Dix hommes âgés de 25 à 53 ans ont été mis en examen à Paris dans le cadre d’une vaste enquête sur un trafic international de cocaïne. Au cœur du dossier, un laboratoire clandestin découvert à Chigné, dans le Maine-et-Loire, à l’été 2025. Les investigations se poursuivent notamment avec les gendarmes de la section de recherches d’Angers.

L’affaire, partie d’un trafic international de cocaïne, ramène une nouvelle fois les enquêteurs dans le Maine-et-Loire. Dix hommes ont été mis en examen vendredi à Paris dans le cadre d’une enquête visant une organisation soupçonnée d’avoir organisé l’importation de cocaïne en France avant sa transformation et sa redistribution sur le territoire.
Selon le parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), les suspects, âgés de 25 à 53 ans, sont notamment poursuivis pour importation de stupéfiants en bande organisée, production ou fabrication de stupéfiants en bande organisée et association de malfaiteurs.
Neuf d’entre eux ont été placés en détention provisoire. Le dixième a été provisoirement incarcéré dans l’attente de son débat devant le juge des libertés et de la détention, prévu cette semaine. Quatre des dix mis en examen étaient déjà détenus dans le cadre d’autres procédures.
Un laboratoire clandestin découvert à Chigné
Dans ce dossier, le Maine-et-Loire occupe une place particulière. Les enquêteurs avaient découvert à l’été 2025 un laboratoire clandestin installé à Chigné, un hameau situé dans le nord-est du département.
Cette installation aurait servi à transformer la cocaïne après son arrivée en France. D’après les éléments communiqués dans le cadre de l’enquête, la drogue était notamment dissimulée dans des marchandises commerciales afin de franchir les frontières.
La cocaïne aurait ainsi été transportée depuis l’Amérique latine à bord de navires, notamment dissimulée dans de la pulpe de fruit congelée. Une fois arrivée dans les ports du nord de l’Europe, elle aurait ensuite été acheminée vers différents points de stockage en France.
Le laboratoire découvert à Chigné constituait l’un des maillons de cette organisation présumée. Installé en pleine campagne, loin des grands centres urbains, il illustre aussi l’évolution des méthodes utilisées par certains réseaux de trafic de stupéfiants.
Les gendarmes angevins toujours mobilisés
L’enquête est loin d’être terminée. Le parquet national anti-criminalité organisée indique que les investigations se poursuivent afin « d’identifier et d’entraver l’ensemble des individus ayant participé à ce réseau criminel transnational ».
Les investigations sont menées par l’Office anti-stupéfiants (Ofast), avec la participation de plusieurs services de gendarmerie. La section de recherches d’Angers figure notamment parmi les unités engagées dans les investigations.
Pour les enquêteurs angevins, le travail consiste désormais à déterminer précisément le rôle de chacun dans cette organisation présumée, mais aussi à identifier les différents intermédiaires et les éventuels autres sites utilisés par le réseau.
Les dix hommes ont été interpellés dans plusieurs secteurs, notamment dans le Nord, en région parisienne et dans la région nantaise. Selon une source proche de l’enquête citée par l’AFP, certains étaient déjà connus pour des faits de délinquance.
Une organisation décrite comme très structurée
Les enquêteurs soupçonnent un système particulièrement cloisonné, avec différents lieux de stockage et des équipes ne connaissant pas nécessairement l’ensemble de l’organisation.
La cocaïne arrivait sous couvert de marchandises commerciales avant d’être récupérée puis transformée grâce à un procédé présenté comme complexe. Elle était ensuite destinée à être redistribuée sur le territoire français.
Lors des gardes à vue, certains suspects auraient reconnu les faits tandis que d’autres ont choisi de garder le silence. Ces éléments devront désormais être confrontés aux autres éléments recueillis par les enquêteurs.
Le parquet national anti-criminalité organisée évoque pour sa part le démantèlement d’une « organisation criminelle transnationale » ayant mis en place une chaîne logistique permettant l’importation de cocaïne et sa transformation en France.
Le Maine-et-Loire au cœur d’une enquête de longue haleine
La découverte du laboratoire de Chigné, en 2025, n’était donc pas la fin de l’affaire. Elle constitue au contraire l’un des éléments d’une enquête beaucoup plus vaste qui continue aujourd’hui.
Les opérations menées ces derniers jours et les mises en examen prononcées à Paris permettent désormais aux enquêteurs de poursuivre leurs investigations sur l’ensemble de la chaîne, depuis l’importation de la cocaïne jusqu’à sa transformation et sa distribution.
Dans le Maine-et-Loire, la section de recherches d’Angers reste ainsi mobilisée dans ce dossier aux ramifications nationales et internationales. À ce stade, le parquet souligne que les investigations se poursuivent et que d’autres personnes susceptibles d’avoir participé au réseau doivent encore être identifiées.
L’affaire rappelle enfin que les laboratoires clandestins ne sont plus uniquement associés aux grandes métropoles. Ces installations peuvent aussi être implantées dans des secteurs ruraux, comme ce fut le cas à Chigné, où les enquêteurs avaient découvert en 2025 un site destiné à la transformation de cocaïne.