Après une journée de jeudi marquée par plusieurs violences et dégradations, la mobilisation lycéenne se poursuit ce vendredi 2 octobre dans le Maine-et-Loire. Le climat apparaît toutefois plus calme. De nouveaux élèves sont mobilisés à Segré, tandis que plusieurs établissements d’Angers et de Trélazé restent concernés. À Chevrollier, les cours se poursuivent à distance après les incidents de la veille.

La mobilisation lycéenne se poursuit ce vendredi matin dans le Maine-et-Loire, mais le climat semble nettement plus calme que la veille. Alors que la journée du jeudi 1er octobre avait été marquée par des affrontements, des dégradations et plusieurs blessés autour de certains établissements, les rassemblements observés ce matin se déroulent principalement dans le calme.
Le mouvement gagne toutefois de nouveaux établissements. À Segré, environ 200 lycéens du lycée Blaise-Pascal ont rejoint la mobilisation, auxquels se sont ajoutés une centaine de jeunes du lycée Bourg-Chevreau peu après 8 heures. À Cholet également, des lycéens restent mobilisés. À Angers, plusieurs établissements connaissent encore des blocages ou des rassemblements.
Derrière ces actions, les élèves mettent en avant des préoccupations communes à celles exprimées depuis plusieurs jours dans les autres lycées français : effectifs jugés trop importants dans les classes, emplois du temps considérés comme trop lourds, inquiétudes concernant leur avenir et Parcoursup, mais aussi demande de davantage de moyens pour les établissements scolaires.
À Segré, le mouvement démarre dans le calme
C’est une première depuis le début de cette mobilisation dans le département : Segré entre à son tour dans le mouvement ce vendredi matin.
Au lycée Blaise-Pascal, environ 200 élèves se sont rassemblés devant l’établissement. Ils ont ensuite été rejoints par environ 80 lycéens de Bourg-Chevreau peu après 8 heures.
Le mouvement se veut pacifique. L’entrée principale du lycée Blaise-Pascal est bloquée, mais une autre grille permet aux élèves qui souhaitent assister aux cours de pénétrer dans l’établissement. Les revendications avancées sont les mêmes que celles exprimées depuis plusieurs jours dans les autres établissements mobilisés.
Cette arrivée de Segré dans la mobilisation montre que le mouvement continue de s’étendre géographiquement dans le Maine-et-Loire, alors même que la journée de jeudi avait été marquée par une forte tension dans plusieurs établissements de l’agglomération angevine.
À Trélazé, une soixantaine de lycéens devant les grilles
À Trélazé, environ 60 élèves du lycée professionnel se sont rassemblés devant l’établissement ce vendredi matin.
Des véhicules de police se sont rendus sur place avant de repartir quelques minutes plus tard. La situation est restée calme. Un parent présent sur place estimait que ce départ pouvait contribuer à éviter une nouvelle montée des tensions.
Vers 8 h 30, les lycéens se sont réunis pour échanger avec leur proviseur. Selon le témoignage d’un élève rapporté ce vendredi matin, cette discussion n’a toutefois pas apporté de nouveaux éléments par rapport à la veille.
Les élèves ont finalement quitté les lieux. Certains indiquaient vouloir rentrer chez eux tandis que d’autres envisageaient de rejoindre des camarades mobilisés dans d’autres établissements.
À Angers, plusieurs lycées encore mobilisés
À Angers, la mobilisation se poursuit dans plusieurs établissements, mais les scènes observées ce vendredi matin sont moins tendues que celles de la veille.
Au lycée Mounier, le blocage se déroule dans le calme. Les lycéens mobilisés n’ont pas bloqué l’accès au collège voisin, qui partage la même entrée. Des slogans ont été scandés devant l’établissement, notamment autour du ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray.
Le lycée Bergson, dans le quartier de Belle-Beille, est également concerné par le mouvement. Des feux de poubelles et de chariots de supermarché ont néanmoins été allumés devant l’établissement ce vendredi matin, signe que la situation reste susceptible de se tendre localement.
À Chevrollier, où un enseignant a été blessé jeudi, les cours ont repris, mais en distanciel. Les élèves ne sont pas invités à se rendre dans l’établissement. Cette décision intervient au lendemain d’une journée particulièrement agitée autour du lycée.
