
Renard, corneille, pie, étourneau, fouine et corbeau freux restent classés comme espèces susceptibles d’occasionner des dégâts dans la Manche. Une décision qui oppose chasseurs et défenseurs de la biodiversité selon Actu.fr.
Six espèces toujours concernées
Le renard, le corbeau freux, la corneille noire, l’étourneau sansonnet, la pie bavarde et la fouine figurent toujours sur la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts.
Un arrêté du ministère de la Transition écologique, daté du 21 août 2026, maintient ce classement jusqu’en 2029. Il permet leur destruction dans certaines conditions, y compris en dehors des périodes ordinaires de chasse.
Des dégâts chiffrés à plus de 100 000 euros
La Fédération des chasseurs de la Manche et la Chambre d’agriculture recensent les dommages attribués à ces espèces. Pour le seul renard, la Fédération estime que les dégâts chez les professionnels et les particuliers dépassent 100 000 euros sur trois ans.
« On remplace les prédateurs, pour préserver la chaîne écologique et que la population n’augmente pas », défend David Guérin, président de la Fédération des chasseurs.
Mais les données restent difficiles à mesurer précisément. La DDTM indique que les déclarations de dégâts permettent d’identifier les espèces concernées, sans toutefois connaître leur nombre exact. « L’ensemble des approches sont estimatives », souligne Laurent Vattier, de la DDTM.
La LPO conteste la régulation
La Ligue de protection des oiseaux s’oppose à ce classement. Richard Grège, membre de son conseil scientifique, dénonce notamment un manque de justification scientifique.
Selon lui, la destruction de certaines espèces, comme les corneilles, pourrait même favoriser leur remplacement par d’autres individus. « Les tuer amplifie donc le problème », estime-t-il.
La LPO prévoit de déposer un nouveau recours devant le Conseil d’État contre l’arrêté.
Le débat entre régulation des populations et protection de la biodiversité devrait donc se poursuivre dans la Manche jusqu’en 2029.