
Un rassemblement syndical a mobilisé plusieurs travailleurs devant les portes de l’usine Renault du Mans ce lundi 21 septembre 2026. À l’appel de la CGT, les manifestants se sont réunis pour dénoncer le récent projet d’assemblage de drones militaires sur le site sarthois, réclamant des alternatives industrielles tournées vers la mobilité civile.
Un projet militaire qui passe mal
Officialisée au début de l’année, la nouvelle orientation d’une partie de l’usine automobile du Mans suscite une vive opposition en interne. En cette journée internationale pour la paix, les membres de la CGT se sont positionnés devant les grilles du site dès la mi-journée pour contester la future production d’équipements destinés à l’armement français. Pour le syndicat, cette diversification imposée par la direction pose un véritable cas de conscience à de nombreux employés du groupe, refusant d’avoir à choisir entre la préservation de leur emploi et leurs convictions personnelles.
La priorité à la mobilité civile
Les manifestants dénoncent une stratégie dictée par la seule rentabilité au détriment des valeurs éthiques. Ce sentiment est résumé par le délégué syndical Rachid Karroumi à travers un slogan fustigeant la primauté de l’argent sur la morale. Les salariés mobilisés, forts de plusieurs décennies d’ancienneté, rappellent que les espaces actuellement vacants sur le site résultent de précédentes délocalisations. Ils exigent que le remplissage de ces bâtiments et les nouvelles activités de l’usine restent strictement concentrés sur le cœur de métier historique de la marque : les mobilités.
Une production prévue pour l’année prochaine
Malgré cette contestation locale, le calendrier industriel de la direction prévoit un lancement effectif de l’assemblage de ces équipements militaires dès 2027. Ce projet devrait mobiliser une soixantaine de salariés de l’usine sarthoise, recrutés sur la base du volontariat, avec pour objectif de produire environ six cents modèles chaque mois. En attendant la concrétisation de cette ligne de production, la mobilisation pacifique se poursuit, avec un second rassemblement programmé en fin de journée devant les locaux de la préfecture de la Sarthe.