Retour au calme à Paul-Émile-Victor à Avrillé
À Avrillé, le lycée professionnel Paul-Émile-Victor, qui avait été particulièrement touché par les événements de jeudi, connaît lui aussi une matinée plus calme.
La veille, des dégradations avaient été constatées sur les grilles et les portails de l’établissement ainsi que dans certains locaux. Le maire d’Avrillé, Philippe Bolo, avait condamné « avec la plus grande fermeté » ces actes de vandalisme et apporté son soutien aux personnels du lycée, aux forces de l’ordre et aux sapeurs-pompiers.
L’élu avait également insisté sur la distinction entre la mobilisation des lycéens et les violences, estimant que la très grande majorité des jeunes mobilisés ne se reconnaissait pas dans ces actes. Il appelait à « retrouver le calme et la raison ».
Ce vendredi matin, le climat observé autour de Paul-Émile-Victor traduit donc une forme d’accalmie après une journée particulièrement tendue.
Les revendications restent au cœur de la mobilisation
Malgré les incidents qui ont marqué la journée précédente, les lycéens continuent de mettre en avant des revendications liées directement à leurs conditions de scolarité.
Les élèves mobilisés dénoncent notamment des classes surchargées, des emplois du temps jugés trop lourds et leurs inquiétudes concernant leur avenir et l’accès aux études supérieures, notamment à travers Parcoursup.
Ils demandent également davantage de moyens pour les établissements et la rénovation des lycées, avec une attention particulière portée à leur adaptation au changement climatique.
Ces revendications sont également au cœur de la réaction de la CFDT Maine-et-Loire. Dans son communiqué publié jeudi, le syndicat appelait à entendre davantage la parole des jeunes tout en condamnant fermement les violences. Pour la CFDT, le manque de professeurs, de personnels éducatifs et sociaux et les difficultés de certains locaux constituent des problèmes réels qui doivent faire l’objet d’une réponse politique.
Ce qu’il s’est passé jeudi à Angers et dans le Maine-et-Loire
La journée du jeudi 1er octobre avait été beaucoup plus mouvementée. Si la préfecture a souligné que la majorité des rassemblements s’était déroulée dans le calme, plusieurs groupes avaient provoqué des dégradations et des affrontements autour de certains établissements.
Le bilan communiqué jeudi soir par la préfecture faisait état de huit personnes blessées. Deux personnels de l’Éducation nationale avaient été blessés, dont l’un transporté au centre hospitalier d’Angers. Deux policiers avaient également été blessés, tout en restant en service. Quatre élèves avaient été blessés sans nécessiter de prise en charge par les secours.
La préfecture indiquait également que deux élèves avaient été molestés par des groupes de jeunes dans le but de leur voler leurs chaussures et leurs vêtements.
Sur le plan matériel, les lycées Paul-Émile-Victor à Avrillé et Henri-Dunant à Angers avaient subi des dégradations, notamment sur leurs grilles et leurs portails. Des locaux du lycée d’Avrillé avaient également été touchés.
Un véhicule de police et deux véhicules de sapeurs-pompiers avaient été dégradés, avec notamment des vitres et des pare-brise endommagés. Du mobilier urbain, dont des abribus, avait également été détruit ou fortement détérioré. Plusieurs feux de poubelles et de caddies avaient été allumés sur la voie publique, sans propagation grâce notamment à l’intervention des pompiers.
Les forces de l’ordre avaient procédé à sept interpellations directement liées aux événements de la journée, auxquelles s’ajoutaient deux interpellations concernant des faits antérieurs.
Le préfet appelle les lycéens à ne pas se mêler aux violences
Après cette journée sous tension, le préfet de Maine-et-Loire François Pesneau avait condamné fermement les dégradations et les violences commises contre les établissements, les personnels de l’Éducation nationale et les forces de sécurité.
Il avait appelé les jeunes mobilisés à faire preuve de responsabilité et à ne pas participer aux violences, aux incendies ou aux dégradations. Le préfet avait également demandé aux parents d’échanger avec leurs enfants sur les risques liés à leur participation éventuelle à ces incidents.
Ce vendredi matin, la situation apparaît donc plus calme dans le Maine-et-Loire, même si le mouvement continue de s’étendre à de nouveaux établissements. L’arrivée de Segré dans la mobilisation et la poursuite des blocages à Angers et Cholet montrent que la contestation lycéenne n’est pas terminée.