Depuis le 1er septembre, le transport à la demande Aléop a changé dans plusieurs territoires du Maine-et-Loire. Le service existe toujours, mais ses horaires, ses destinations et parfois ses conditions d’utilisation ont été revus. Une réforme qui commence à faire polémique, notamment autour de l’accès aux services publics pour les personnes âgées ou en situation de handicap. Une saisine du Défenseur des droits a même été annoncée cette semaine.

Un service qui change de fonctionnement
Le transport à la demande, ou TAD, permet aux habitants de communes rurales de rejoindre, sur réservation, un arrêt de car, une gare ou un pôle de transport. Il constitue notamment une solution pour les personnes qui ne disposent pas de voiture ou qui vivent loin des lignes régulières.
Dans les Pays de la Loire, environ 130 000 trajets sont effectués chaque année avec ce dispositif. En Maine-et-Loire, le service concerne notamment les territoires d’Orée-d’Anjou, Mauges-sur-Loire et Montrevault-sur-Èvre, Baugeois-Vallée, Anjou-Bleu-Communauté, Anjou-Loir-et-Sarthe, Vallées-du-Haut-Anjou, Sèvremoine et Loire-Layon-Aubance.
Depuis le 1er septembre, le principe général évolue : le TAD est davantage conçu comme un service de rabattement vers le réseau régional Aléop. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de permettre un déplacement de proximité d’un point à un autre, mais de faciliter la correspondance avec un car ou un train.
Des horaires plus resserrés
C’est l’un des changements les plus importants pour les usagers.
Selon les territoires, les nouveaux services fonctionnent désormais sur des créneaux déterminés, principalement le matin, autour de midi et en fin de journée. Dans le Baugeois, par exemple, le service fonctionne du lundi au vendredi avec un créneau de 6 h 45 à 9 h 30 vers les cars ou la gare, de 12 h à 14 h 30 dans les deux sens et de 17 h à 19 h 15 dans le sens retour.
En Anjou Bleu, les horaires sont également concentrés sur trois périodes : de 6 h 45 à 9 h 30 le matin, de 11 h 30 à 14 h 30 autour de midi et de 17 h à 19 h 15 le soir.
Le fonctionnement n’est donc plus uniforme sur l’ensemble du département. Chaque territoire dispose de ses propres horaires et de ses propres points de correspondance.
Dans certaines communes, les trajets ne sont plus les mêmes
C’est probablement le changement qui peut avoir le plus de conséquences pour les habitants.
Dans le secteur Loire-Layon-Aubance, par exemple, le service permet désormais de rejoindre des arrêts de car ou la gare de La Possonnière selon les règles définies par le territoire.
Dans le Baugeois, les habitants de nombreuses communes sont orientés vers Baugé-en-Anjou, Beaufort-en-Anjou, Noyant-Villages ou encore la gare de La Ménitré afin de poursuivre leur trajet en car ou en train.
Dans les Vallées-du-Haut-Anjou, les correspondances sont notamment organisées autour d’Etriché et du réseau de cars Aléop.
À Sèvremoine, le dispositif est désormais organisé principalement autour de la gare de Clisson, avec des départs le matin et des retours en fin de journée.
Dans le secteur Orée-d’Anjou, Mauges-sur-Loire et Montrevault-sur-Èvre, les correspondances s’effectuent notamment vers les gares de Varades ou d’Ancenis.
Le changement peut donc être très différent d’une commune à l’autre.
Pour les personnes âgées et handicapées, une règle évolue aussi
Autre modification importante : la prise en charge directement au domicile n’est plus ouverte dans les mêmes conditions qu’auparavant.
Le nouveau dispositif prévoit notamment une prise en charge à domicile pour les personnes à mobilité réduite ou âgées de 75 ans et plus, sur présentation des justificatifs nécessaires.
Cette évolution est justement au cœur des critiques formulées contre la réforme.
Des élus d’opposition au conseil régional ont annoncé lundi 14 septembre saisir le Défenseur des droits, estimant que la nouvelle organisation pourrait créer une rupture d’égalité dans l’accès aux transports et aux services publics, notamment pour certaines personnes en situation de handicap. La contestation dépasse d’ailleurs le seul groupe écologiste et insoumis, avec des élus d’autres sensibilités politiques qui demandent également une évaluation du nouveau dispositif.
La Région assume une réforme qui ne fera pas que des heureux
Face aux critiques, la Région défend une nouvelle organisation destinée à mieux connecter les territoires ruraux au réseau régional de cars et de trains.
Le changement répond également à une question de coût : selon les éléments rapportés lors des échanges autour de la réforme, l’ancien fonctionnement était jugé trop coûteux par la Région. Le nouveau modèle doit permettre de recentrer le service sur les déplacements vers les principaux pôles de transport.
Mais cette évolution signifie aussi que certains trajets autrefois possibles ne le sont plus dans les mêmes conditions.
C’est précisément ce point qui alimente aujourd’hui le débat : peut-on parler d’une meilleure organisation du transport rural lorsqu’une partie des usagers perd en souplesse ?
Ce qu’il faut faire avant de réserver son prochain trajet
Pour les habitants concernés, le réflexe à avoir est désormais de vérifier leur nouveau fonctionnement local avant de réserver.
Les modalités de réservation restent globalement les mêmes. L’inscription est gratuite et les réservations peuvent être effectuées auprès d’Allô Aléop au 09 69 39 14 14, généralement au plus tard la veille du déplacement avant 16 heures. La réservation en ligne est également possible pour les usagers déjà inscrits.
Le prix du trajet dépend du territoire et du type de déplacement. Dans le Baugeois, par exemple, le ticket TAD utilisé seul est affiché à 2,40 euros, avec des tarifs différents lorsque le transport à la demande est combiné avec une ligne régulière.
Un changement qui concerne une partie importante du département
La réforme ne touche donc pas uniquement quelques villages isolés. Elle concerne plusieurs territoires du Maine-et-Loire et modifie concrètement la manière dont certains habitants rejoignent Angers, Segré, Baugé, Beaufort-en-Anjou, Tiercé, La Possonnière, Ancenis ou encore les gares desservant leur secteur.
Pour les usagers réguliers, la différence peut être importante : moins de plages horaires, davantage de trajets organisés autour des correspondances et des points d’arrêt définis à l’avance.
Alors que la Région présente le nouveau dispositif comme une manière de mieux connecter les zones rurales au réseau Aléop, ses détracteurs demandent désormais que ses conséquences soient évaluées sur le terrain.
La saisine du Défenseur des droits pourrait justement permettre de poser cette question : le nouveau transport à la demande garantit-il toujours le même accès aux transports pour tous les habitants des territoires ruraux ?
Le débat ne fait que commencer.