« Permis de tuer » : près d’un millier de manifestants à Angers, le PCF dénonce une atteinte à l’État de droit

Près d’un millier de personnes se sont rassemblées ce samedi 19 septembre 2026 à Angers (Maine-et-Loire) contre la proposition de loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. Le Parti communiste français du Maine-et-Loire dénonce de son côté une remise en cause de l’État de droit.

Angers : près d’un millier de manifestants contre la présomption de légitime défense des policiers
Crédit Angers Info : Angers : près d’un millier de manifestants contre la présomption de légitime défense des policiers

La place du Ralliement s’est remplie progressivement ce samedi après-midi à Angers. À partir de 15 heures, plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés avant de prendre part à un défilé dans les rues du centre-ville. Selon les éléments communiqués autour de la mobilisation, près d’un millier de personnes ont participé au rassemblement.

Dans le cortège, les manifestants dénonçaient ce qu’ils qualifient de « permis de tuer ». Cette expression est utilisée par les opposants au texte pour contester l’instauration d’une présomption de légitime défense au bénéfice des forces de l’ordre.

Le PCF du Maine-et-Loire dénonce « une grave remise en cause »

À la suite de l’adoption du texte par l’Assemblée nationale, le Parti communiste français du Maine-et-Loire prend position contre cette évolution législative. Dans un communiqué, Stéphanie Dupeyroux, secrétaire départementale de la fédération du PCF, estime que cette proposition de loi constitue « une grave remise en cause des principes fondamentaux de notre État de droit ».

Pour la responsable communiste, la création d’une présomption spécifique pour les forces de l’ordre « rompt avec le principe d’égalité devant la loi » et fragilise, selon elle, le rôle de l’autorité judiciaire dans l’appréciation des faits.

Le PCF estime également que cette réforme ne permettra pas, selon lui, d’améliorer la sécurité des policiers et des gendarmes ni celle de la population. Le parti défend plutôt davantage de moyens, de formation et « un encadrement clair » pour les forces de l’ordre.

Une inquiétude autour du contrôle de l’usage des armes

Dans son communiqué, Stéphanie Dupeyroux évoque également les réserves exprimées par des organisations de défense des droits humains et par le Défenseur des droits.

Le PCF considère que le nouveau dispositif pourrait fragiliser le contrôle judiciaire et faire peser, selon ses termes, « un risque sérieux sur les libertés publiques, le droit à un recours effectif et la confiance indispensable » entre la population et les forces de l’ordre.

La responsable départementale du parti insiste toutefois sur la nécessité de ne pas opposer police et justice. « Les policiers ne doivent pas être abandonnés », écrit-elle, tout en estimant qu’ils ne doivent pas davantage être « instrumentalisés à des fins idéologiques ».

Le PCF réclame davantage de moyens pour la justice

Au-delà de la proposition de loi, le Parti communiste français du Maine-et-Loire met en avant la question des moyens consacrés à la justice.

Dans son communiqué, Stéphanie Dupeyroux cite notamment les délais de traitement des procédures, le manque de magistrats, de greffiers et d’enquêteurs ainsi que les conditions de travail dans l’ensemble de la chaîne pénale.

Pour le PCF, renforcer les moyens de la justice permettrait à la fois de rendre les décisions dans des délais raisonnables, de garantir les droits des citoyens et d’apporter aux forces de l’ordre un cadre juridique plus clair.

Le parti défend notamment un contrôle indépendant de l’usage des armes, avec une appréciation portant sur le caractère nécessaire, proportionné et légitime de leur utilisation.

Une mobilisation qui dépasse le débat parlementaire

À Angers, la manifestation de ce samedi s’inscrit dans un débat national sur les conditions dans lesquelles les policiers et les gendarmes peuvent faire usage de leurs armes et sur le contrôle judiciaire de ces situations.

Le PCF du Maine-et-Loire affirme, pour sa part, son attachement à une « police républicaine » et à une « justice indépendante ». Stéphanie Dupeyroux conclut son communiqué en défendant un équilibre entre sécurité, responsabilité et respect de l’État de droit.

Le texte adopté par l’Assemblée nationale doit désormais poursuivre son parcours parlementaire. Ses dispositions et leurs conséquences continuent donc de faire débat, tant parmi les responsables politiques que dans les organisations de défense des libertés publiques.

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