Le Maine-et-Loire est toujours en niveau « crise » pour les usages des particuliers et des collectivités. Mais le nouvel arrêté préfectoral signé le 25 août apporte plusieurs évolutions dans le détail des restrictions, notamment pour les agriculteurs, les entreprises et les différentes ressources en eau. Alors, qu’est-ce qui change réellement depuis le précédent arrêté ? Angers Info fait le point.

Il pourrait être tentant de parler d’un nouveau « durcissement » des restrictions en Maine-et-Loire. Mais la réalité est un peu plus subtile.
Depuis le 18 août, le département est déjà placé en niveau crise pour les usages de l’eau des particuliers et des collectivités. Le précédent arrêté avait notamment interdit l’arrosage des pelouses et massifs, le lavage des voitures, le remplissage des piscines ou encore certains nettoyages extérieurs. Angers Info avait détaillé ces nouvelles règles dans son précédent article consacré au passage en crise.
Le nouvel arrêté préfectoral n°11 du 25 août ne bouleverse donc pas les règles quotidiennes des Angevins. Il vient surtout actualiser et préciser la situation des différentes ressources en eau du département, alors que la sécheresse continue de peser sur les cours d’eau et les nappes.
Pour les particuliers à Angers, la plupart des interdictions restent les mêmes
C’est le premier point à retenir.
Pour les habitants, le passage au niveau crise du 18 août avait déjà considérablement réduit les usages possibles de l’eau. Le nouvel arrêté maintient notamment l’interdiction d’arroser les pelouses, les massifs de fleurs et les espaces arborés.
L’arrosage des potagers reste interdit entre 8 heures et 20 heures.
Le remplissage, la vidange et la remise à niveau des piscines privées restent également interdits, tout comme le lavage des véhicules et le nettoyage des façades, toitures et trottoirs.
Autrement dit, si vous aviez rangé le tuyau d’arrosage et reporté le lavage de votre voiture après l’arrêté du 18 août, rien ne vous autorise à reprendre ces usages avec le nouvel arrêté.
Angers Info avait notamment expliqué le 24 août que le lavage des véhicules restait interdit, y compris dans les stations professionnelles au niveau crise, malgré la présence de certaines stations encore ouvertes.
Le vrai changement se trouve dans les bassins et les nappes
C’est ici que le nouvel arrêté devient intéressant.
La préfecture vient préciser la situation ressource par ressource et bassin par bassin.
Le niveau crise concerne désormais notamment les bassins de la Loire, de l’Authion, du Layon, de la Mayenne, de l’Erdre, de l’Evre, de l’Aubance, de l’Hyrôme, de la Thau, de la Divatte, du Brionneau, du Couasnon, du Thouet, de l’Argenton, de la Sèvre-Nantaise et de la Dive du Nord.
Plusieurs nappes souterraines sont également classées en crise.
À l’inverse, tous les secteurs ne sont pas au même niveau.
Le Lathan et la nappe souterraine de l’Aubance sont en vigilance. Les bassins de la Sarthe et du Loir sont en alerte, tout comme la nappe Loir-Sarthe-Aval.
L’Oudon et la Romme, ainsi que la nappe Mayenne, sont quant à eux concernés par le niveau d’alerte renforcée.
Cette cartographie montre donc une réalité importante : le Maine-et-Loire est placé en crise pour les particuliers et les collectivités, mais l’état des différentes ressources n’est pas uniforme sur l’ensemble du département.
Agriculteurs : des restrictions qui dépendent désormais fortement du secteur
Pour les agriculteurs, les conséquences peuvent être beaucoup plus importantes.
L’irrigation est soumise à des restrictions qui varient selon la zone de prélèvement, la ressource utilisée, les pratiques d’irrigation et la nature des cultures.
Selon les secteurs, les agriculteurs peuvent donc être soumis à des limitations horaires ou à des interdictions complètes.
C’est l’une des principales différences entre le dispositif applicable aux particuliers et celui qui concerne les usages professionnels : il ne suffit pas de regarder le niveau général du département. Il faut désormais regarder précisément le bassin et la ressource concernés.
La préfecture renvoie pour cela vers sa carte dynamique, qui permet de suivre la situation à l’échelle infra-départementale.
Les entreprises sont elles aussi appelées à réduire leur consommation
Le nouvel arrêté concerne également les usages industriels.
Les entreprises sont appelées à réduire significativement leurs prélèvements, notamment en supprimant les consommations d’eau qui ne sont pas nécessaires au fonctionnement des processus industriels et en réduisant les volumes indispensables au process lorsque cela est possible.
Le message est donc désormais très clair : l’eau doit être réservée en priorité aux usages essentiels.
