Pour ce dernier épisode des Angevins racontent leur job d’été, nous quittons Angers pour l’Eure et le domaine Center Parcs afin de suivre l’emploi saisonnier de Merwan Blanchard, étudiant à l’école WIN à Angers. Comme bon nombre d’étudiants angevins non originaires de la région, il est retourné dans sa Normandie natale pour les vacances. Il a réussi à obtenir cet été un poste d’employé polyvalent au supermarché Carrefour du Center Parcs Les Bois Francs, un job qui lui permet de mettre un peu d’argent de côté.
Un cadre de travail hors norme pour un job classique
Dans un registre plus traditionnel que les jobs d’été précédents, certains emplois saisonniers concernent la vente en grande surface, un moyen accessible de se faire un peu d’argent durant deux ou trois mois. Qu’est-ce qui change ici ? Le cadre est singulier puisque le magasin est situé directement au cœur d’un parc de loisirs.
À l’inverse de Pierrick (présenté dans l’épisode précédent), Merwan Blanchard, 18 ans, étudie le management du sport à la WIN d’Angers tout en étant originaire de l’Eure, en Normandie. Il vit donc dans la cité angevine pour sa scolarité et repart le temps des vacances. Un choix assumé par le jeune homme, désireux de retourner au bercail pour trouver du travail plus facilement.
Ce qui lui a permis d’obtenir son emploi saisonnier ? Un essentiel de chaque étudiant : son réseau et ses contacts, qui l’ont informé du besoin d’effectifs pour la saison :
« Premièrement, j’ai demandé à mon contact s’il restait de la place en tant qu’employé polyvalent au Carrefour du Center Parcs des Bois-Francs. Puis, quand j’ai eu son feu vert, j’ai postulé et j’ai réussi à obtenir le job après avoir passé un entretien plus poussé. Mon stage a aidé, je pense. »
Une précision s’impose : en avril, Merwan avait déjà effectué un stage à Center Parcs dans le cadre de ses études, portant sur l’organisation d’un événement sportif (une Color Run). Il connaissait donc déjà les lieux et les équipes, un atout pour une adaptation rapide et une preuve de sérieux qui a joué en sa faveur lors de sa candidature.
Entre mise en rayon et livraisons dans le parc
Embauché du 6 juillet au 28 août, ses journées sont dictées par l’affluence des vacanciers. Cela varie selon les jours et l’amène régulièrement à prêter main-forte à ses collègues :
« Mes horaires varient de 6 h à 21 h 30 (la plupart du temps je faisais 14 h – 21 h 30). Je commence donc mes journées par faire de la repasse, c’est-à-dire mettre en rayon les produits qui sont en réserve. Ensuite, j’aide en caisse si besoin. Puis, dans le courant de la journée, je nettoie, range la réserve ou vérifie les dates des produits. J’aide parfois à la caisse quand il y en a besoin. Un job d’été un peu classique finalement, il n’y a pas 50 mille trucs à faire. »
Outre ce volet polyvalent générique, son poste comporte une seconde facette : la livraison. Le Carrefour du parc propose en effet aux clients de commander des repas (pizzas, burgers, sushis…) via un QR code ou des bornes. L’étudiant doit honorer ces demandes au volant d’un Goupil (fourgon électrique), muni de sacs isothermes et d’une liste des commandes du jour. En cas de forte affluence, il aide même ses collègues à finaliser la préparation des pizzas avant de les livrer lui-même.
Un aspect du poste qu’il apprécie tout particulièrement :
« Ce qui me plaît le plus, ce sont les livraisons, car ça me permet de bouger dans le parc et donc de ne pas rester enfermé au même endroit tout au long de mon temps de travail. »
Une bonne ambiance et un sosie troublant
Ce n’est pas le seul point positif qu’il retient : l’ambiance avec l’équipe joue aussi un rôle majeur. Comme dans tout travail, le climat relationnel est essentiel au bien-être des salariés, et c’est le cas dans ce magasin où le Normand s’est senti très épanoui.
Preuve de cette bonne entente, une anecdote amusante sur un client a marqué sa saison :
« Il y a un jour où j’ai cru voir Kaaris. Ce sont mes collègues qui sont venus me voir pour me dire : “Regarde, il y a Kaaris !”. J’ai regardé et je me suis dit : “C’est pas possible, c’est lui !”. Mais en fait c’était un sosie. Je l’ai démasqué parce qu’il n’avait pas la même voix, ni le même style, mais ça nous a bien fait rire, la ressemblance était folle. »
Chaleur, incivilités et pratique de l’anglais
Malgré ces bons moments, le travail comporte aussi des aspects plus éprouvants, à commencer par les températures. Comme évoqué dans les précédents portraits, les épisodes de canicule ont perturbé les journées de travail. Dans son magasin, la chaleur étouffante était difficile à gérer, aussi bien à l’intérieur qu’en extérieur lors des tournées :
« Je suais à grosses gouttes pendant mes livraisons. »
Il lui faut également composer avec les incivilités de certains clients, une réalité fréquente dans le commerce qu’il faut apprendre à gérer avec sang-froid :
« Parfois certains clients parlent mal. Une dame m’a par exemple dit, quand nous n’avions plus de pain : “C’est une honte !”. Mais bon, on ne calcule pas et on souhaite une bonne journée, c’est partout pareil. »
Enfin, la communication avec les touristes étrangers s’est révélée être un exercice constructif. Bien qu’il sache communiquer en anglais, la pratique sur le terrain lui a fait prendre conscience de ses limites :
« Ce que m’a appris cette expérience ? Qu’il faut que je perfectionne mon anglais. Même si je m’en sortais pas trop mal, parfois certains parlent plus vite que d’autres ou l’accent diffère. Il faut que j’arrive à mieux m’adapter à ça, mais ce qui est bien, c’est que la plupart sont cool et prennent le temps. »
Récompense sportive et conseils de fin de saison
À l’approche de la fin de son contrat, le jeune homme pense déjà à la manière dont il va utiliser l’argent récolté :
« Je vais profiter de mon jour de repos pour revenir à Angers et aller voir le premier match de la saison du SCO payé par mon dur labeur, en espérant qu’on l’emporte. Anthony Bermont sera décisif, vous l’aurez entendu en premier ici ! »
Pour conclure cette série d’épisodes et aider les futurs étudiants à décrocher un emploi saisonnier, Merwan va droit au but :
« Chercher au plus simple, toujours avoir des contacts, et évidemment s’y prendre assez tôt, sinon on laisse passer pas mal de chances. »
Aidan Bossard
