Les Angevins racontent leur job d’été : Maxence découvre le tri en déchèterie

17/08/2026
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Il est 15 h 15 : fin de service pour Maxence. La belle saison continue pour l’étudiant angevin. Crédit Maxence

Pour ce troisième épisode des Angevins racontent leur job d’été, nous allons suivre Maxence, qui a découvert cet été le travail d’agent d’accueil et d’entretien en déchèterie au sein d’Angers Loire Métropole. Un métier un peu méconnu du grand public, mais essentiel pour le recyclage et la collectivité angevine, qui permet d’orienter les usagers venus déposer leurs déchets aux bons endroits. Pas lié à son parcours ni à ses passions, ce job lui permet néanmoins de gagner un peu d’argent pendant la belle saison.

Une opportunité saisie dans le secteur public

Pas toujours lié à son projet professionnel, ni même à une passion comme dans les épisodes précédents, le job d’été reste un moyen pour les étudiants de gagner un peu d’argent durant la période estivale, mais aussi d’apprendre de nouveaux métiers dont ils n’avaient pas forcément connaissance.

Maxence Bordage, 19 ans, étudiant en 2ᵉ année de licence d’Histoire à l’Université d’Angers, en est la parfaite illustration. Il a eu l’opportunité de travailler d’avril à fin juillet 2026 en tant qu’agent d’accueil et d’entretien en déchèterie pour Angers Loire Métropole.

Ce job, il l’a trouvé un peu par hasard grâce à l’un des nombreux sites de recherche d’emploi, en l’occurrence Indeed, sur lequel il a répondu spontanément à une annonce d’Angers Loire Métropole. Une candidature retenue pour un métier dont il n’avait pas forcément connaissance avant de faire des recherches préalables à son embauche.

Il a donc commencé en avril 2026 avec un contrat à temps partiel de 14 heures par semaine, qui s’est terminé fin juin, avant de passer à temps plein à partir du mois de juillet. Un métier qui nécessite de commencer tôt pour préparer le site avant l’ouverture au public :

« Une journée type dans ma peau, c’était réveil à 6 heures (horaires d’été obligent), et arrivée à 7 heures à ma déchèterie assignée, en l’occurrence le site de Villechien à Saint-Barthélemy-d’Anjou les week-ends, et le site des Brunelleries à Bouchemaine, en semaine. »

Immersion au cœur du tri et de la revalorisation

Une fois arrivé et préparé avec ses collègues (environ 3 à 6 selon les jours), son rôle consiste à ouvrir les conteneurs qui stockent les déchets électroniques, toxiques, ainsi que ceux de réemploi. Ces derniers accueillent des articles de sport, de loisir ou des objets en état quasi neuf pouvant être réutilisés, destinés à Emmaüs et Apivet.

Entre conteneurs de réemploi pour Emmaüs et bacs de métaux, la déchèterie de Villechien s’anime dès l’aube. Crédit Maxence

S’ensuit l’ouverture au public à 7 h 15, où généralement quelques voitures attendent déjà les agents. Tout au long de sa journée, l’objectif est de bien orienter les usagers en les guidant dans le tri de leurs apports. Cependant, il est interdit de les aider physiquement à porter des charges lourdes, afin d’éviter tout risque de blessure au dos pour les agents. La déchèterie ferme ensuite ses portes à 14 h 45 pour laisser place au nettoyage de la plateforme, avant un départ à 15 h 15. Un job qui commence et se termine tôt, permettant à Maxence d’avoir ses après-midis : « J’ai pu profiter de mon été pleinement même en travaillant, parce que les horaires d’été me font débaucher à 15 h 15, ce qui me laisse une bonne partie de la journée libre. »

Le défi de la diversité des objets

Un métier pas forcément très énergivore en termes de manutention pure, mais qui demande une excellente connaissance de la destination de chaque objet pour éviter les erreurs. Même en ayant suivi une formation obligatoire pour développer son sens du tri, il faut rester attentif selon lui, car l’état même d’un objet peut modifier l’endroit où il doit être jeté :

« Il y a plein d’objets que tu ne connaissais pas qui arrivent et tu dois savoir où les jeter. Avec tout ce qui va être électronique, par exemple, on ne met pas les ventilateurs dans le même espace que les écrans, mais les câbles, on les met avec tous les appareils à piles. Un haltère Decathlon qui peut être réutilisé, ça va aller dans les conteneurs de réemploi, sinon c’est dans le bac métal. »

Un aspect de découverte que l’étudiant en histoire a particulièrement apprécié. Le fait de voir défiler une grande variété d’objets lui a plu et lui sert désormais pour des quiz de culture générale ou dans son quotidien.

Tout en apprenant sur les objets et leur composition, il a pu observer divers comportements chez les usagers :

« Un aspect marquant de ce travail, c’est que j’ai remarqué que les gens préfèrent en général jeter vite plutôt que stocker un petit moment pour donner ou vendre ; en effet, j’ai vu défiler des objets de valeur réutilisables être jetés : du cuivre, des appareils électroniques, des matelas en parfait état, des vis, des outils… Certains n’ont pas de patience. »

Le facteur humain : entre échanges chaleureux et incivilités

L’un des autres volets de ce job d’été réside dans le paramètre humain auquel les agents d’accueil doivent faire face, un aspect qui peut s’avérer positif comme négatif :

« Ce qui me plaît dans ce quotidien, c’est le contact humain avant tout, lorsque les usagers discutent de tout et de rien avec nous. Paradoxalement, c’est aussi ce côté qui m’a le moins plu, en particulier la malhonnêteté, les gens pressés qui nous manquent de respect, et qui ne respectent pas nos orientations pour le tri. »

Des comportements qui font perdre un temps précieux aux agents, obligés de pêcher régulièrement les erreurs de tri à la perche dans les mauvaises bennes. Des erreurs d’attention ou volontaires qui créent un effect domino, car le temps passé à corriger ces erreurs est du temps en moins accordé au guidage des autres usagers. Ce qui a mis en difficulté le Bartholoméen au cours de l’été.

Un bilan positif et formateur

Bien que le poste ne soit pas directement lié à ses études en histoire, Maxence y a découvert le fonctionnement du milieu professionnel :

« J’ai pu découvrir un aspect professionnel : le domaine public. Mes collègues titulaires sont des fonctionnaires, j’étais donc assimilé au domaine public. Et ça m’a fait découvrir que je préférais travailler comme ça plutôt que dans le secteur privé, là où je trouve qu’il y a beaucoup plus de pression venant de la hiérarchie. »

Désormais en vacances, « je me suis gardé août pour souffler un peu plus », il dresse un bilan très positif de son expérience :

« Avec ce job, j’ai pu me payer un voyage en Croatie, payer le plein, me faire plaisir, et commencer à mettre de côté pour prendre mon indépendance petit à petit. Ce travail m’a même permis de sortir la tête des cours d’histoire. J’ai pu profiter de mon été même en travaillant, ça, c’était super. »

Pour lui, cette expérience d’agent d’accueil et d’entretien fut très concluante et il n’hésite pas à la recommander aux autres étudiants :

« Je pense que ce poste peut parfaitement convenir à n’importe qui, tant qu’on aime le contact humain et qu’on est à l’aise avec le fait d’être très souvent debout, parce qu’on fait quand même 16 000 pas par jour. »

Aidan Bossard

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