Cette logique explique également pourquoi certaines activités qui pouvaient encore être maintenues à des niveaux de restriction moins élevés deviennent impossibles lorsque le niveau crise est atteint.
Et pour les stations de lavage à Angers ?
C’est probablement la question que beaucoup d’automobilistes vont se poser après avoir vu passer ce nouvel arrêté.
Sur ce point, il n’y a pas de retour en arrière.
Angers Info avait expliqué le 24 août que certaines règles qui pouvaient s’appliquer lors des niveaux précédents – notamment les possibilités liées au lavage haute pression, au recyclage de l’eau ou à certains programmes économes – ne constituaient plus une autorisation générale au niveau crise.
Le nouvel arrêté ne vient donc pas rétablir le lavage automobile.
Pour les particuliers, le lavage des véhicules reste interdit. Dans les installations professionnelles, le principe demeure également l’interdiction au niveau crise, hors exceptions prévues par la réglementation, notamment lorsqu’un impératif sanitaire le justifie.
Une station encore ouverte ne signifie donc pas automatiquement que son activité de lavage est autorisée.
C’est précisément cette situation qui avait créé de la confusion chez certains automobilistes après le passage en crise.
L’eau potable : pas de pénurie annoncée à Angers
Autre information importante apportée par le comité départemental de l’eau réuni ce mercredi 26 août : aucune difficulté particulière d’approvisionnement en eau potable n’est actuellement constatée dans le département.
Il ne faut donc pas confondre niveau crise sécheresse et risque immédiat de coupure d’eau au robinet.
La préfecture indique toutefois qu’un suivi est mis en place afin d’anticiper une éventuelle évolution de la situation.
Pour l’eau potable, les zones Loir et Sarthe sont actuellement en alerte, tandis que les zones Loire, Mayenne et Cénomanien-turonien sont en crise.
Cette surveillance est d’autant plus importante que la météo des dernières semaines a pu donner une impression trompeuse.
Les orages récents ne suffisent pas à effacer la sécheresse
À Angers, plusieurs épisodes pluvieux et orageux ont récemment apporté des quantités parfois importantes d’eau en quelques heures.
Mais cela ne signifie pas pour autant que les réserves sont reconstituées.
Angers Info expliquait déjà le 24 août que les trombes d’eau tombées récemment ne suffisaient pas nécessairement à remplir les nappes souterraines. Une pluie intense peut ruisseler rapidement sans permettre une recharge suffisante des réserves souterraines.
C’est justement ce décalage entre l’impression donnée par la pluie en surface et l’état réel des ressources qui explique pourquoi les restrictions restent en vigueur.
Alors, qu’est-ce qui change vraiment ?
Pour les habitants d’Angers, la réponse est finalement assez simple : presque rien dans les gestes du quotidien.
Le nouvel arrêté ne crée pas une nouvelle interdiction spectaculaire pour les particuliers. Les principales mesures avaient déjà été instaurées le 18 août avec le passage au niveau crise.
En revanche, le texte du 25 août permet de mieux préciser l’état des différentes ressources, avec des niveaux allant de la vigilance à la crise selon les bassins et les nappes.
Il confirme surtout que la situation reste suffisamment tendue pour maintenir les restrictions et appelle les particuliers, les collectivités, les agriculteurs et les entreprises à poursuivre leurs efforts.
La préfecture rappelle d’ailleurs que le non-respect des restrictions peut faire l’objet de contrôles et de verbalisations.
Le Maine-et-Loire reste donc sous surveillance
Le comité départemental de l’eau réuni ce 26 août n’a pas annoncé un nouveau passage à un niveau supérieur pour les habitants : le niveau crise est déjà le niveau maximal du dispositif.
Le nouvel arrêté est donc surtout celui de la confirmation et de la précision.
Pour les Angevins, le message reste le même : pas d’arrosage des pelouses et des massifs, pas de lavage de voiture, pas de remplissage de piscine et une vigilance accrue sur toutes les consommations d’eau.
Et surtout, ne pas se fier uniquement à ce que l’on voit dehors. Quelques heures de pluie ou un orage spectaculaire peuvent rafraîchir les rues d’Angers, mais ils ne suffisent pas nécessairement à remettre les réserves d’eau à niveau.
La sécheresse, elle, est toujours bien là.
À retenir
Particuliers : les principales restrictions du niveau crise sont maintenues.
Angers : pas de difficulté particulière d’approvisionnement en eau potable signalée à ce stade.
Agriculteurs et entreprises : les restrictions sont désormais précisées selon les bassins, les nappes et les usages.
Lavage automobile : l’interdiction au niveau crise reste en vigueur.
Nouvel arrêté : il s’agit surtout d’une actualisation de la situation des ressources et des restrictions applicables selon les secteurs, plutôt que d’un nouveau bouleversement des règles pour les habitants.