Le premier cas humain de virus West Nile identifié en Maine-et-Loire a changé la donne. Alors que cette infection était historiquement associée au pourtour méditerranéen, le virus du Nil occidental circule désormais dans de nouveaux territoires français, dont le département. Et derrière ce premier cas, une question se pose pour les habitants : faut-il désormais se méfier des moustiques à Angers et dans le Maine-et-Loire ?

La réponse mérite d’être nuancée. Le virus West Nile est bien présent dans le département, mais cela ne signifie pas que chaque moustique est infecté, ni qu’une simple piqûre entraîne une maladie. Le dispositif sanitaire repose justement sur une surveillance destinée à détecter rapidement une éventuelle circulation locale.
Le Maine-et-Loire fait désormais partie des départements concernés
Le dernier bulletin de Santé publique France, publié mercredi 23 septembre, confirme une progression du virus West Nile en France. Au 21 septembre, 117 cas humains autochtones avaient été identifiés depuis le début de la saison, soit 25 de plus qu’une semaine auparavant.
Ces cas sont répartis dans sept régions. Les Pays de la Loire figurent désormais parmi les territoires concernés, avec la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire. Santé publique France précise que les premiers cas humains ont été détectés cette année dans plusieurs départements jusque-là non concernés, dont le Maine-et-Loire.
Cette évolution explique pourquoi la surveillance est particulièrement suivie cette année. En 2025, 62 cas humains autochtones avaient été recensés sur l’ensemble de la France hexagonale.
Quel moustique peut transmettre le virus ?
Contrairement à une idée qui peut facilement s’installer avec la multiplication des informations sur le moustique tigre, le West Nile est principalement transmis par des moustiques du genre Culex, c’est-à-dire des moustiques communs.
Le cycle du virus est particulier. Les oiseaux constituent le principal réservoir : un moustique peut se contaminer en piquant un oiseau infecté, puis transmettre le virus lors d’une autre piqûre. L’être humain et le cheval peuvent être infectés, mais ils ne permettent pas au moustique de poursuivre normalement le cycle de transmission. Une personne infectée ne transmet donc pas directement le virus à son entourage par une piqûre de moustique.
Les moustiques Culex sont largement présents en France métropolitaine. Ils sont surtout actifs en soirée et durant la nuit, ce qui constitue une différence importante avec le moustique tigre, principalement actif pendant la journée.
Une piqûre ne signifie pas que l’on va tomber malade
C’est probablement le point le plus important pour les habitants.
Selon l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire, environ 80 % des infections par le virus West Nile restent asymptomatiques. Lorsqu’une infection se manifeste, elle peut prendre la forme d’un syndrome pseudo-grippal avec fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et parfois éruption cutanée.
Les formes graves restent beaucoup plus rares. Dans environ 1 % des infections, des complications neurologiques peuvent apparaître, notamment une méningite ou une encéphalite. Elles peuvent laisser des séquelles et, dans certains cas, être mortelles.
Une fièvre brutale associée à des signes neurologiques ou à des troubles du comportement doit donc conduire à consulter rapidement un professionnel de santé.
Pourquoi surveille-t-on les moustiques ?
La surveillance ne consiste pas à rechercher un moustique infecté dans chaque jardin du Maine-et-Loire.
Le dispositif français repose sur plusieurs volets : surveillance des cas humains, surveillance vétérinaire chez les chevaux, surveillance des oiseaux et surveillance entomologique lorsque la circulation du virus est détectée. Santé publique France décrit cette approche comme une surveillance intégrée associant santé humaine, animale et environnementale.
Le principe est assez simple : lorsqu’un cas humain est identifié, les autorités cherchent à comprendre où et dans quelles conditions la contamination a pu se produire afin d’évaluer l’existence d’une circulation locale du virus.
C’est cette surveillance qui permet de suivre l’évolution de la situation dans le Maine-et-Loire et plus largement dans les Pays de la Loire.
Faut-il s’inquiéter à Angers ?
À ce stade, il faut surtout éviter de confondre présence du virus et risque généralisé pour la population.
Le fait qu’un cas humain ait été identifié dans le Maine-et-Loire signifie que le virus a circulé localement et justifie une vigilance renforcée. L’ARS Pays de la Loire indique toutefois que la détection de plusieurs cas dans une même zone ne signifie pas qu’ils sont directement liés entre eux : elle témoigne de la présence d’une circulation virale locale qui nécessite davantage de surveillance.
Il n’est donc pas question de considérer chaque moustique rencontré à Angers comme potentiellement infecté. En revanche, la présence du virus dans le département rappelle que les mesures simples permettant de réduire les piqûres restent utiles.
Les bons réflexes sont surtout ceux qui limitent les piqûres
La protection passe d’abord par des gestes assez simples. L’ARS recommande notamment de porter des vêtements couvrants et amples en soirée et durant la nuit, d’utiliser des moustiquaires aux fenêtres et aux portes et, si nécessaire, des répulsifs sur les zones de peau découvertes, en suivant les recommandations d’un pharmacien.
Autour de la maison, il est également utile de limiter les eaux stagnantes dans lesquelles les moustiques peuvent se développer : vider régulièrement les seaux, arrosoirs et autres récipients, et couvrir les réserves d’eau.
Une précision est importante : la lutte contre le moustique Culex n’est pas la même que celle menée contre le moustique tigre. Dans le contexte actuel, l’ARS indique qu’un traitement systématique par insecticides n’est pas recommandé. La réponse repose principalement sur la surveillance, la détection des cas, la prévention des piqûres et la réduction des gîtes larvaires lorsque cela est pertinent.
Une surveillance qui devrait se poursuivre dans les prochaines semaines
La période de surveillance renforcée des arboviroses s’étend jusqu’au 30 novembre. Santé publique France publie chaque semaine un point sur l’évolution de la situation.
Pour le Maine-et-Loire, l’enjeu des prochaines semaines sera donc surtout de savoir si ce premier cas reste isolé ou si d’autres infections sont identifiées. Le dernier bulletin national confirme en tout cas que le département fait désormais partie des territoires où des cas humains ont été détectés en 2026.
Pour les habitants, le message sanitaire reste relativement simple : pas de raison de paniquer à chaque piqûre de moustique, mais une raison supplémentaire de limiter les piqûres et de rester attentif à l’apparition de symptômes inhabituels après une exposition.