La contestation autour du projet d’élevage de veaux à Verrie, près de Saumur (Maine-et-Loire), franchit une nouvelle étape. Le collectif Verrie Bad Trip, mobilisé depuis plusieurs mois contre cette implantation, s’est constitué en association. Une délégation doit être reçue par le préfet de Maine-et-Loire vendredi 18 septembre 2026. Un rassemblement est également annoncé devant la préfecture à Angers.

Un projet de 560 veaux qui continue de faire débat
Le projet prévoit la création d’un élevage pouvant accueillir jusqu’à 560 veaux simultanément, avec un objectif annoncé d’environ 1 000 animaux par an. Les animaux seraient élevés dans quatre tunnels, exclusivement à l’intérieur des bâtiments, jusqu’à leur départ vers l’abattoir.
C’est précisément ce modèle d’élevage qui cristallise l’opposition du collectif Verrie Bad Trip. Ses membres contestent notamment l’absence d’accès à l’extérieur et mettent en avant les questions liées aux conditions d’élevage des jeunes bovins.
La contestation dépasse désormais le seul collectif. Des habitants, des associations et des citoyens se sont mobilisés ces derniers mois, tandis que les conseils municipaux de Verrie et de Saumur ont également fait part de leur opposition au projet.
Le collectif se transforme en association
Pour poursuivre cette mobilisation, Verrie Bad Trip a décidé de se structurer officiellement en association. Une évolution qui doit permettre aux opposants de disposer d’une organisation pérenne alors que le dossier entre dans une nouvelle phase.
Le collectif entend notamment faire entendre ses arguments sur les conséquences du projet pour le territoire, mais aussi sur les questions de bien-être animal et d’environnement.
L’association de protection animale PETA s’est également positionnée contre le projet. Dans une lettre adressée au préfet, elle demande à l’État de rejeter la demande d’autorisation.
Dans ce courrier, PETA estime notamment que « les veaux sont des êtres sensibles qui ressentent la douleur, la peur et le stress, mais aussi le besoin de passer du temps avec leur mère, d’explorer et d’interagir avec leur environnement ».
L’association ajoute : « Nous exhortons la préfecture à écouter les préoccupations des habitants et à refuser ce projet qui condamnerait des centaines d’êtres à une vie de privations. »
Une rencontre avec le préfet vendredi
Le rendez-vous du 18 septembre constitue désormais une nouvelle échéance pour les opposants. Une délégation de Verrie Bad Trip doit être reçue par le préfet de Maine-et-Loire afin de présenter ses inquiétudes et ses arguments concernant le projet.
Le collectif appelle parallèlement à la mobilisation devant la préfecture d’Angers le même jour. L’objectif affiché est de donner une visibilité à la contestation alors que les autorités doivent poursuivre l’instruction du dossier.
L’eau, le lisier et les nuisances au cœur des inquiétudes
Au-delà des conditions d’élevage, les opposants soulèvent plusieurs interrogations environnementales. Selon les éléments communiqués par PETA, l’installation utiliserait environ 2 500 m³ d’eau par an.
Le projet prévoit également la production de lisier, avec un stockage dans une fosse extérieure avant épandage sur plusieurs communes du secteur, notamment Verrie, Saumur, Gennes-Val-de-Loire et Doué-en-Anjou.
Pour ses opposants, ces caractéristiques soulèvent des questions concernant les effluents, les odeurs, les émissions d’ammoniac et les éventuelles conséquences sur les sols et les eaux. La circulation liée au transport des animaux, de l’alimentation et des effluents fait également partie des préoccupations exprimées localement.
PETA considère de son côté que « autoriser un nouvel élevage intensif de veaux reviendrait à tourner le dos aux attentes croissantes des citoyens et résidents locaux en matière de respect des animaux et de protection de l’environnement ».
À proximité immédiate de Saumur
Autre élément mis en avant par les opposants : la localisation du projet, à proximité de Saumur. Le site se trouve à environ un kilomètre de la ville, ce qui alimente les interrogations sur les éventuelles nuisances pour les habitants du secteur.
Pour Verrie Bad Trip, la mobilisation doit donc permettre de remettre l’ensemble de ces questions au centre des discussions avec les services de l’État.
La journée du vendredi 18 septembre 2026 devrait ainsi constituer un nouveau temps fort de la contestation, avec la rencontre entre une délégation du collectif et le préfet, parallèlement au rassemblement annoncé devant la préfecture à Angers.