Le ministère de l’Intérieur a engagé une procédure de dissolution visant le Rassemblement des étudiants de droite (RED) d’Angers. Le groupement, qui se présente comme un mouvement nationaliste angevin, dispose désormais de quinze jours pour faire valoir ses arguments avant une éventuelle décision du gouvernement.

Le RED d’Angers a été officiellement informé
La procédure se trouve actuellement dans sa phase contradictoire, a indiqué mardi le ministère de l’Intérieur à l’AFP. Durant cette période de quinze jours, le RED peut présenter ses observations et répondre aux faits qui lui sont reprochés.
À l’issue de cette étape, le ministère devra décider s’il propose ou non un décret de dissolution en Conseil des ministres.
Le RED d’Angers a lui-même annoncé la procédure mardi sur le réseau social X. Le groupe affirme avoir été “notifiés de sa volonté de (nous) dissoudre !” et conteste plusieurs des éléments figurant dans le dossier.
“Le dossier des faits reprochés regorge d’absurdités : avoir qualifié l’assassin de Lola de +barbare+, avoir souhaité la +remigration+”, écrit notamment le mouvement, en faisant référence au meurtre de la jeune Lola, survenu à Paris en 2022.
Une demande de dissolution portée par un député LFI
La démarche intervient après une alerte adressée début juillet par le député LFI Thomas Portes au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Dans une question écrite, l’élu demandait la dissolution du groupement et évoquait la “dangerosité du groupuscule”.
Thomas Portes cite notamment une action menée le 6 juin 2026. “Le 6 juin 2026, des militants de cette organisation ont déployé, sur le château d’Angers, une banderole en faveur de la +remigration+”, affirme le député.
Il évoque également une altercation survenue en janvier dernier entre un groupe d’étudiants venus apporter leur soutien à des militants antifascistes et des personnes présentées comme proches du RED. Selon lui, un membre du mouvement aurait été impliqué dans cette agression, au cours de laquelle des saluts nazis auraient également été effectués.
Le député affirme par ailleurs que le RED d’Angers entretiendrait une “connivence” avec l’Alvarium, un groupement d’extrême droite qui avait été dissous par le ministère de l’Intérieur en novembre 2021.
Des références assumées à l’extrême droite radicale
Créé en 2012, le RED d’Angers se décrit sur ses réseaux sociaux comme un “mouvement angevin alternatif et nationaliste”. Ses publications et photographies montrent notamment des militants portant des vêtements ornés de croix celtiques, symbole également utilisé par certains mouvements de l’extrême droite radicale.
Le groupe relaie aussi des contenus liés au Comité du 9 mai, à l’origine d’un rassemblement annuel organisé à Paris et réunissant différentes mouvances de l’extrême droite radicale, notamment nationalistes-révolutionnaires et identitaires. Certaines éditions ont notamment été marquées par la présence de symboles associés au nazisme.
Le RED participe également à des commémorations liées aux victimes de la manifestation antiparlementaire du 6 février 1934. Sur ses réseaux, le mouvement affiche par ailleurs des positions hostiles à l’avortement et favorables à la “remigration”.
Ce dernier terme désigne, dans le discours de certains mouvements identitaires, une politique visant au départ massif de personnes étrangères ou de personnes d’origine étrangère.
Quinze jours avant une éventuelle décision
La procédure engagée ne signifie donc pas, à ce stade, que la dissolution du RED d’Angers est actée. Le groupement dispose encore de quinze jours pour présenter ses observations au ministère de l’Intérieur.
C’est seulement après cette phase contradictoire que le gouvernement décidera de proposer, ou non, un décret de dissolution en Conseil des ministres.