Fermée depuis le début des années 1990, l’ancienne mine d’or et d’argent de Rouez-en-Champagne, dans la Sarthe, suscite de nouveau l’intérêt des pouvoirs publics. L’État a engagé une procédure de mise en demeure à l’encontre du groupe Total, titulaire de la concession, afin de relancer les recherches sur ce gisement riche en métaux critiques.
Un gisement stratégique pour la souveraineté industrielle
Exploitée entre 1989 et 1992 pour ses ressources en or (deux tonnes extraites) et en argent (sept tonnes), la concession minière de Chantepie s’étend sur près de 800 hectares au nord-ouest du Mans.
D’après Ouest France, le site renferme l’un des plus importants amas sulfurés polymétalliques d’Europe, contenant d’importantes réserves de cuivre et de zinc.
Ces métaux, classés stratégiques par l’Union européenne dans le cadre de la transition énergétique et de l’industrie de défense, font l’objet d’une attention particulière de l’État désireux de renforcer la souveraineté industrielle du pays.
Mises en demeure administratives et incertitudes sur le calendrier
Titulaire du titre minier jusqu’en 2038, le groupe Total avait indiqué ne pas disposer des compétences requises pour relancer l’exploitation directe.
Face à cette inactivité, la préfecture de la Sarthe a sommé l’entreprise de déposer un dossier de reprise des travaux de recherche ou d’exploitation, sous peine d’un retrait pur et simple de sa concession.
Si le titre venait à être déchu et remis en appel d’offres à un autre opérateur minier, le lancement effectif d’un nouveau projet d’extraction nécessiterait entre 12 et 15 ans d’études et de démarches réglementaires. Une partie du site accueille aujourd’hui une centrale photovoltaïque.
