Les proches de Sylvie Barrau sont « anéantis » après la mort de cette femme de 63 ans, tuée par balle lundi 28 septembre aux Ponts-de-Cé, au sud d’Angers. Alors qu’une information judiciaire pour meurtre en état d’ivresse manifeste vient d’être ouverte, les avocats de la famille, le cabinet ACR, livrent leur première réaction.

« Une disparition violente, inattendue, inexplicable »
Trois jours après le drame qui a coûté la vie à Sylvie Barrau, l’émotion reste vive chez ses proches. La femme de 63 ans est morte lundi 28 septembre, après avoir été grièvement blessée par balle dans une propriété située rue Secrétain, aux Ponts-de-Cé.
Par la voix de leurs avocats, Maître Pascal Rouiller et Maître Mathilde Uzureau, du cabinet ACR, les proches de Sylvie Barrau font part de leur immense douleur et annoncent leur volonté de se constituer partie civile dans la procédure judiciaire désormais ouverte.
« Les proches de Sylvie Barrau sont anéantis, sous le choc de sa disparition violente, inattendue, inexplicable. L’accès au dossier d’enquête, que va déclencher leur constitution de partie civile, permettra peut-être de mieux cerner les circonstances de la mise à mort d’une femme exceptionnelle, qui n’aspirait qu’à vivre, sereinement et pacifiquement, entourée des siens », indiquent les deux conseils.
Les avocats ajoutent : « Au temps du recueillement succédera celui du combat visant à ce que justice lui soit rendue. »
Un appel à la police avant l’arrivée des secours
Le drame s’est noué lundi en fin d’après-midi. À 16 h 42, le commissariat était contacté par téléphone par un homme âgé de 58 ans. D’après les éléments communiqués par le parquet d’Angers, celui-ci déclarait avoir tué une femme avec une arme à feu à la suite d’un différend, rue Secrétain.
À leur arrivée sur place, les policiers découvraient Sylvie Barrau, propriétaire des lieux, grièvement blessée par balle. Malgré l’intervention rapide des secours, elle décédait à 17 h 32.
Un fusil de calibre .22 Long Rifle était retrouvé sur place. L’homme de 58 ans, qui se présentait comme le « gardien » des lieux en l’absence de la propriétaire, était interpellé puis placé en garde à vue.
Selon le parquet d’Angers, son taux d’alcoolémie était alors mesuré à 1,20 mg d’alcool par litre d’air expiré.
Une information judiciaire ouverte pour meurtre en état d’ivresse manifeste
Après sa garde à vue, le quinquagénaire a été déféré mercredi 30 septembre dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire. Le parquet d’Angers a retenu la qualification de meurtre en état d’ivresse manifeste, ainsi que celle de détention d’arme malgré une interdiction judiciaire.
La première qualification est particulièrement lourde puisqu’elle est passible de la réclusion criminelle à perpétuité. La suite de la procédure doit désormais permettre de préciser les circonstances exactes dans lesquelles le coup de feu mortel a été tiré et de comprendre le différend qui aurait précédé les faits.
Les investigations sont désormais conduites sous la direction d’un juge d’instruction. Les enquêteurs du commissariat d’Angers, notamment ceux de la division chargée des enquêtes criminelles, poursuivent leurs investigations.
Trois condamnations déjà prononcées
Le parquet d’Angers indique par ailleurs que l’homme mis en cause était déjà connu de la justice. Selon le procureur de la République d’Angers, Sylvain Barbier Sainte Marie, il a été condamné à trois reprises dans le passé.
« Il a été condamné à trois reprises, notamment pour des faits de violences conjugales et pour des infractions commises alors qu’il se trouvait sous l’emprise d’un état d’ivresse manifeste », a précisé le procureur.
Ces éléments font désormais partie du contexte judiciaire examiné par les enquêteurs et le juge d’instruction.
À ce stade de la procédure, l’homme de 58 ans bénéficie de la présomption d’innocence. L’ouverture de l’information judiciaire doit précisément permettre d’établir les circonstances du décès de Sylvie Barrau et les responsabilités éventuelles dans ce drame.
Pour les proches de la victime, une première étape commence désormais avec leur constitution de partie civile. Elle doit notamment leur permettre d’avoir accès au dossier dans le cadre prévu par la procédure pénale et de suivre l’évolution de l’instruction.