée politique. Elle a poursuivi son parcours universitaire et intellectuel et s’est engagée dans la recherche et l’écriture autour de la philosophie politique. Elle figure notamment parmi les autrices de la revue turque Teori ve Politika.

C’est dans ce parcours qu’elle a enseigné cette année la philosophie au lycée de Segré, avant de se rendre en Albanie.

Interpellée en Albanie à la suite d’une demande turque

Le 4 août, Jülide Yazıcı a été interpellée à Tirana. Selon le NPA, les autorités albanaises ont justifié cette arrestation par l’existence d’un mandat transmis par Interpol à la demande de la Turquie.

Elle a été placée en détention le 7 août, toujours selon le parti politique, dans l’attente de l’examen des éléments transmis par les autorités turques à la justice albanaise.

La principale question porte désormais sur une éventuelle extradition vers la Turquie. Jülide Yazıcı demande aux autorités albanaises de ne pas donner suite à cette demande, faisant valoir son statut de réfugiée politique en France et estimant que les poursuites engagées contre elle sont liées à ses engagements politiques.

Il convient toutefois de distinguer les accusations portées par les autorités turques, dont les éléments précis ne sont pas établis dans les informations disponibles, de la position de ses soutiens, qui dénoncent une procédure à caractère politique.

Ses collègues du lycée de Segré se mobilisent

L’arrestation prend une résonance particulière dans le Maine-et-Loire. Ses collègues du lycée de Segré ont commencé à se mobiliser pour demander sa libération, selon le NPA.

Le parti souhaite désormais élargir cette mobilisation au monde enseignant et universitaire, mais aussi aux personnalités publiques et à toutes les personnes souhaitant apporter leur soutien à l’enseignante.

Un comité de soutien national a également été constitué. Une pétition a été lancée afin de demander aux autorités albanaises de ne pas extrader Jülide Yazıcı vers la Turquie.

Le statut de réfugiée au cœur du dossier

Au-delà du cas personnel de l’enseignante, ses soutiens posent une question juridique et politique : celle de la protection accordée à une personne ayant obtenu le statut de réfugiée en France lorsqu’un autre État réclame son extradition.

Le NPA considère qu’un retour en Turquie exposerait Jülide Yazıcı à de nouvelles poursuites en raison de ses opinions et de ses engagements. Le parti demande également une réaction des autorités françaises, estimant que la France doit intervenir pour défendre les droits d’une personne à laquelle elle a accordé une protection.

La procédure relève toutefois désormais de la justice albanaise, qui doit examiner la demande d’extradition et les documents transmis par la Turquie. La question de la compatibilité de cette extradition avec le statut de réfugiée de Jülide Yazıcı sera donc déterminante dans la suite du dossier.

Une mobilisation lancée pour payer les frais de justice

Le comité de soutien appelle à signer la pétition en faveur de Jülide Yazıcı. Une cagnotte destinée à contribuer à ses frais de justice a également été ouverte.

Le NPA résume sa mobilisation autour d’un mot d’ordre : « Liberté pour Jülide Yazıcı ». Dans le Maine-et-Loire, cette affaire est suivie avec une attention particulière par la communauté éducative de Segré, où la doctorante en philosophie a enseigné cette année.

À ce stade, la justice albanaise doit encore examiner les éléments de la demande turque. L’avenir de l’enseignante, réfugiée politique en France, dépend désormais en grande partie de cette procédure.

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