ÉDITO – Bruno Retailleau débarque dans la Doutre à Angers : le voisinage avec Christophe Béchu promet quelques étincelles

Il y a des déménagements qui passent presque inaperçus. Quelques cartons, un camion, deux ou trois allers-retours et le nouveau voisin est installé.

Dans La Doutre à Angers , Bruno Retailleau vient d’installer sa permanence présidentielle au 2, quai des Carmes, juste à côté du « Poil à Gratter ». De quoi inspirer une petite querelle de voisinage avec Christophe Béchu. -- Dessin de presse : Marant
Dans La Doutre à Angers , Bruno Retailleau vient d’installer sa permanence présidentielle au 2, quai des Carmes, juste à côté du « Poil à Gratter ». De quoi inspirer une petite querelle de voisinage avec Christophe Béchu. – Dessin de presse : Marant

Et puis il y a celui de Bruno Retailleau.

Le président des Républicains et candidat à l’élection présidentielle a choisi le 2, quai des Carmes, à Angers, pour installer sa permanence de campagne. Une adresse dans le quartier de la Doutre, à quelques mètres seulement d’un établissement dont le nom prend soudain une saveur toute particulière : Le Poil à Gratter.

Il fallait oser.

Car à Angers, la Doutre n’est pas exactement le premier quartier auquel on pense lorsqu’il s’agit d’imaginer une implantation politique estampillée LR. Ses terrasses, ses vélos, ses étudiants, ses habitants réputés plutôt sensibles à gauche… bref, un terrain qui promet quelques conversations animées.

Et voilà donc Bruno Retailleau qui arrive avec ses cartons.

« Je m’installe ici ! La Doutre, c’est parfait : les bobos, les étudiants… même à gauche, on finira bien par comprendre mes idées ! »

Dans notre dessin, Christophe Béchu n’en croit évidemment pas ses yeux.

Le maire d’Angers, numéro deux d’Horizons et proche d’Édouard Philippe, voit débarquer dans son environnement angevin celui qui mène désormais sa propre bataille présidentielle.

Et forcément, la petite querelle de voisinage était trop tentante.

« Sérieusement, Bruno… tu viens t’installer sur mes plates-bandes ? La Doutre, c’était mon territoire ! »

Une querelle imaginaire, évidemment. Mais une situation bien réelle : les deux hommes appartiennent à des familles politiques différentes et leurs formations auront nécessairement des ambitions nationales et locales qui se croiseront dans les mois à venir.

Retailleau pose ses cartons… et Béchu surveille

Le calendrier ajoute encore un peu de piment à l’histoire.

Pendant que Bruno Retailleau organise sa campagne présidentielle, Christophe Béchu doit prendre, à compter du 1er octobre, la tête d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe, afin que celui-ci puisse se consacrer pleinement à sa propre campagne.

Autrement dit, chacun prépare son équipe, son terrain et son avenir politique.

Et à Angers, les terrains commencent à se toucher.

Retailleau est né à Cholet, dans le Maine-et-Loire. Béchu est maire d’Angers. Deux hommes politiques du département, deux familles politiques différentes et désormais… deux ambitions nationales qui se retrouvent presque voisins de palier.

Il ne manquait plus qu’un bistrot pour commenter tout ça.

Et soudain, le Poil à Gratter…

Parce que Le Poil à Gratter, justement, n’est pas un simple élément du décor.

Souvenez-vous : c’est dans cet établissement qu’avait été organisé le lancement devant la presse de la candidature de Romain Laveau, candidat de la gauche aux municipales à Angers.

Et là, tout devient franchement savoureux.

Bruno Retailleau vient donc installer sa permanence présidentielle juste à côté d’un lieu déjà associé au lancement d’une candidature de gauche pour les municipales angevines.

Le genre de détail qui fait le bonheur d’un dessinateur de presse.

À gauche, on lançait une candidature.

À droite, on installe une permanence présidentielle.

Et entre les deux, il y a… Le Poil à Gratter.

Difficile d’imaginer meilleur voisinage pour observer les futures conversations politiques angevines.

« Tu aurais pu choisir un autre quartier… »

Dans notre petite scène de politique-fiction, Christophe Béchu pourrait donc lancer à son voisin :

« Tu aurais pu choisir un quartier moins à gauche… Même le Poil à Gratter te regarde de travers ! »

Bruno Retailleau, lui, traînant ses valises venues de Cholet, pourrait répondre :

« Justement Christophe. Si je réussis à m’installer ici, je pourrai dire que je suis vraiment venu à la rencontre de tout le monde ! »

Et le Poil à Gratter ?

Lui ne dit rien.

Il regarde simplement passer les candidats.

Parce qu’après avoir vu la gauche lancer une candidature aux municipales, voilà maintenant qu’il voit débarquer un candidat à la présidentielle.

À ce rythme-là, le Poil à Gratter va finir par demander une carte de presse.

La Doutre, nouveau terrain de jeu politique ?

Derrière la plaisanterie, cette implantation raconte tout de même quelque chose de la campagne qui commence à se dessiner.

Les candidats ne vont pas seulement chercher à convaincre leurs électeurs traditionnels. Ils vont aussi chercher à s’afficher dans des quartiers, des lieux et des territoires qui ne leur sont pas spontanément associés.

Et la Doutre offre précisément ce décor.

Un quartier vivant, très fréquenté, où les terrasses côtoient les permanences politiques, où les vélos passent devant les affiches électorales et où, désormais, les ambitions présidentielles peuvent se retrouver autour d’un café.

Quant à Christophe Béchu, il pourra toujours garder un œil sur son nouveau voisin.

Après tout, entre un candidat LR venu de Cholet, un maire d’Angers qui prend bientôt les rênes d’Horizons et un bar baptisé Le Poil à Gratter, la Doutre risque de devenir l’un des petits théâtres les plus amusants de la politique angevine.

Et si les débats deviennent trop sérieux, il restera toujours la terrasse.

Après tout, en politique comme au comptoir, les conversations les plus intéressantes sont parfois celles qui commencent par : « Tu as vu qui vient de s’installer à côté ? »

Et bien sûr, toute ressemblances avec des lieux existants … quoique !

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