Trélazé : après l’abandon du ferroutage aux Ardoisières, l’opposition demande des explications au maire

Le projet de plateforme de ferroutage sur le site des Ardoisières ne verra finalement pas le jour. Après la décision prise par Angers Loire Métropole lundi 14 septembre, le groupe d’opposition L’Avenir de Trélazé salue l’abandon du projet et interpelle désormais le maire Lamine Naham sur sa position passée.

Le projet de plateforme de ferroutage sur le site des Ardoisières ne verra finalement pas le jour.
Crédit Angers Info – Illustration / Le projet de plateforme de ferroutage sur le site des Ardoisières ne verra finalement pas le jour.

Le dossier du ferroutage aux Ardoisières connaît un nouveau tournant. Après plusieurs mois d’études et de débats autour de la faisabilité d’une plateforme ferroviaire sur ce site emblématique de Trélazé, Angers Loire Métropole a décidé, lundi 14 septembre, de mettre fin au projet.

Une décision que le groupe d’opposition municipal L’Avenir de Trélazé accueille favorablement. Dans un communiqué publié mardi 15 septembre, son conseiller municipal et communautaire Rachid Belkala rappelle que son groupe n’a jamais été opposé au principe du ferroutage, mais au choix du site des Ardoisières.

« Nous étions contre ce site, pas contre le rail »

Pour l’opposition trélazéenne, le débat n’a donc jamais porté sur la nécessité de développer le transport ferroviaire de marchandises. Le groupe affirme au contraire soutenir le report du transport routier vers le rail et les objectifs de décarbonation.

C’est l’implantation d’une plateforme logistique aux Ardoisières qui était contestée.

Dans son communiqué, L’Avenir de Trélazé présente le parc comme « le troisième poumon vert de l’agglomération », après l’île Saint-Aubin et le lac de Maine. Le site représente également un important patrimoine lié à l’histoire ardoisière locale, après environ six siècles d’exploitation.

Selon les éléments avancés par le groupe d’opposition à partir des études menées par Angers Loire Métropole, plusieurs difficultés auraient contribué à l’abandon du projet.

Le coût du raccordement ferroviaire était notamment évalué à 25 millions d’euros, auquel aurait pu s’ajouter une somme comparable pour la remise à niveau du terrain. L’investissement nécessaire aurait ainsi pu approcher les 50 millions d’euros.

Autre difficulté soulevée : le calendrier. Le raccordement ferroviaire n’aurait pas pu être réalisé avant 2038 ou 2039, selon les éléments communiqués par l’opposition, alors que le développement du transport ferroviaire est présenté comme un enjeu à court et moyen terme.

Un trafic supplémentaire redouté par les riverains

La question des nuisances pour les habitants a également pesé dans le débat.

L’opposition évoque une augmentation potentielle du trafic de l’ordre de 30 %, avec la possibilité de devoir installer des murs antibruit. La configuration du terrain aurait par ailleurs constitué une contrainte importante, notamment concernant la résistance du sol et les travaux nécessaires pour remettre le site à niveau.

Dans sa décision, Angers Loire Métropole a notamment pris en compte les conséquences du projet pour les riverains. Le président d’Angers Loire Métropole, Christophe Béchu, a indiqué que « les conséquences pour des riverains ont été mesurées » et qu’elles avaient pesé dans la décision d’abandonner le projet, selon le communiqué de L’Avenir de Trélazé.

L’opposition revient sur une déclaration de 2024

L’abandon du projet conduit désormais L’Avenir de Trélazé à revenir sur les prises de position de la majorité municipale.

Le groupe rappelle qu’en novembre 2024, alors que les études étaient encore envisagées, Sébastien Boussion, intervenant au conseil d’Angers Loire Métropole au nom du maire Lamine Naham, alors absent, avait déclaré : « Les élus de Trélazé souhaitent que l’étude se fasse. Si le ferroutage est possible, nous y serons favorables. »

Pour l’opposition, cette déclaration prend aujourd’hui une résonance particulière puisque les études ont finalement conduit l’intercommunalité à écarter le site.

Rachid Belkala estime ainsi que le maire de Trélazé doit désormais expliquer le positionnement de sa majorité et les raisons pour lesquelles elle avait alors affiché son soutien à la poursuite des études.

Le groupe rappelle également que des habitants et des collectifs s’étaient mobilisés contre le projet et avaient alerté les élus sur les conséquences potentielles en matière de bruit, d’éclairage, d’activités nocturnes et de circulation.

Quel avenir désormais pour les Ardoisières ?

Avec l’abandon de la plateforme de ferroutage, une nouvelle question se pose désormais à Trélazé : que faire du site des Ardoisières ?

Pour L’Avenir de Trélazé, cette décision doit permettre d’ouvrir une nouvelle réflexion sur l’avenir du parc. Le groupe souhaite une concertation associant les habitants et les associations locales afin d’imaginer un projet davantage tourné vers la nature, le patrimoine et la promenade.

L’opposition propose notamment de renforcer la vocation naturelle et patrimoniale du site et de mieux valoriser l’histoire ardoisière de Trélazé.

Au-delà du débat politique entre majorité et opposition, l’abandon du ferroutage referme donc un chapitre et en ouvre un autre. Celui de l’avenir d’un site de 200 hectares, marqué par plusieurs siècles d’exploitation ardoisière, qui reste au cœur des enjeux d’aménagement du territoire trélazéen.

Rachid Belkala, conseiller municipal d’opposition et conseiller communautaire à Angers Loire Métropole au sein de la commission Transition écologique, résume la position de son groupe en une formule : « Le président de l’Agglomération doit arbitrer pour le territoire. Le maire de Trélazé doit défendre Trélazé. »

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