Les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026, Angers et son agglomération vont une nouvelle fois ouvrir grand les portes de leur patrimoine. Près de 150 sites participeront à cette nouvelle édition des Journées européennes du patrimoine, après une édition 2025 qui avait attiré plus de 120 000 visiteurs. Plusieurs lieux habituellement fermés au public seront exceptionnellement accessibles, à Angers comme à Beaufort-en-Anjou.

Il faudra encore patienter quelques semaines avant de pouvoir pousser les portes de certains des lieux les plus secrets du patrimoine angevin. Mais ce mardi 1er septembre, les contours des Journées européennes du patrimoine 2026 à Angers ont été dévoilés lors d’une conférence de presse.
Nicolas Dufetel, adjoint à la Culture et au Patrimoine de la Ville d’Angers, et Sophie Lebeaupin, vice-présidente d’Angers Loire Métropole, ont présenté les principaux rendez-vous de ce week-end consacré à l’histoire, à l’architecture, aux œuvres et aux lieux qui racontent le territoire.
Après avoir réuni plus de 120 000 visiteurs en 2025, cette édition 2026 proposera près de 150 sites à découvrir dans toute l’agglomération.
La photographie et le patrimoine en péril au cœur du week-end
Cette année, deux thématiques nationales serviront de fil rouge. La première est consacrée à la photographie, à l’occasion de son bicentenaire. La seconde s’intéresse au patrimoine en péril, autour du thème « raviver, résister, réimaginer ».
À Angers, la photographie sera notamment mise à l’honneur à la collégiale Saint-Martin avec le parcours Passé recomposé, quand la photographie agite le patrimoine.
Le public pourra également franchir les portes de l’Artothèque et des Archives patrimoniales de la Ville d’Angers. Des ateliers permettront notamment de travailler autour d’archives anciennes et de les recomposer sous la forme de tirages cyanotypes.
Une façon de faire dialoguer les documents du passé avec les techniques artistiques d’aujourd’hui.
« Nous le restaurons avec de nombreux chantiers »
Le deuxième thème prend une résonance particulière dans un contexte marqué par les épisodes climatiques extrêmes, entre inondations et fortes chaleurs. Mais il permet surtout de mettre en lumière le travail de restauration engagé depuis plusieurs années sur les bâtiments et monuments du territoire.
À Angers, cette politique s’inscrit dans une histoire déjà longue. La ville bénéficie depuis 40 ans du label Ville d’art et d’histoire.
Nicolas Dufetel rappelle l’importance de cette reconnaissance : « Ça fait 40 ans qu’Angers a le label Ville d’art et d’histoire, ce qui veut dire que nous valorisons notre patrimoine, nous le restaurons avec de nombreux chantiers, ce qui permet de rendre ce patrimoine vivant. C’est pourquoi nous avons fait la demande de reconduire ce label. »
Une volonté de poursuivre le travail engagé et de ne pas considérer les monuments comme de simples témoins figés du passé.
Pour l’élu, le patrimoine angevin doit au contraire continuer à vivre et à raconter l’histoire de la ville. « Ce ne sont pas que de vieilles églises, le patrimoine », rappelle-t-il.
L’Hôtel d’Anjou et les mosaïques Odorico parmi les nouveautés
Cette volonté de faire découvrir un patrimoine plus large se retrouvera dans plusieurs des nouveautés de l’édition 2026.
Parmi elles, l’Hôtel d’Anjou et ses célèbres mosaïques Odorico devraient attirer les curieux. Le restaurant Isidore fermera exceptionnellement ses portes le samedi matin afin de permettre au public de découvrir le bâtiment et son histoire.
Autre lieu au programme : l’Hôtel des Pénitentes, qui accueillera l’exposition Objets de choix. Cette rétrospective reviendra sur sept décennies de lutte et replacera les combats pour la liberté sexuelle dans une histoire plus longue.
L’occasion, là encore, de découvrir un patrimoine qui ne se résume pas aux bâtiments les plus connus d’Angers.
La chapelle Saint-Jean ouvre exceptionnellement ses portes
Mais l’une des visites qui pourrait rapidement séduire les amateurs de patrimoine se trouve du côté de la chapelle Saint-Jean.
