
Le projet de rétablissement d’un péage à l’entrée de l’île d’Oléron suscite une nouvelle mobilisation parmi les habitants. Une pétition lancée en septembre avait recueilli plus de 1 400 signatures au moment de sa publication, alors que le Département de la Charente-Maritime prépare une concertation publique sur l’éventuelle instauration d’un droit départemental de passage.
Un péage encore au stade du projet
Le pont d’Oléron pourrait redevenir payant, plus de trente ans après la fin du péage. Le conseil communautaire de l’île d’Oléron s’est prononcé le 4 juin 2026 en faveur d’une demande d’instauration d’un droit départemental de passage sur l’ouvrage. Le vote avait recueilli 23 voix pour, une contre, quatre abstentions et un bulletin blanc.
La décision ne signifie toutefois pas que les automobilistes devront prochainement payer pour accéder à l’île. Le pont appartient au Département de la Charente-Maritime, qui doit encore se prononcer.
La commission permanente du Département a validé en juin l’organisation d’une concertation publique portant notamment sur les travaux du pont, leur financement et l’éventuelle mise en place d’un droit départemental de passage. Cette concertation est prévue du 9 octobre au 9 novembre 2026.
Le débat intervient alors que l’ouvrage, mis en service en 1966, fait actuellement l’objet d’opérations de surveillance et d’études en vue de futurs travaux de réparation.
Les habitants redoutent une nouvelle charge pour les déplacements
Face au projet, un collectif d’habitants a lancé une pétition réclamant le maintien de la gratuité du pont. Au moment de la publication de l’article d’Actu, celle-ci dépassait 1 400 signatures.
Les opposants au péage mettent en avant le caractère indispensable de l’ouvrage pour les habitants de l’île. Le pont constitue l’unique liaison routière directe entre Oléron et le continent, ce qui signifie que de nombreux déplacements quotidiens passent nécessairement par celui-ci.
Dans leur pétition, ils citent notamment les trajets pour aller travailler, consulter un médecin, suivre une formation, effectuer des démarches administratives ou rendre visite à des proches. Selon le collectif, un droit de passage constituerait donc une dépense supplémentaire pour les personnes qui utilisent régulièrement le pont.
Le collectif estime également que le coût supplémentaire pourrait affecter davantage les habitants travaillant ou étudiant sur le continent et ceux qui vivent sur l’île mais doivent régulièrement en sortir.
Entretien du pont, érosion et changement climatique au cœur du débat
La réintroduction d’un péage est défendue dans le cadre d’un débat plus large sur le financement de l’entretien du pont et la protection du territoire.
La démarche engagée par les élus oléronais et le Département porte notamment sur les travaux à réaliser sur l’ouvrage, leurs modalités de financement et l’adaptation aux enjeux environnementaux, notamment l’érosion et le changement climatique.
Le Département a déjà engagé des opérations d’inspection du pont afin de préparer de futurs travaux de réparation de ses piles.
Pour les habitants mobilisés contre le péage, ces dépenses relèvent toutefois de l’intérêt général et ne devraient pas être financées par un droit de passage. Ils craignent aussi qu’une augmentation du coût des déplacements pèse sur les commerces, les activités locales et les échanges entre Oléron, le bassin de Marennes-Oléron et le reste de la Charente-Maritime.
Le débat est donc loin d’être tranché. La prochaine étape sera la concertation publique annoncée du 9 octobre au 9 novembre 2026, avant d’éventuelles décisions ultérieures sur le financement et le devenir du péage.