
La grève des sapeurs-pompiers a largement occupé les débats lors du conseil départemental de la Vienne, lundi 21 septembre 2026. Le financement du Service départemental d’incendie et de secours et une proposition visant à augmenter le temps de travail ont opposé l’exécutif départemental, la direction du Sdis et les élus de l’opposition.
Le manque de moyens au cœur de la mobilisation des pompiers
Les sapeurs-pompiers de la Vienne participent depuis le 8 septembre 2026 au mouvement national engagé par la profession pour réclamer davantage de moyens et d’effectifs. Cette mobilisation intervient après un été marqué par une forte activité des secours et de nombreux incendies.
Dans la Vienne, la question des effectifs fait notamment débat. Le député Sacha Houlié estime qu’il manquerait au moins 17 sapeurs-pompiers professionnels pour assurer le fonctionnement du service dans de bonnes conditions.
L’élu met également en cause la participation du Département au financement du Sdis, estimant que celle-ci aurait diminué, tandis que la contribution de l’État aurait progressé ces dernières années.
Une lecture contestée par le président du Département, Alain Pichon, qui a défendu lors de la séance les efforts financiers réalisés par la collectivité.
Le Département défend ses dépenses pour le Sdis
Alain Pichon a rappelé que le Département consacre 15,3 millions d’euros par an au financement du Service départemental d’incendie et de secours de la Vienne.
Selon le président du conseil départemental, la participation de la collectivité doit encore progresser de 3 % entre 2026 et 2028, avant un financement complémentaire de 500 000 euros par an. Il a également cité les investissements consacrés aux casernes de Poitiers, pour un montant supérieur à 8 millions d’euros.
L’exécutif départemental récuse donc l’idée d’un désengagement et renvoie une partie des difficultés du Sdis aux choix budgétaires de l’État et aux parlementaires.
Cette bataille autour des chiffres intervient alors que les services d’incendie et de secours font face, à l’échelle nationale, à des revendications portant notamment sur les effectifs, les moyens opérationnels et les conditions de travail.
Une proposition sur le temps de travail provoque une nouvelle polémique
Les échanges ont pris une nouvelle tournure avec l’intervention de Benoît Coquelet, président du Sdis 86. Pour répondre aux difficultés d’effectifs et de fonctionnement, celui-ci a défendu l’idée d’un passage de 35 à 39 heures hebdomadaires.
Selon son raisonnement, une telle évolution permettrait de réduire le besoin de recrutements supplémentaires. Une proposition immédiatement contestée par les quatre élus du groupe d’opposition La Vienne en transition.
Ces derniers ont estimé que cette prise de position faisait peser sur les personnels une responsabilité qui ne leur incomberait pas et ont dénoncé des propos jugés irrespectueux à l’égard des sapeurs-pompiers.
Au cours de la séance, Ludovic Devergne, élu du canton de Poitiers-2, a lui aussi critiqué le niveau de participation de la collectivité au financement du Sdis. Il a également mis en cause la position de députés du Rassemblement national sur les moyens accordés aux services d’incendie et de secours.
La grève des pompiers s’invite ainsi au cœur d’un débat plus large sur le financement du secours dans la Vienne, les effectifs nécessaires et la répartition des responsabilités entre l’État et les collectivités.