Maine-et-Loire : 19 expulsions, des interdictions de quartier… comment l’État s’attaque aux trafics de drogue

Le trafic de stupéfiants ne se joue pas seulement dans la rue. En Maine-et-Loire, les autorités utilisent désormais aussi le logement et les interdictions de paraître pour tenter de faire reculer les points de deal. Depuis janvier, 19 procédures d’expulsion ont été engagées contre des locataires impliqués dans des trafics. Dans le même temps, les infractions relevées par les forces de sécurité ont augmenté de 9 % en neuf mois.

19 procédures d’expulsion depuis janvier, des interdictions de paraître dans certains quartiers et 9 % d’infractions supplémentaires relevées en neuf mois : en Maine-et-Loire, la lutte contre les trafics de stupéfiants change d’échelle.
Crédit Angers Info – 19 procédures d’expulsion depuis janvier, des interdictions de paraître dans certains quartiers et 9 % d’infractions supplémentaires relevées en neuf mois : en Maine-et-Loire, la lutte contre les trafics de stupéfiants change d’échelle.

À première vue, une procédure d’expulsion locative peut sembler bien éloignée d’une opération de police. Pourtant, c’est désormais l’un des leviers utilisés pour tenter de désorganiser les trafics de stupéfiants en Maine-et-Loire.

Depuis le début de l’année, 19 procédures ont été instruites contre des locataires impliqués dans un trafic de drogue. Quinze concernent des logements sociaux et quatre le parc privé. Dans certains cas, les occupants sont partis après une injonction du bailleur ou du préfet. Une première décision judiciaire d’expulsion a également été rendue.

Derrière ce chiffre se dessine une stratégie qui consiste à ne plus s’attaquer uniquement aux personnes interpellées ou aux produits saisis, mais également aux lieux dans lesquels les trafics peuvent s’installer.

En Maine-et-Loire, 19 procédures d’expulsion ont été engagées depuis janvier contre des locataires impliqués dans des trafics de drogue. Les mesures se renforcent.

Quand le logement devient un levier contre les trafics

C’est l’un des changements les plus concrets mis en avant par les services de l’État. Les bailleurs sociaux sont désormais directement associés au dispositif, aux côtés des procureurs et des forces de sécurité.

L’idée est simple : lorsqu’un logement est associé à une activité de trafic, les procédures permettant de faire partir son occupant peuvent venir compléter le travail policier et judiciaire.

Les 19 dossiers enregistrés depuis janvier montrent que ce dispositif est déjà utilisé dans le département. Et la préfecture annonce vouloir renforcer encore cette coordination entre les différents acteurs d’ici la fin de l’année.

Des quartiers peuvent aussi faire l’objet d’interdictions

Autre outil utilisé pour perturber les réseaux : l’interdiction de paraître dans certains quartiers.

Prononcée par le préfet sur le volet administratif ou par un juge dans le cadre judiciaire, cette mesure vise notamment à empêcher certaines personnes de revenir sur les secteurs où elles sont soupçonnées de participer à un trafic.

L’objectif est de compliquer l’organisation des points de deal et d’éviter qu’ils puissent se reconstituer après une intervention des forces de l’ordre.

Pour les habitants des quartiers concernés, ces mesures peuvent donc avoir une traduction très concrète : certaines personnes visées par ces décisions ne peuvent plus revenir dans les secteurs concernés pendant la durée prévue par la mesure.

Les chiffres des stupéfiants repartent à la hausse

Cette offensive intervient alors que les forces de sécurité constatent davantage d’infractions liées aux stupéfiants.

Sur les neuf premiers mois de 2026, elles sont en hausse de 9 % en Maine-et-Loire.

Attention toutefois à la lecture de ce chiffre : il s’agit des infractions relevées par les forces de sécurité. Cette progression ne signifie donc pas mécaniquement que les trafics ont augmenté de 9 % dans le département. Elle traduit l’évolution des infractions constatées dans le cadre de l’activité des services.

C’est dans ce contexte que le préfet de Maine-et-Loire, François Pesneau, a réuni à l’occasion de la rentrée les procureurs de la République, les forces de sécurité et les bailleurs sociaux.

Une nouvelle loi durcit aussi les sanctions pour les consommateurs

La lutte ne concerne pas uniquement les réseaux. Le gouvernement entend également agir sur la consommation.

La loi « RIPOST », adoptée en août 2026, prévoit notamment de porter l’amende forfaitaire pour usage de stupéfiants de 200 à 500 euros. Elle prévoit également la possibilité d’une suspension du permis de conduire comme peine complémentaire.

Pour les autorités, l’objectif est donc d’agir à plusieurs niveaux : sur les réseaux, sur les lieux où ils s’installent et sur les consommateurs.

À Angers et dans le département, la pression se veut désormais plus coordonnée

Police, justice, préfecture et bailleurs : le dispositif repose désormais sur une circulation plus rapide de l’information entre ces différents acteurs.

Les 19 procédures d’expulsion engagées depuis janvier constituent l’un des indicateurs de cette nouvelle approche. Elles montrent surtout que la lutte contre les trafics ne s’arrête plus à la porte du commissariat ou du tribunal.

Dans les prochains mois, la coordination entre ces acteurs doit encore être renforcée dans le département. Avec un objectif affiché : rendre plus difficile l’installation durable des trafics et empêcher la reconstitution des points de deal après les interventions.

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