Un vent de fraîcheur souffle en équipe de France depuis l’arrivée aux commandes de Zinédine Zidane, notamment incarné par Esteban Lepaul, un attaquant au parcours sinueux et à la spontanéité désarmante.

Comme Lucas Da Cunha et Jean Butez, les deux “Italiens” de Côme également appelés par le nouveau sélectionneur pour les quatre premiers matches de Ligue des nations, Lepaul, 26 ans, a connu une ascension aussi fulgurante que tardive.
“Il y a des parcours inspirants dans notre équipe et ça doit uniquement donner de la force à ceux qui rêvent du haut niveau”, a estimé mardi l’avant-centre rennais, l’un des cinq bizuths convoqués par Zidane et aussi à l’aise dans une surface de réparation que face aux journalistes au Centre national du football de Clairefontaine (Yvelines).
Son parcours à lui est marqué par des coups d’arrêt, des coups durs, des rebonds et une confiance qui ne l’a jamais quitté. Formé à l’Olympique lyonnais, comme Bradley Barcola et Pierre Kalulu qu’il retrouve en bleu, mais prié d’aller faire ses premiers pas en seniors à Épinal, en National 2, Lepaul a perdu prématurément son père, Fabrice, ancien joueur professionnel passé par Saint-Étienne et Auxerre, en 2020, dans un accident de la route.
– Pas le premier choix à Rennes –
“Il y a quelque chose qui s’est transmis entre lui et moi dès mon plus jeune âge, a-t-il expliqué. Sa carrière s’est arrêtée à l’âge de 24 ans, et à 24 ans, c’est l’âge où la mienne a commencé. C’était une sorte de passation et il y a un peu une histoire à finir. Maintenant qu’il n’est plus là, c’est mon moteur au quotidien, ce qui m’anime.”
Après ce drame, Lepaul s’est engagé à Angers en deuxième division, a commencé à empiler les buts, est monté en Ligue 1 avec le SCO, puis a été recruté par le Stade rennais au début de la saison 2025-2026, sans toutefois être le premier choix du club breton.
Sceptique malgré un bon nombre de réalisations de son nouvel attaquant, le public de Rennes a été définitivement convaincu un soir de novembre, lors d’une victoire 4-1 face à Strasbourg en Ligue 1 durant laquelle le buteur a inscrit un triplé.
Avec 21 buts durant la saison, Lepaul est devenu le premier joueur hors PSG à terminer meilleur buteur du championnat depuis Alexandre Lacazette, 12 ans plus tôt. Son nom a même bruissé pour figurer parmi les 26 joueurs retenus par Didier Deschamps pour aller disputer la Coupe du monde l’été dernier, bien qu’il n’ait connu aucune sélection chez les jeunes et malgré l’abondance de talents au sein de l’armada offensive française.
– “Joueur de petits espaces” –
C’est finalement Zidane, pour lancer son mandat, qui a franchi le pas et retenu ce joueur de surface, un profil qui manquait en équipe de France. “J’aime bien ça, ces joueurs sur des petits espaces, ça peut servir contre des équipes plus repliées. Je l’ai vu beaucoup, il marque, je veux le voir de près”, a justifié “ZZ” au moment de son choix.
D’autant qu’en un an, Lepaul, obnubilé par le but, a beaucoup travaillé sur les autres aspects de son jeu. “C’est un attaquant qui est devenu très, très complet”, estime Franck Haise, son entraîneur à Rennes avant sa sélection. “Même quand il n’a pas grand-chose, il est toujours utile pour le collectif. Il a une panoplie qui est devenue pas seulement celle du buteur, qui est celle d’un attaquant complet”.
Arrivé le premier au “château” de Clairefontaine, Lepaul s’est d’abord “trompé d’étage”, mais est persuadé de trouver ses marques en bleu. “J’ai envie d’être acteur de cette sélection. C’est ma première fois en équipe de France, mais j’ai envie d’y goûter encore et encore”, a-t-il assumé, souhaitant “aller chercher un peu de temps de jeu”, aux côtés des stars de l’attaque comme son capitaine Kylian Mbappé, le Ballon d’Or Ousmane Dembélé ou la révélation du Mondial, Michael Olise.
Et puis “s’il y a un premier but, ça me va, s’il y en a plusieurs, ça me va aussi”, a-t-il ajouté.