
Au lendemain des affrontements survenus devant le lycée Marguerite-de-Navarre, à Alençon, les réactions à gauche se multiplient. Le PCF de l’Orne, le NPA et l’eurodéputée LFI Emma Fourreau mettent en cause l’intervention des forces de l’ordre et réclament que les circonstances des affrontements soient établies. Cinq jeunes ont été placés en garde à vue, tandis qu’un policier et un gendarme ont été légèrement blessés.
La journée de mobilisation du mardi 29 septembre 2026 a laissé des traces à Alençon. Devant le lycée Marguerite-de-Navarre, où plusieurs centaines de jeunes étaient mobilisés, la situation a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Ouest-France rapporte notamment des charges policières, l’usage de gaz et des gestes de contrainte visibles sur des vidéos consultées par la rédaction.
Alors que cinq jeunes ont été placés en garde à vue et que deux membres des forces de l’ordre ont été légèrement blessés, les réactions politiques se concentrent désormais sur les conditions dans lesquelles l’intervention s’est déroulée.
À gauche, des demandes de transparence sur l’intervention
La fédération de l’Orne du Parti communiste français a apporté son soutien aux lycéens mobilisés. Son secrétaire départemental, Nicolas Ledentu, considère que les faits doivent désormais être examinés avec transparence et demande notamment que les droits des cinq jeunes placés en garde à vue soient pleinement respectés.
Le PCF conteste ainsi la lecture selon laquelle la réponse apportée aux manifestants pourrait être considérée comme une simple conséquence des tensions du rassemblement. Pour le parti, la question porte aussi sur la manière dont les forces de l’ordre sont intervenues face à des lycéens venus défendre leurs revendications.
La mobilisation avait débuté dans le cadre de la journée nationale de grève du 29 septembre, avant que des échauffourées n’éclatent devant l’établissement. Ouest-France a également publié des images montrant des échanges tendus entre policiers et manifestants.
Le NPA et Emma Fourreau dénoncent une intervention qu’ils jugent excessive
Le Nouveau Parti anticapitaliste de l’Orne a, lui aussi, condamné ce qu’il décrit comme une répression policière particulièrement violente.
L’eurodéputée La France insoumise Emma Fourreau s’est également saisie de l’affaire après la diffusion de vidéos montrant notamment une lycéenne maintenue à la gorge par un policier. Elle a annoncé vouloir effectuer un signalement auprès de la procureure de la République sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale.
Ce texte prévoit qu’une autorité constituée, un officier public ou un fonctionnaire qui acquiert, dans l’exercice de ses fonctions, la connaissance d’un crime ou d’un délit doit en informer le procureur de la République.
La démarche annoncée par l’élue ne préjuge évidemment pas de l’existence d’une infraction. Elle vise à ce que les faits susceptibles de relever de la justice puissent être examinés par le parquet.
La préfecture défend une intervention proportionnée
Face à ces accusations, la préfecture de l’Orne donne une version différente de la séquence. Selon les autorités, l’intervention des forces de l’ordre s’est déroulée dans le respect du cadre réglementaire et l’usage de la force a été jugé nécessaire et proportionné pour répondre aux actions du groupe prenant les policiers à partie.
Ce point est essentiel alors que les images circulant sur les réseaux sociaux et celles consultées par Ouest-France montrent plusieurs scènes de confrontation, mais ne permettent pas à elles seules de déterminer l’ensemble des circonstances dans lesquelles chaque geste a été effectué.
À droite, le conseiller municipal d’Alençon Oscar Piloquet, membre du groupe Rassemblement national, a de son côté apporté son soutien aux forces de l’ordre et mis en cause la mobilisation lycéenne.
Mais l’enjeu politique se situe désormais aussi sur le terrain judiciaire. Les cinq jeunes placés en garde à vue devront être entendus dans le cadre de la procédure, tandis que les accusations portant sur les conditions de l’intervention policière restent à établir.
Ce mercredi 30 septembre, de nouvelles tensions ont par ailleurs été signalées autour du lycée Marguerite-de-Navarre, prolongeant la mobilisation entamée la veille.