À Beaupréau-en-Mauges, le futur collège public sort de terre : ouverture prévue en 2028

Après plus de cinquante ans d’attente, Beaupréau-en-Mauges franchit une étape symbolique. La première pierre du futur collège public a été officiellement posée. Installé près du lycée Julien Gracq, l’établissement pourra accueillir 360 élèves à partir de la rentrée 2028. Un projet à 16,4 millions d’euros porté par le Département de Maine-et-Loire.

(Crédit Kryzalid Films/Département de Maine-et-Loire) À Beaupréau, le futur collège public sort enfin de terre après plus de 50 ans d’attente

Il aura fallu attendre plus d’un demi-siècle pour voir ce projet devenir réalité. À Beaupréau-en-Mauges, la pose de la première pierre du futur collège public marque une étape particulièrement attendue par les familles et les défenseurs de l’école publique dans les Mauges.

Le chantier doit désormais conduire à l’ouverture de l’établissement à la rentrée 2028. Pensé pour accueillir 360 collégiens, il prendra place au lieu-dit la Chardonnerie, sur une parcelle de 24 590 m² située juste à côté du lycée public Julien Gracq.

Pour Florence Dabin, présidente du Département de Maine-et-Loire, cette première pierre vient concrétiser une promesse faite quelques semaines seulement après son élection à la tête de la collectivité, en août 2021.

Pose de la Première pierre ce midi avec les élus et le sous-préfet de Cholet

Un engagement pris en 2021

Le futur collège est présenté par le Département comme l’un des projets phares du mandat de Florence Dabin. Dès 2022, une concertation avait été engagée afin d’échanger avec les futurs utilisateurs et de définir les besoins de l’établissement.

L’ambition affichée : construire un collège différent, largement ouvert sur son environnement, végétalisé et conçu pour offrir aux élèves un cadre à la fois rassurant et agréable.

« C’est bien le projet phare de notre mandat », souligne Florence Dabin. Selon la présidente du Département, le futur établissement sera « moderne, pratique, respectueux de l’environnement et ancré dans le XXIe siècle ».

La conception a finalement été confiée à l’Atelier Loyer, choisi parmi 90 candidats. Lors d’une réunion publique en juin 2024, l’architecte Philippe Loyer avait expliqué le parti pris architectural : « Ce collège est un symbole d’union, d’unité et de continuité par sa forme circulaire. Il rassemble, il concentre. Ce nid d’enseignement est protecteur. »

Un collège circulaire avec une cour au centre

C’est probablement ce qui sautera le plus aux yeux lorsque le bâtiment sera achevé : le collège sera construit autour d’une forme ronde, avec une cour intérieure organisée en gradins.

L’idée est autant esthétique que fonctionnelle. Cette architecture doit faciliter les déplacements et permettre de créer différents espaces de vie au sein de l’établissement.

Le projet prévoit également deux cours complémentaires. À l’extérieur, un espace sera davantage consacré au sport, aux déplacements et aux balades. À l’intérieur, la cour sera plus calme et pensée notamment comme un lieu propice aux révisions et au travail.

Le bâtiment fera aussi largement entrer la lumière naturelle. Les nombreuses ouvertures permettront aux salles de profiter de l’environnement végétal du site.

Un bâtiment pensé pour les fortes chaleurs

Autre particularité du projet : le confort thermique occupe une place importante dans sa conception.

Le futur collège doit notamment bénéficier d’une enveloppe thermique particulièrement performante, de protections solaires fixes et d’un système de surventilation naturelle permettant de rafraîchir le bâtiment la nuit et durant les périodes chaudes.

Des brasseurs d’air seront également installés dans les salles multimédia. L’ensemble doit répondre à une conception bioclimatique avec l’objectif d’un bâtiment particulièrement économe en énergie.

L’architecture circulaire doit par ailleurs permettre une meilleure maîtrise du rayonnement solaire selon les saisons et les heures de la journée.

Jusqu’à 12 élèves en situation de handicap

L’accessibilité a également été intégrée dès la conception du collège.

Toutes les salles de classe seront regroupées au deuxième étage. Le bâtiment a été implanté dans le terrain de manière à rendre les différents niveaux accessibles de plain-pied.

Une salle spécifique de 55 m² sera aménagée afin d’accueillir jusqu’à douze élèves en situation de handicap, avec les équipements nécessaires à leur accompagnement.

Le projet entend ainsi faire de l’inclusion un élément constitutif du bâtiment plutôt qu’un aménagement ajouté après coup.

Des matériaux locaux et une construction plus économe

Le Département met également en avant les choix environnementaux réalisés pour ce futur collège.

La forme circulaire doit notamment permettre une économie annoncée de 12 % de matière et de coût par rapport à une construction classique carrée ou rectangulaire.

Des matériaux biosourcés et locaux seront privilégiés. Les eaux de pluie pourront être infiltrées directement dans les espaces végétalisés du site.

L’objectif est donc de limiter à la fois la consommation de ressources et les besoins énergétiques, tout en maintenant un niveau de confort important pour les élèves et les personnels.

Un investissement de plus de 17 millions d’euros

Le coût prévisionnel de l’opération s’élève à 16,4 millions d’euros pour la construction du collège.

À cette somme s’ajoutent 700 000 euros de voiries d’accès, financés par la commune de Beaupréau-en-Mauges. Le foncier est, lui, mis à disposition par la commune.

La maîtrise d’ouvrage a été confiée à Alter, aménageur spécialisé dans la réalisation d’équipements publics, également engagé sur plusieurs opérations d’aménagement et de rénovation urbaine à Angers et Cholet.

« Enfin ! », réagit la minorité départementale

La pose de cette première pierre fait également réagir le groupe L’Anjou en Action, minoritaire au Conseil départemental.

Dans un communiqué signé par ses coprésidents Grégory Blanc et Jocelyne Martin, le groupe salue une « bonne nouvelle » pour les familles, Beaupréau et plus largement les Mauges.

Mais la minorité rappelle aussi que le projet intervient après plus de cinquante ans d’attente.

« Ce matin, la singularité de Beaupréau cesse », estime le groupe, qui souligne que les familles souhaitant inscrire leurs enfants dans le public pourront désormais le faire localement.

L’Anjou en Action critique toutefois le temps écoulé avant la réalisation du projet et estime que le collège aurait pu être construit plus tôt dans des conditions financières plus favorables. Le groupe rend également hommage aux collectifs citoyens, organisations syndicales et élus qui ont, au fil des années, défendu l’implantation d’un collège public à Beaupréau.

La minorité salue néanmoins « l’engagement tenu » par Christian Gillet puis Florence Dabin et annonce vouloir continuer à défendre l’investissement dans les collèges existants ainsi qu’une tarification sociale et progressive des cantines.

Rendez-vous en 2028

Derrière la cérémonie de la première pierre, c’est donc une nouvelle page qui s’ouvre pour Beaupréau-en-Mauges.

Avec ses 360 places, son architecture circulaire, ses espaces végétalisés et ses choix environnementaux, le futur collège public doit accompagner le développement des Mauges et renforcer l’offre scolaire publique du territoire.

Pour Florence Dabin, l’enjeu dépasse d’ailleurs la seule construction d’un équipement scolaire. Le collège doit aussi participer à l’attractivité du secteur et à la qualité de vie des familles.

Il faudra désormais patienter jusqu’à la rentrée 2028 pour voir les premiers élèves franchir les portes de ce nouvel établissement public.

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