La scène musicale française perd l’une de ses voix les plus singulières. Catherine Ringer, chanteuse emblématique des Rita Mitsouko, est morte à l’âge de 68 ans. Sa famille a annoncé son décès à l’Agence France-Presse ce mardi 15 septembre 2026. Elle est décédée dans la nuit du 14 septembre, emportée par un cancer foudroyant.

Avec sa voix reconnaissable entre toutes, son énergie débordante et son goût pour la liberté artistique, Catherine Ringer avait marqué plusieurs générations. Avec Fred Chichin, elle avait formé à partir de la fin des années 1970 l’un des duos les plus originaux de l’histoire du rock français : les Rita Mitsouko.
Une rencontre qui allait changer le rock français
Catherine Ringer et Fred Chichin se rencontrent en 1979. Leur complicité artistique et personnelle donne naissance à un projet qui deviendra rapidement les Rita Mitsouko. Le duo impose un univers à part, mélangeant rock, pop, funk, électro et influences venues de la chanson française.
En 1984, leur premier album rencontre le public. Mais c’est avec « Marcia Baïla », sorti l’année suivante, que les Rita Mitsouko connaissent un immense succès. Le morceau devient l’un des titres incontournables de la chanson française des années 1980.
Catherine Ringer apparaît alors comme une artiste impossible à enfermer dans une case. Sur scène comme dans les clips, elle cultive une liberté totale, entre extravagance, humour, danse et énergie rock.
« Marcia Baïla », « Andy » et une voix devenue familière
Au fil des années, les Rita Mitsouko enchaînent les succès. « Andy », « C’est comme ça », « Les histoires d’A » ou encore « Singing in the Shower » contribuent à installer durablement le groupe dans le paysage musical français.
Derrière l’apparente fantaisie du duo se trouve une véritable exigence artistique. Catherine Ringer et Fred Chichin cherchent constamment à mélanger les genres et à bousculer les codes. Les Rita Mitsouko deviennent ainsi bien plus qu’un groupe à succès : un véritable laboratoire musical.
Leur aventure est brutalement bouleversée en novembre 2007 avec la mort de Fred Chichin, emporté par la maladie à l’âge de 53 ans. Après près de trois décennies de création commune, Catherine Ringer poursuit pourtant son chemin sur scène.
Une carrière poursuivie après les Rita Mitsouko
Après la disparition de Fred Chichin, Catherine Ringer refuse de disparaître des scènes. Elle reprend les chansons des Rita Mitsouko tout en développant son propre univers artistique.
En 2011, elle publie « Ring n’ Roll », son premier album solo. Une nouvelle étape dans une carrière déjà riche, au cours de laquelle elle aura également exploré le théâtre, la danse et le cinéma.
Sa capacité à continuer à créer après la disparition de son compagnon et partenaire artistique a souvent été saluée. Elle reste alors une figure incontournable du rock français, avec cette présence scénique qui avait fait sa réputation depuis les débuts des Rita Mitsouko.
Une artiste qui ne ressemblait à aucune autre
Catherine Ringer avait cette particularité rare : être immédiatement reconnaissable sans jamais donner l’impression de se répéter. Sa voix, son attitude et son langage artistique avaient accompagné plusieurs décennies de musique française.
La Sacem la décrivait comme une artiste « vivante, vivace et indomptable », soulignant une carrière construite loin des conventions. Elle avait notamment reçu le Prix spécial de la Sacem en 2012.
Avec sa disparition, c’est une personnalité majeure de la musique française qui s’éteint. Une artiste qui aura fait danser, étonné et parfois dérangé, mais qui n’aura jamais laissé indifférent.
À 68 ans, Catherine Ringer laisse derrière elle une œuvre intimement liée à celle de Fred Chichin et une poignée de chansons devenues des classiques. Les Rita Mitsouko avaient créé leur propre langage. Catherine Ringer en restera pour longtemps l’une des voix les plus reconnaissables.