À l’Île d’Yeu, la coopérative Terres Islaises disparaît après huit ans consacrés au foncier agricole

24/09/2026
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La coopérative Terres Islaises, créée en 2018 pour préserver le foncier agricole de l’Île d’Yeu, a été dissoute en juillet 2026. / DR

Créée en 2018 pour aider à préserver les terres agricoles de l’Île d’Yeu et accompagner des porteurs de projets, la SCCI Terres Islaises a été dissoute le 29 juillet 2026. La structure, qui réunissait environ 145 coopérateurs, n’a finalement pas trouvé les moyens financiers et juridiques de développer durablement son activité.

Un projet collectif lancé pour protéger les terres agricoles

Pendant près de huit ans, Terres Islaises avait pour objectif d’acquérir et de gérer du foncier et du bâti agricoles afin de favoriser une agriculture durable sur l’île.

La société coopérative civile immobilière avait notamment été pensée comme un outil permettant à des porteurs de projets agricoles d’accéder plus facilement à des terrains et à des bâtiments, dans un contexte insulaire où le foncier disponible est particulièrement convoité.

La structure réunissait environ 145 coopérateurs. Mais son fonctionnement s’est progressivement retrouvé limité par plusieurs difficultés. Sa représentante légale, Monik Malissard, estime que l’enthousiasme des débuts n’a pas permis de faire émerger suffisamment de projets.

La coopérative avait notamment engagé des démarches pour acquérir plusieurs parcelles. En 2023, le conseil municipal de l’Île d’Yeu avait d’ailleurs examiné un projet concernant plusieurs terrains destinés à accueillir des exploitations agricoles et représentant plus de 6 000 m².

Des obstacles administratifs et un manque de moyens

Pour expliquer l’arrêt de la structure, sa représentante met en avant plusieurs difficultés juridiques et administratives.

À sa création, la commune devait devenir membre de la coopérative et apporter certains terrains lui appartenant. Cette solution n’a finalement pas pu aboutir. La possibilité de transmettre certains terrains par le biais de baux emphytéotiques a également été bloquée par des obstacles juridiques.

À ces difficultés se sont ajoutés des moyens financiers limités. La coopérative ne disposait plus que d’environ 20 000 euros de trésorerie, selon sa représentante, ce qui a réduit sa capacité à mener de nouvelles opérations.

Les contraintes liées à la loi Littoral ont également compliqué certains projets agricoles, notamment pour la construction de bâtiments ou l’activité d’élevage.

La SCCI avait pourtant développé des initiatives et accompagné plusieurs exploitations. Parmi les exemples cités figure le projet maraîcher des Pieds sur Terre, dont les porteurs ont rencontré à leur tour des difficultés et un manque de soutien.

Les derniers terrains doivent désormais être transmis

La dissolution votée le 29 juillet 2026 ne met pas immédiatement fin à tous les dossiers de Terres Islaises. La coopérative doit désormais assurer sa liquidation.

Elle a notamment renoncé à l’acquisition de terrains pour lesquels une avance de 7 495 euros avait été versée en décembre 2023. Un liquidateur bénévole a également été désigné pour organiser la transmission des terrains déjà acquis, représentant environ 2 500 m².

La disparition de Terres Islaises ne signifie toutefois pas que la question du foncier agricole disparaît des préoccupations locales. La commune de l’Île d’Yeu soutient le Comité de développement de l’agriculture (CDA), qui travaille notamment sur la mobilisation de terrains agricoles, l’accompagnement des exploitations et le développement d’une agriculture locale et durable.

La représentante de Terres Islaises invite d’ailleurs les habitants souhaitant continuer à s’investir dans cette question à se rapprocher du CDA ou d’autres collectifs agricoles locaux.

La coopérative disparaît donc après huit années d’existence, mais les enjeux auxquels elle tentait de répondre restent bien présents sur l’Île d’Yeu.

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