
Un détenu incarcéré au Quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) du centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, a bénéficié d’une permission de sortie le week-end des 8 et 9 août 2026. Présenté comme lié au narcotrafic, l’homme avait été autorisé par un juge d’application des peines à rejoindre sa sœur à Mulhouse. Une décision qui a suscité la colère d’un syndicat de policiers, mais que la justice justifie notamment par son comportement en détention et l’absence de risque caractérisé de fuite.
Une permission accordée pour rejoindre sa sœur
Le détenu a été autorisé à quitter temporairement le centre pénitentiaire pour se rendre chez sa sœur à Mulhouse, du samedi 8 août à 8 h au dimanche 9 août. La décision a été prise par un juge d’application des peines spécialement compétent pour le suivi de personnes condamnées dans des affaires complexes relevant de la criminalité organisée. Le parquet de la Juridiction interrégionale spécialisée de Rennes avait par ailleurs rendu des réquisitions favorables à cette permission.
Un comportement en détention pris en compte
Incarcéré depuis le 10 mars 2022, l’homme purge deux condamnations représentant au total sept ans et quatre mois de prison. Sa fin de peine est fixée au 30 novembre 2027. Pour justifier sa décision, le magistrat souligne que le détenu respecte le cadre de sa détention depuis son arrivée à Condé-sur-Sarthe et qu’il s’implique dans le travail, les soins ainsi que dans les versements volontaires des sommes dont il est redevable. Le juge relève également qu’il a déjà exécuté plus des deux tiers de sa peine.
La sœur du détenu avait fait l’objet de vérifications
vant d’autoriser le déplacement à Mulhouse, la justice s’est également appuyée sur une enquête réalisée le 28 mai 2026 par la police judiciaire au domicile de la sœur du détenu. Celle-ci est inconnue des services de police et accueille occasionnellement l’enfant de son frère. L’homme possède par ailleurs plusieurs attaches familiales en France, où vivent notamment sa fille ainsi que plusieurs de ses frères et sœurs.
La crainte d’une fuite dénoncée par un syndicat
La permission a toutefois provoqué l’inquiétude de la CFTC Police. Son porte-parole Axel Ronde a notamment pointé la proximité de Mulhouse avec les frontières et évoqué le risque que le détenu puisse prendre la fuite ou conserver une influence sur un trafic de stupéfiants. L’homme avait également été présenté comme affilié à la « Mocro Maffia », réseau criminel notamment implanté aux Pays-Bas et en Belgique.
Ses avocats contestent tout lien avec la « Mocro Maffia »
Les avocats du détenu, Mes Sobieslaw Bemmoussat et Eloïse Donnart, réfutent cette présentation et dénoncent des informations destinées selon eux à « dramatiser et stigmatiser » la décision du juge. Ils affirment que leur client n’a jamais été affilié à cette organisation criminelle. Selon eux, le terme « Mocro Maffia » n’aurait été relevé qu’une seule fois pendant l’enquête, lors d’une conversation dans laquelle leur client évoquait une série portant ce nom.
Le risque de non-retour jugé insuffisant
Dans son ordonnance, le juge estime que « le risque de non-réintégration n’est pas caractérisé ». Une interdiction du territoire français a bien été prononcée contre le détenu, mais le magistrat considère qu’elle ne fait pas obstacle à l’octroi d’une permission de sortie lorsqu’elle participe notamment à la préparation d’une demande de relèvement de cette peine. Ses avocats indiquent également qu’une procédure est engagée devant la cour administrative d’appel de Nantes pour contester une obligation de quitter le territoire français. Leur client résiderait en France depuis l’âge de 11 ans.
Un retour à Condé-sur-Sarthe dans les délais
Les craintes concernant une éventuelle fuite ne se sont finalement pas concrétisées. À l’issue de sa permission, le détenu a regagné, comme prévu, le Quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé-sur-Sarthe dimanche 9 août avant 18 h. Aucun incident ni manquement aux conditions de sa permission n’est rapporté.