Les Angevins racontent leur job d’été : Pierrick au cœur de la chaîne de blanchisserie

18/08/2026
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Pierrick Bellerophon, 20 ans, étudiant en économie venu prêter main-forte à la blanchisserie durant la période estivale. Crédit Pierrick Bellerophon

Alors que la rentrée approche, certains étudiants choisissent de lever le pied, mais ce n’est pas le cas de Pierrick Bellerophon. Cet été, le jeune homme de 20 ans a accepté de travailler à la récemment achevée blanchisserie Césame, située à Sainte-Gemmes-sur-Loire, pour son job saisonnier. Un métier éprouvant par le dynamisme qu’il exige, mais qui, bien qu’il soit sans lien direct avec ses études en économie, lui a permis d’obtenir des fonds pour ses projets futurs.

Anticiper dès l’hiver pour financer ses projets

Pour certains étudiants, le job d’été permet de financer des vacances ou des projets à venir, mais aussi de s’occuper durant la pause estivale grâce à une activité stimulante qui ne laisse aucun temps mort.

Actuellement en 3e année de licence d’économie à l’université de Rennes, Pierrick Bellerophon, revenu pour l’été en Anjou, achèvera le 31 août son contrat débuté le 22 juin, juste avant d’attaquer sa nouvelle année universitaire.

Son objectif ? Récolter des fonds pour s’acheter un nouvel ordinateur, un outil indispensable pour ses études, et développer des projets personnels qui lui tiennent à cœur. Pour s’assurer une source de revenus durant l’été, l’Angevin avait décidé d’anticiper en postulant dès le début de l’année 2026. Une démarche précoce lancée en février qui a fini par porter ses fruits :

« J’ai postulé à ce job depuis février dernier, sans réponse de leur part, et finalement début juin, ils m’ont appelé pour me dire qu’ils étaient intéressés par mon profil et qu’ils voulaient savoir si je pouvais travailler avec eux, ce que j’ai accepté de suite. »

Plongée au cœur de la chaîne de tri

S’agissant d’un travail saisonnier peu commun, l’étudiant ne savait pas vraiment à quoi s’attendre au départ. Il a toutefois vite appris aux côtés de ses collègues pour maîtriser le rythme du quotidien. Chargé de la toute première étape de la chaîne, le tri du linge sale, ses journées sont cadencées par l’arrivée des sacs et la préparation du lavage, des tâches qui reviennent toute la journée :

« Une journée type, ça varie, mais en ce moment je fais du 15 h – 20 h. Pour les tâches, on commence d’abord par l’ouverture des sacs où se trouvent les différents linges sales utilisés dans les CHU, Ehpad, hôpitaux psychiatriques, etc. Ensuite, nous commençons le tri où c’est un tapis roulant qui nous fournit le linge, et nous le trions ensuite en l’envoyant dans des bacs en fonction de la couleur et du type d’affaires (bavoirs, draps) qui se videront automatiquement pour être amenés au lavage séparément. C’est ici que mon rôle s’arrête. »

L’activité bat son plein au sein d’une blanchisserie industrielle, où des milliers de textiles sont traités quotidiennement pour répondre aux besoins de la collectivité. (Image d’illustration / Crédit Samuli Lintula avec Turun Tekstiilihuolto Oy)

Une fois cette étape franchie, ses collègues prennent le relais pour essorer, sécher, repasser et plier les textiles avant de les retourner aux établissements clients, propres comme un sou neuf.

Un métier qui exige du rythme

Essentielle avant la mise en machine, la phase de tri réserve parfois des surprises au milieu des textiles médicaux :

« Un jour, pendant qu’on ouvrait des sacs de linge avec un collègue, il a trouvé une figurine du Chef dans South Park, c’était assez drôle comme j’aime bien la série. Après, on l’a redonnée bien sûr, mais ça nous a bien fait rire. »

Au-delà des anecdotes, le poste exige une certaine résilience face aux odeurs fortes dégagées par le linge hospitalier et réclame d’avoir le cœur bien accroché.

En plus des tâches secondaires comme le nettoyage de la zone de travail pour maintenir des conditions d’hygiène strictes, le métier demande une énergie constante et une réelle concentration. Une cadence soutenue qui convient parfaitement à l’étudiant :

« Ce qui me plaît le plus, c’est l’absence de temps morts, car il y a toujours quelque chose à faire, entre le tri du linge sale, le nettoyage de notre environnement de travail, le vidage et le nettoyage des armoires, l’accrochage des sacs, etc. Ça demande pas mal de dynamisme. »

Mais, malgré l’exigence physique du poste, les horaires flexibles de la blanchisserie offrent à Pierrick un équilibre appréciable, lui laissant du temps libre pour se reposer ou retrouver ses amis en fin de journée.

Un maillon essentiel de santé publique

Après deux mois à son poste, le jeune homme a progressivement pris conscience du rôle fondamental de son métier pour les établissements de santé partenaires. La blanchisserie interhospitalière du GIBA (Groupement Interhospitalier de Blanchisserie Angevine), récemment achevée et située sur le site de Sainte-Gemmes-sur-Loire, dessert notamment le CHU d’Angers, le Césame (Centre de santé mentale angevin), le centre de rééducation Les Capucins ou encore le Centre hospitalier de Doué-en-Anjou. Autant d’acteurs pour lesquels la blanchisserie contribue directement au bien-être des soignants comme des patients :

« Sans une blanchisserie, ce sont potentiellement des centaines de malades et/ou d’hospitalisés qui peuvent ne pas avoir accès à des commodités de base de l’hospitalisation. »

Un maillon de l’ombre indispensable pour permettre aux équipes médicales de travailler dans des conditions optimales.

Cap sur la rentrée et les projets

À moins d’un mois de la reprise des cours, Pierrick ne regrette absolument pas d’avoir investi son été :

« J’ai pris une semaine de vacances en août, et je pense que ça me suffit amplement. »

Maintenant pleinement focalisé sur ses projets personnels et l’achat de son équipement informatique, il partage volontiers ses conseils pour aider les futurs candidats à décrocher un bon job d’été :

« Le conseil que je donnerais, c’est de s’y prendre très tôt et de demander à son entourage, car personnellement presque la totalité des jobs que j’ai trouvés, c’était grâce au bouche-à-oreille. Et si vraiment tu ne trouves rien, n’hésite pas à faire le tour des agences d’intérim. »

Aidan Bossard

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