
Le nouvel adjoint à l’éducation et à la famille de la mairie d’Angers, Antoine Lafarge, a annoncé les nouvelles mesures prises par la ville pour cette rentrée 2026. Entre les travaux et le nouveau plan de lecture s’est glissé le sujet de la sécurité des enfants, qui fait écho aux enquêtes ouvertes cet été pour des faits d’agressions sexuelles par deux animateurs à Angers.
« Nous sommes très enthousiastes », sourit Antoine Lelarge, nouvel adjoint à l’éducation et à la famille de la mairie d’Angers pour qui la première rentrée s’est annoncée plus mouvementée que prévu.
Cet été, deux animateurs ont été mis en examen pour des faits présumés d’agressions sexuelles sur mineurs. I ls exerçaient respectivement au sein du groupe scolaire de la Blancheraie et du centre de loisirs de la Pérussaie, à Angers.
Plusieurs mesures ont ainsi été prises pour assurer la sécurité des enfants dès la rentrée 2026. En ce mois de septembre, ils seront 9 195 à rentrer dans le public, et 3 950 dans le privé. Les joies de la lecture s’offriront à eux, puisque la ville a lancé son plan « Active ton pouvoir de lire » et les nombreuses actions qui y sont liées. En parallèle, des travaux d’adaptation au réchauffement climatique seront menés, sans impacter les projets de réhabilitation déjà existants.
Un renforcement de la sécurité dans le périscolaire
L’onde de choc des affaires de cet été a poussé la municipalité à accélérer la cadence sur la sécurisation des temps périscolaires et extrascolaires. « Il ne faut pas nier et dire que le problème n’existe pas chez nous, mais il ne faut pas généraliser non plus », tempère Antoine Lafarge. L’élu l’affirme : « Il faut une garantie de cadre de sécurité précis, que ce soit pour les parents ou pour les enfants. »
Pour y parvenir, la Ville, qui a déjà injecté 3 millions d’euros supplémentaires depuis l’année 2022-2023 pour créer une centaine de postes, s’appuie sur des effectifs renforcés. Cette année, 177 Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) seront déployés, avec la garantie d’un Atsem par classe, épaulés par 313 animateurs.
Concernant ces derniers, la vigilance est de mise. Depuis 2021, le recrutement est mené conjointement par la direction de l’éducation et celle des ressources humaines. Le processus est strict : « Pour recruter ou affecter un animateur, une vérification du casier judiciaire, du Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes et du fichier des cadres interdits d’exercer est effectuée », détaille l’adjoint. Le Service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (SDJES) renouvelle cette vérification à chaque période de vacances scolaires, soit jusqu’à cinq fois par an. « Nous recrutons nos professionnels avec un haut niveau d’exigence », martèle-t-il.
Surtout, pour cette rentrée 2026-2027, un arsenal de huit mesures concrètes est déployé pour recréer du lien et de la transparence avec les familles. Parmi les plus marquantes, la présence systématique d’un « référent sieste » chargé de la surveillance des dortoirs, l’interdiction pour les animateurs de conserver leur téléphone portable (laissé au casier) sur leur temps de travail ou l’accompagnement par deux animateurs des plus jeunes lors de leur passages aux toilettes.
Des formations seront dispensées dès ce début d’année scolaire, avec de premières sessions prévues en novembre, animées par l’association « Colosse aux pieds d’argile ». À terme, la mairie ambitionne d’impliquer également des associations locales dans cette démarche de prévention.
Un plan lecture pour éloigner les enfants des écrans
L’autre cheval de bataille de cette rentrée 2026 est pédagogique. Face à l’omniprésence du numérique, la municipalité lance un grand plan baptisé « Active ton pouvoir de lire ». De la petite section au CM2, une série d’actions va être mise en place pour faire redécouvrir aux élèves les bienfaits des livres.
« Les écrans ont un impact très concret sur l’apprentissage, il faut endiguer leur prolifération et limiter la surexposition des enfants aux écrans. Il faut entretenir le goût de la lecture », plaide l’adjoint à l’éducation.
La mesure phare de ce plan ciblera près de 3 400 enfants scolarisés en classes de CE1 et CE2, tant dans le secteur public que privé. Tous recevront, gratuitement et directement dans leur boîte aux lettres, un magazine mensuel pendant un an. Un formulaire distribué dès la rentrée leur permettra de choisir parmi neuf titres de la presse jeunesse, dont des références incontournables comme J’aime Lire, Wapiti ou Science et Vie Découvertes. Une manière de faire entrer physiquement la lecture dans les foyers.
Verdissement et aménagements face à la canicule
Enfin, l’adaptation des infrastructures scolaires à la nouvelle donne climatique se poursuit. Un budget de 3 millions d’euros a été débloqué spécifiquement pour le verdissement des cours de récréation. Résultat : le nombre d’arbres a doublé, permettant d’atteindre un ratio de 25 % de surfaces végétalisées. « On sait à quel point la végétalisation est importante », rappelle la Ville.
Les vagues de chaleur récentes ont aussi laissé des traces. Depuis la canicule, toutes les salles de classe ont été équipées de ventilateurs, et les pièces les plus exposées ont pu bénéficier de climatiseurs. La mairie va plus loin cette année en lançant une expérimentation : l’installation de brasseurs d’air plafonniers. Ils équiperont dans un premier temps les salles de classe des écoles maternelles Victor-Hugo et Laréveillère, ainsi que les dortoirs du groupe scolaire de la Grande-Maulévrie et de l’école Laréveillère. Pour structurer cet effort, un diagnostic sera mené école par école, afin d’engager des travaux ciblés sur l’impact du réchauffement climatique, avec une priorité affichée pour l’isolation des huisseries.
Sur le front de la rénovation globale, le calendrier suit son cours. Après la livraison très attendue de l’école Voltaire l’an passé, c’est au tour de l’école Aldo-Ferraro, dans le quartier de Belle-Beille, de faire peau neuve. Le chantier démarrera à l’été 2027 pour une livraison espérée à la rentrée 2029. Quant à l’école Paul-Valéry, située dans le quartier de Monplaisir, les études en vue de sa réhabilitation ont d’ores et déjà débuté.