Flambée du carburant à 2,45 € le litre, hausse continue des matériaux et baisse prolongée des commandes : en Charente, les petites entreprises de l’artisanat du bâtiment tirent le signal d’alarme. Alors que la crise du vignoble de Cognac pèse aussi sur le carnet de commandes local, la CAPEB 16 alerte sur la baisse critique des trésoreries.
Une envolée des coûts logistiques qui force à réduire les déplacements
Pour les professionnels charentais du bâtiment, les trajets quotidiens deviennent un poste de dépense insoutenable. Avec un carburant franchissant la barre des 2,45 euros le litre, certains chefs d’entreprise consacrent plus de 2 500 euros par mois à leur flotte de véhicules.
D’après Ici La Rochelle, cette hausse directe des charges contraint les artisans à modifier leur organisation logistique, en limitant les trajets de poids lourds ou en renonçant purement et simplement aux chantiers trop éloignés, situés à plus de 60 ou 80 kilomètres du siège de leur entreprise.
Crise du Cognac et baisse des commandes : un secteur au bord de l’épuisement
Cette poussée inflationniste à la pompe s’ajoute à une hausse structurelle des matériaux de construction (de 15 % à 30 % depuis 2022) et à une baisse continue de la demande depuis quatre ans.
En Charente, le ralentissement de la filière viticole du Cognac accentue la crise en stoppant les projets de rénovation des particuliers.
Face aux trésoreries exsangues et à la lassitude des dirigeants, la CAPEB Charente réclame des mesures d’urgence pour soutenir le secteur, notamment un retour durable à un taux de TVA réduit à 5,5 % pour l’ensemble des travaux de rénovation ainsi qu’une stabilisation des dispositifs d’aides comme MaPrimeRénov’.
