Alors que le Maine-et-Loire fait face à une situation hydrologique particulièrement tendue, Angers-SCO, club de ligue 1, continue d’arroser ses terrains d’entraînement. Problème : le club n’aurait pas sollicité, en temps et en heure, une dérogation auprès des services de l’État pour poursuivre ces arrosages.

Depuis le 18 août, le Maine-et-Loire est placé au niveau « crise » sécheresse. Ce niveau, le plus élevé du dispositif départemental, entraîne des restrictions drastiques sur les usages de l’eau. L’arrosage des pelouses est notamment interdit, tandis que les collectivités et les professionnels sont soumis à des règles strictes. Dans ce contexte, les arrosages observés sur les installations d’Angers-SCO, à la Baumette, posent de nouveau question, comme l’ont indiqué nos confrères du Courrier de l’Ouest dans un récent article. Le club avait déjà été rappelé à ses obligations quelques semaines plus tôt, après une polémique déclenchée par des élus écologistes.
Fin juillet, alors que le département venait de passer en alerte renforcée, l’arrosage des terrains du SCO avait déjà suscité de vives réactions. L’élu angevin Romain Laveau avait notamment interpellé publiquement le préfet, dénonçant l’arrosage des pelouses du club alors que les restrictions s’appliquaient aux autres usagers. Selon les éléments rendus publics à l’époque, aucune demande de dérogation du club ne figurait alors dans les autorisations recensées par les services de l’État. Une situation qui avait conduit le club à être rappelé à ses obligations. Depuis, la situation hydrologique ne s’est pas améliorée. Au contraire : le département est désormais au niveau « crise », avec des restrictions renforcées.
Des règles qui ne permettent pas toutes les exceptions
La situation est d’autant plus sensible que certains terrains sportifs peuvent, dans des circonstances précises, faire l’objet de dérogations. La Ville d’Angers a ainsi obtenu la possibilité de maintenir l’arrosage de deux terrains d’entraînement et de compétition à enjeu national, uniquement entre 20 h et 8 h. Cette dérogation s’accompagne d’une réduction de 88 % de la consommation d’eau consacrée à cet usage.
Mais cette possibilité ne constitue pas une autorisation générale pour l’ensemble des installations sportives. Les demandes de dérogation doivent être adressées aux services de l’État et faire l’objet d’un accord. C’est précisément ce qui est reproché au SCO : continuer à arroser ses terrains sans avoir, à ce stade, obtenu l’autorisation nécessaire.
Le préfet réagit
Face à cette nouvelle situation, le préfet de Maine-et-Loire a décidé de renforcer les mesures prises à l’égard du club. « Personne n’est au-dessus ou en-dessous des lois et des règles. C’est la même chose pour le SCO à qui je vais rappeler certaines règles notamment pour l’année prochaine », indique François Pesneau, le préfet, à Angers Info. Cette décision intervient alors que les services de l’État demandent à l’ensemble des usagers de respecter strictement les restrictions en vigueur.