Feu vert judiciaire à l’installation de Weldom à Montreuil-Juigné, au grand dam de Brico Dépôt

La cour administrative d’appel de Nantes a rejeté le recours formé par Brico Dépôt contre le permis de construire délivré à une société pour implanter un magasin Weldom, un coworking et une salle de sport à Montreuil-Juigné (Maine-et-Loire).

DR – La cour administrative d’appel de Nantes a rejeté le recours formé par Brico Dépôt contre le permis de construire délivré à une société pour implanter un magasin Weldom, un coworking et une salle de sport à Montreuil-Juigné (Maine-et-Loire).

L’enseigne Brico Marché – qui exploite un magasin à Beaucouzé, à 9km de là – avait en effet introduit un recours contre le permis de construire délivré à la société Jerap par Benoit Cochet et valant “autorisation d’exploitation” pour édifier un magasin Weldom, un espace de coworking et une salle de sport.

Pour rappel, depuis 2024, le maire de Montreuil-Juigné porte ce projet destiné à remplacer les anciens locaux de Constellium par cette enseigne de bricolage appartenant au groupe Mulliez. Le 25 septembre 2024, la société Brico Dépôt avait formé un recours contre l’avis “favorable” délivré par la Commission nationale d’aménagement commercial (CNAC), en vain.

L’enseigne s’est donc tournée vers la cour administrative d’appel de Nantes pour espérer obtenir l’annulation d’une telle décision. “Le projet en zone se situe dans sa propre zone de chalandise”, faisait valoir l’avocat de Brico Marché devant la cour. Et “13,7% de son chiffre d’affaires est réalisé dans la zone de chalandise du projet”, ajoutait-il pour justifier d’un intérêt à agir.

DE “NOUVEAUX SERVICES” SERONT PROPOSES

Reste qu’à la date de la délivrance du permis, “le contexte démographique de la zone de chalandise et de la commune de Montreuil-Juigné en particulier était dynamique, avec une croissance de la population pour cette commune de près de 10% entre 2011 et 2021”, relève la cour dans un arrêt en date du 30 avril 2026 et qui vient d’être rendu public.

Et “le taux de vacance commerciale recensé à Montreuil-Juigné et dans les centres-villes des quatre communes limitrophes était nul et un magasin de bricolage de Beaucouzé, de l’enseigne Castorama avait fermé en 2020”, ajoutent les juges. “Si plusieurs magasins de bricolage, jardinage, décoration ou quincaillerie sont exploités dans la zone de chalandise, la spécialité respective de la plupart de ces magasins ne recoupe que partiellement celle du magasin Weldom envisagé”, estiment-ils.

“A l’inverse, le secteur d’activité du magasin Weldom (…) est peu représenté dans le centre-ville, le magasin en cause devant proposer une offre complémentaire à celle des commerces de la zone de chalandise, dans le contexte d’une densité commerciale inférieure à la moyenne nationale”, ajoute la cour. Et de “nouveaux services” seront proposés, comme “la découpe de bois” ou “la reproduction de clés”, par exemple.

Sur le fond, Brico Marché déplorait un “site qui restera (…) très imperméabilisé” et une “consommation foncière démesurée liée au stationnement que ce projet entraine”. La société pointait aussi “un impact négatif sur l’animation de la vie urbaine et sur le tissu commercial de centre-ville” et “une aggravation des difficultés de circulation déjà très importantes”.

Mais la société Brico Marché n’apporte “pas (…) d’éléments probants” pour étayer l’argument en faveur d’un désintérêt de la clientèle pour les centre-villes. “L’impact” sur le trafic routier sera par ailleurs “minime” – de l’ordre de “1,5% du trafic actuel – et n’entrainera “pas de saturation de la circulation”, même aux heures de pointe.

1.956 M²” DE PANNEAUX PHOTOVOLTAÏQUES

“Le projet est conforme à l’objectif d’aménagement du territoire, eu égard à la consommation économe de l’espace qu’il permet, à sa contribution à l’animation de la vie urbaine, à son absence d’effet négatif démontré sur le tissu commercial du centre-ville, à son impact très faible sur les flux de trajets automobiles et à sa bonne accessibilité par les modes de transport alternatifs”, en déduisent les magistrats.

Des “insuffisances” en termes “[d’]accessibilité du projet par les modes alternatifs de déplacement”, de “qualité environnementale” et “[d’]insertion architecturale” étaient aussi relevées par Brico Marché. Enfin, l’enseigne concurrente de Weldom soulignait un “risque technologique” en raison de “la proximité” de l’établissement Zach System et de l’entreprise Framatome – Cezus Areva, classés Seveso, et de l’usine Constellium “qui manipule des substances et mélanges dangereux”.

Reste que le projet comprendra “1.956 m²” de panneaux photovoltaïques” et s’insère dans un secteur à l’architecture “hétérogène”, mêlant “bâtiments industriels”, “un site classé SEVESO” et “un secteur d’habitat individuel et collectif”. “Cinquante arbres de haute tige” et “un merlon” seront par ailleurs installés pour favoriser l’insertion paysagère du bâtiment. Celui-ci s’implantera en tout état de cause sur “une friche industrielle” et ne compromet donc pas “l’objectif de développement durable”.

Enfin, des “diagnostics techniques de repérage de l’amiante et du plomb” ont été opérés et “une étude historique” et “un diagnostic de pollution” doivent encore intervenir. Au final, la requête de Brico Marché a donc été rejetée et la société a été condamnée à verser 1.500 € à sa concurrente./CB

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