Ses fresques et peintures fraîchement restaurées seront exceptionnellement visibles par le public.
Une ouverture qui intervient à un moment particulier du chantier. Sophie Lebeaupin a ainsi expliqué que la chapelle serait accessible « entre deux phases de chantier ».
Pour les visiteurs, cette parenthèse permettra donc d’apercevoir les décors restaurés avant la reprise des travaux.
Les grands classiques seront eux aussi au rendez-vous, avec notamment la visite libre du Grand Théâtre d’Angers et une visite guidée du quartier de la Cité.
Beaufort-en-Anjou joue aussi la carte du patrimoine
Les Journées européennes du patrimoine ne se limiteront pas à Angers. À Beaufort-en-Anjou, habitants et visiteurs pourront également profiter d’un programme entièrement gratuit les 19 et 20 septembre.
Durant tout le week-end, une exposition consacrée aux coiffes européennes permettra de découvrir les techniques de broderie, de rénovation et d’entretien des coiffes et des dentelles. Des démonstrations et la projection d’un film viendront compléter cette exposition, ouverte samedi et dimanche de 10 h à 18 h en continu.
L’église Notre-Dame de Beaufort-en-Vallée proposera également une découverte particulière de son grand orgue. La tribune sera accessible le dimanche 20 septembre de 13 h 30 à 18 h 30, avec des présentations de l’instrument organisées par groupes de douze personnes.
Une visite pour comprendre l’histoire de Beaufort-en-Vallée
Pour ceux qui souhaitent mieux comprendre l’évolution de la commune, une visite commentée de Beaufort-en-Vallée permettra de parcourir son patrimoine historique et culturel.
Les départs sont prévus samedi et dimanche à 10 h 30 depuis le musée Joseph-Denais. Cette visite est proposée sur réservation.
Le manoir du Grand Princé, situé au 74, allée du Princé, ouvrira également ses portes. Inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, il pourra être découvert samedi et dimanche de 10 h à 12 h puis de 14 h à 18 h.
Les visites guidées seront gratuites et sans réservation.
À Gée, l’église Saint-Aubin, fondée au XIIe siècle et autrefois liée au château, sera quant à elle accessible librement durant les deux journées, de 9 h à 19 h.
Une conférence consacrée à Notre-Dame de Paris
Le samedi 19 septembre à 15 h, Jean-Yves Hunot, spécialiste de l’archéologie du bâti et des constructions médiévales en bois, proposera une conférence consacrée à la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Un rendez-vous gratuit qui permettra de revenir sur l’histoire et les particularités de cet élément emblématique du monument parisien.
Le musée Joseph-Denais ouvrira lui aussi gratuitement ses collections et son exposition Archéologies. Le public pourra s’y rendre samedi et dimanche de 10 h 30 à 12 h 30 puis de 14 h 30 à 18 h 30.
Enfin, l’Hôtel-Dieu, témoin de plusieurs siècles d’histoire depuis sa fondation en 1412, accueillera les visiteurs samedi de 14 h à 18 h et dimanche de 10 h à 12 h puis de 14 h à 18 h.
Rendez-vous les 19 et 20 septembre
À Angers comme à Beaufort-en-Anjou, cette édition 2026 entend donc mélanger grands monuments, lieux insolites, patrimoine religieux, architecture, photographie, archives et restauration.
La plupart des animations sont gratuites. Certaines visites nécessitent toutefois une réservation préalable.
À Angers, il faudra notamment être attentif à l’ouverture de la billetterie pour les rendez-vous concernés. Elle ouvrira vendredi 4 septembre à 9 h 30 sur le site boutique.destination-angers.com.
La visite de la chapelle Saint-Jean figure notamment parmi les rendez-vous soumis à réservation.
À Beaufort-en-Anjou, les renseignements sont disponibles auprès du service culturel au 02 41 79 36 13 ou par courriel à service.culturel@beaufortenanjou.fr. Le musée Joseph-Denais peut également être contacté au 02 41 80 26 87 ou au 06 27 82 68 26.
Aidan Bossard