À Angers, les étudiants face à un budget toujours plus lourd : l’Unef demande des mesures

Alors que plusieurs dizaines de milliers d’étudiants s’apprêtent à faire leur rentrée à Angers, l’Unef alerte sur la pression qui continue de peser sur leurs budgets. Si la hausse du coût de la vie étudiante est moins forte qu’au niveau national en 2026, le syndicat estime que le compte n’y est toujours pas, notamment en matière de logement et de transports.

Crédit Angers Info – Illustration – Avant même de s’asseoir sur les bancs de l’université, certains étudiants angevins ont donc déjà une première addition à régler : plusieurs milliers d’euros pour simplement commencer leur année.

À quelques jours de la rentrée universitaire, la question du budget revient au premier plan. À Angers, où les étudiants représentent une part importante de la population, l’Union nationale des étudiants de France (Unef) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur le coût de la vie étudiante.

Selon son enquête annuelle, le coût de la vie pour les étudiants a augmenté de 0,84 % à Angers en 2026, contre 1,66 % à l’échelle nationale. Une progression moins importante que la moyenne française, mais que le syndicat refuse de considérer comme une véritable amélioration.

« Cette évolution, inférieure à la moyenne française, pourrait donner l’impression d’une amélioration de la situation pour les étudiants angevins », estime l’Unef Angers. Mais l’organisation rappelle qu’en 2025, la hausse avait atteint 4,5 % à Angers, contre 4,12 % au niveau national.

Près de 1 000 euros de dépenses pour un étudiant non-boursier

Derrière les pourcentages, ce sont surtout les dépenses du quotidien qui préoccupent les étudiants. D’après les calculs de l’Unef, le reste à charge mensuel atteint désormais 978,46 € pour un étudiant non-boursier.

Pour un étudiant boursier, il s’élève à 809,12 € par mois, avec une progression de 1,01 % sur un an.

Des chiffres qui illustrent, selon le syndicat, la difficulté pour certains jeunes de boucler leur budget alors que les dépenses de logement, d’alimentation et de mobilité restent élevées.

Pour l’Unef, cette situation pose directement la question de la politique menée par la municipalité.

« La Ville d’Angers ne mène pas de véritable politique publique spécifiquement destinée aux étudiants », affirme le syndicat, qui rappelle que les étudiants représentent environ un tiers des habitants de la ville.

L’organisation estime ainsi qu’une ville ne peut pas seulement miser sur son attractivité, son cadre de vie ou son offre universitaire. Elle doit également permettre aux étudiants « d’y vivre dignement ».

Le logement reste le principal point noir

À Angers, le logement concentre une grande partie des inquiétudes. Malgré l’arrivée de nouvelles places en résidence universitaire, le marché reste particulièrement tendu.

L’Unef estime ainsi le loyer moyen à 483 € pour un logement indépendant et à 400 € en résidence collective.

La situation s’est toutefois légèrement améliorée en matière de progression des loyers. Après une hausse de 7 % à Angers en 2025, contre 3,26 % au niveau national, l’augmentation atteint désormais 1,90 % en 2026 dans la ville, contre 2,87 % en France.

Un ralentissement que le syndicat reconnaît, mais qui ne signifie pas, selon lui, que la crise du logement étudiant est terminée.

« Les logements abordables sont trop rares », dénonce l’Unef, qui pointe également la qualité parfois insuffisante des logements proposés aux étudiants.

L’arrivée de 620 nouveaux logements étudiants du Crous à Belle-Beille est néanmoins saluée comme une avancée. Mais pour le syndicat, l’offre reste insuffisante au regard des besoins.

Des étudiants contraints de s’éloigner d’Angers

Lorsque les loyers deviennent trop élevés, certains étudiants n’ont d’autre choix que de chercher leur logement plus loin des campus.

Une solution qui peut rapidement déplacer le problème vers celui des transports.

L’Unef estime qu’un étudiant utilisant une voiture ancienne et parcourant environ 10 000 kilomètres par an peut consacrer 250 à 300 € par mois à l’assurance, au carburant et à l’entretien, sans même compter l’achat du véhicule, le stationnement ou les éventuels péages.

Pour le syndicat, cette situation est d’autant plus problématique que les possibilités de stationnement diminuent progressivement autour des campus et des lieux d’études.

L’absence de tarif étudiant dans les transports pointée du doigt

Autre revendication : les transports en commun.

L’Unef déplore notamment l’absence de tarif spécifiquement étudiant sur l’agglomération angevine, ainsi que la diminution des fréquences de passage des transports en commun le soir et le week-end.

Le syndicat considère que la transition vers une ville moins dépendante de la voiture ne peut pas uniquement passer par la réduction des places de stationnement.

Il réclame davantage de liaisons directes depuis les communes périphériques et surtout une tarification considérée comme plus adaptée aux budgets étudiants.

L’Unef reconnaît que le tramway jusqu’à Belle-Beille constitue « une avancée importante », mais estime que cela reste insuffisant pour répondre à l’ensemble des besoins.

L’Unef réclame une véritable politique étudiante à Angers

À travers son enquête, le syndicat étudiant veut donc dépasser le simple constat sur l’évolution des prix.

Logement, transports, alimentation, culture et accès aux services publics : l’Unef appelle la municipalité à construire une politique spécifiquement destinée aux étudiants.

« Face à l’augmentation du coût de la vie, la municipalité doit donc prendre ses responsabilités », affirme l’organisation.

À l’heure où Angers s’apprête à accueillir une nouvelle génération d’étudiants, le débat dépasse ainsi la seule question de la rentrée universitaire. Pour l’Unef, l’enjeu est désormais de savoir si l’attractivité de la ville peut réellement s’accompagner de conditions de vie accessibles pour ceux qui viennent y étudier.

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