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Depuis Angers, Quentin Ménard un acteur en devenir ….

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Credit Maxime Pionneau – Quentin Ménard devant le Grand Théatre d’Angers, quelques jours de repos avant de reprendre la route de la scène française.

« Quand j’étais plus jeune j’étais un vrai lascar et faire du théâtre c’était totalement inconcevable, c’est revenu en classe de Terminale quand on m’a proposé de jouer. Mais de moi-même je n’y serai jamais allé. » Aujourd’hui, Quentin Ménard se prépare à partir en tournée avec sa pièce à travers la France et il multiplie les projets et collaborations, histoire d’attirer l’attention.

Il a des cheveux bouclés et une barbe de trois jours. Il boit un thé. « A la base je voulais être avocat. » Rétrospectivement, on se dit « oui » : l’avocat déclame, l’acteur incarne, et inversement, et cætera. Tout est venu d’une pièce jouée au lycée Saint Agnès à Angers. Il souligne l’importance de ses professeurs d’alors. Une pièce pour le bac, l’option théâtre en classe de terminale, c’était La guerre de Troie n’aura pas lieu de Jean Giraudoux. Celui qui joue Hector sent qu’il faut persévérer dans cette voie, on l’encourage. Mais quand on vient d’Angers (à l’est de Saint Florent le Veil) et que la capitale se trouve à 25€ en covoiturage, il faut d’abord saisir les quelques rouages du milieu de la scène.

Angers-Montpellier-Nobody

Credit Maxime Pionneau

Quand on évoque le moment où on se lance dans l’aventure artistique, Quentin précise : « J’ai des parents qui me suivaient, ils n’étaient pas rassurés mais ils m’encourageaient. » On est en 2009 et le bachelier s’inscrit en section Art Dramatique au Conservatoire à Rayonnement Régional d’Angers et le jury étudiant du Festival d’Anjou.  Ici se noue ses premiers contacts professionnels. Il intègre ensuite l’Ecole Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier en 2011. Il a alors 21 ans et débarque au milieu de comédiens plus expérimentés. La mise en scène l’intéresse également, il parle de « Cyrano ».

« Cyrano de Bergerac d’Edmond de Rostand : c’est ça qui m’a donné envie de devenir comédien. Je l’ai rencontré quand j’étais au collège cette pièce. » Une fois sortie de l’école, Quentin s’entoure d’anciens camarades : « On a créé un collectif d’acteurs, on est quatorze et ça s’appelle La carte blanche. On a été acheté pour deux spectacles, on fait une tournée de fin septembre à février partout en France. Le spectacle s’appelle  » Nobody ». » Un texte tiré de l’œuvre du dramaturge allemand Falk Richter et mis en scène par Cyril Teste. Mais aujourd’hui, c’est vers le cinéma qu’il se tourne.

Polyvalence au pays de la scène

Il cite Depardieu et Dewaere dans « Les Valseuses », film culte de Bertrand Blier sortie en 1974. Quentin précise ne pas s’identifier aux personnalités des deux acteurs. « L’âge que j’ai en ce moment, cet endroit de transition entre l’adolescent et l’homme, je trouve que c’est un moment magnifique dans une vie et j’ai envie de jouer, d’apparaître, d’exister avec cet âge que j’ai aujourd’hui. » Il semble regretter l’usage abusif d’anti-héros dans le cinéma français. Il utilise Brad Pitt comme contre-exemple.  Est-ce qu’il pense à son rôle de gitan dans le film Snatch de Guy Ritchie ?

Il a rejoint en début d’année une agence parisienne. « D’habitude on me refile des rôles de fou, de mecs un peu vrillés : j’adore ! Si un jour je pouvais jouer le rôle de Jack Nicholson dans  » Vol au-dessus d’un nid de coucou »… C’est tout ce que j’aime ! » On l’a vu dans Candice Renoir, une série policière diffusée sur France 2. Il a tourné durant l’été dans un film pour France 3, » Crime à Aigue morte ». « J’avais trois jours de tournage et un petit rôle. » Le téléfilm sera diffusé à l’automne.

En plus de ça, il participe à des ateliers auprès d’étudiants en médecine, l’idée est de leur apprendre à annoncer une décision grave. L’acteur conseille. Il glisse également une annonce : « Je ne connais personne qui fait du cinéma à Angers. Je suis vraiment à la recherche de ça. »

Un Molière avec Cyrano & quelques collaborations

S’il faut lui souhaiter quelque-chose ? « Ce serait de créer des liens. » L’acteur doit se faire entrepreneur, mais il ne s’agit pas d’un réseautage sinistre. « Si t’as un coup de cœur pour un film et le réalisateur est là, il faut saisir ta chance, il faut aller le voir. Parce que c’est sincère. » S’il fallait lui souhaiter trois réalisateurs avec qui travailler : « Bertrand Blier, Xavier Dolan et Abdellatif Kechiche ». S’il fallait choisir entre le cinéma et le théâtre, entre se voir remettre un César ou un Molière ? « Je crois surtout que je voudrais avoir un rôle qui me plait avec une équipe qui me plait. C’est un métier d’équipe. C’est un peu cliché mais c’est vrai ! Je préfèrerai être récompensé pour un travail d’équipe plutôt que pour un travail personnel. Mais un Molière avec Cyrano… ! »

Aujourd’hui Quentin arrive à vivre de son art. Il espère maintenant que ses projets puissent exister, à Angers notamment : « J’aimerais vraiment faire des choses au théâtre le Quai. C’est un théâtre déjà que je trouve hyper-bien situé. » Les lendemains sont incertains, mais ça avance. Il parle d’un ouvrage de l’anglais Declan Donnellan, L’acteur et la cible. « Un livre pour les acteurs mais qui peut servir aussi dans la vie. Il y a tout un chapitre sur la peur, pour la bannir, pour arrêter d’avoir peur. Je trouve que la peur est très présente dans nos vies. »

Maxime Pionneau

 

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