Un caporal-chef condamné pour “harcèlement sexuel” devant des stagiaires près d’Angers

La chambre militaire du tribunal correctionnel de Rennes a condamné ce lundi 14 septembre 2026 un caporal-chef du 2e Régiment d’infanterie de marine (RIMa) de Champagné, près du Mans (Sarthe), pour une “exhibition” et un “harcèlement sexuel” qu’il avait commises sur le camp militaire de Saint-Léger-de-Linières (Maine-et-Loire) devant des élèves en classe préparatoire au Prytanée national militaire de La Flèche (Sarthe).

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Les faits s’étaient déroulés dans la nuit du 21 au 22 août 2021, alors qu’une dizaine de jeunes de 18 ans participaient à un “bivouac” sous l’encadrement de Jordan XXX. En pleine nuit, alors qu’elle prenait sa “garde” entre “2h45 et 3h30”, une jeune femme avait vu ce dernier et un sergent en “T-shirt” et en “caleçon moulant” : les deux “sentaient l’alcool” et l’un d’eux était “en érection”. Jordan XXX avait alors invité les jeunes présents à “regarder” son “anaconda de 38 cm”, ce que plusieurs d’entre eux ont confirmé par la suite.

Deux jeunes femmes avaient également dénoncé des “attouchements” sexuels commis par Jordan XXX, qui était alors âgé de 30 ans : il avait “attrapé” l’une d’elles par l’épaule en lui disant : “Toi, je t’aime bien”, puis s’était “approché” de son visage un peu plus tard “comme pour l’embrasser”.

Puis, alors qu’elle était dans sa tente avec une autre stagiaire, il lui avait “tenu des propos à caractère sexuel”, mis “la main et la tête sur l’épaule”. Il avait aussi parlé de “club échangiste” et évoqué “une tradition du régiment consistant à sucer un bouc”. L’autre victime avait relaté pour sa part avoir “senti le sexe” de Jordan XXX sur son treillis alors qu’il s’était “mis dans son dos”, un témoin confirmant que “son sexe était collé à elle”.

IL REFUSE DE REPONDRE AUX QUESTIONS DES JUGES

Jordan XXX ne s’est pas expliqué sur les faits devant la chambre militaire du tribunal correctionnel de Rennes, ce lundi 14 septembre 2026 : il a en effet choisi de “garder le silence” face aux questions des juges, comme la loi le lui permet. Il a simplement indiqué qu’il reconnaissait l’exhibition sexuelle mais pas les agressions. “Il va falloir qu’on se fasse une idée nous-même de ce que vous aviez dans la tête… On peut penser plein de choses, monsieur, quand on a la charge de juger ce genre de faits”, lui avait toutefois fait remarquer le président.

Sur le plan professionnel, Jordan XXX a pourtant un “passé sans tache” : sa hiérarchie le décrit comme un militaire doté “d’excellentes connaissances techniques” et avait décelé en lui des “prédispositions” pour être un “bon chef dans la spécialité antichars”… “On a le sentiment que tout cela s’est évaporé en une nuit”, avait donc résumé le président, devant le principal intéressé mutique. Jordan XXX exerce aujourd’hui toujours au 2e RIMa de Champagné, même s’il a été “démis” de sa fonction de “chef de groupe” pour passer “pilote de blindé” suite aux faits.

“Il était censé montrer toutes les qualités attendues d’un militaire”, a rappelé le procureur de la République dans ses réquisitions, en estimant que les faits constituaient bien des “agressions sexuelles” et non un “harcèlement sexuel”. Le magistrat avait donc requis un an de prison avec sursis à l’encontre de Jordan XXX mais avait laissé le tribunal “apprécier” le prononcé d’une “inéligibilité”, obligatoire en principe pour ce type d’infraction, mais qui était susceptible d’avoir des “conséquences draconiennes” compte tenu des “états de service” du caporal-chef et de son “absence d’antécédent”.

“A part ce soir-là, il s’est toujours comporté de la meilleure des manières”, avait appuyé son avocat. “Avec sept ou huit bières, il a sans doute fait sauter quelques verrous par ailleurs” mais ce “jeu insupportable” et “lourd” n’était qu’un simple “débordement”, avait reformulé Me Lucas Hervé en d’autres termes. Le tribunal a finalement requalifié les “agressions sexuelles” en “harcèlement sexuel” et a condamné Jordan XXX à dix mois de prison avec sursis, sans inéligibilité. Le militaire devra également verser 800 € à l’une des jeunes femmes pour indemniser son “préjudice moral”. Il a dix jours pour faire appel./RB et CB

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