Tensions environnementales dans le département de l’Orne. Le projet d’extension de la zone de chalandise du centre de traitement des déchets de Suez aux Ventes-de-Bourse suscite de vives inquiétudes chez les élus locaux et les riverains.
L’extension géographique sollicitée par Suez
Depuis 2013, le groupe Suez exploite aux Ventes-de-Bourse un site de stockage dédié aux déchets non dangereux issus de l’Orne et des départements limitrophes.
L’entreprise demande à la préfecture un élargissement de son rayon de collecte à 150 km pour répondre à des besoins régionaux ponctuels, comme le relais des usines d’incinération du Havre lors de leurs arrêts techniques.
D’après Ouest France, Suez précise que le plafond maximum annuel de 90 000 tonnes et la durée d’exploitation autorisée jusqu’au second semestre 2034 restent inchangés.
Opposition municipale et craintes de nuisances
Si le conseil municipal des Ventes-de-Bourse soutient la démarche pour accélérer le remplissage du site et abréger la période d’exploitation, les communes environnantes expriment une vive opposition.
À Aunay-les-Bois, le maire dénonce le risque de transformer le territoire en décharge pour d’autres régions, notamment l’Île-de-France.
De leur côté, les conseils municipaux de Neuilly-le-Bisson et d’Essay pointent du doigt la hausse des nuisances olfactives récurrentes ainsi que la dégradation du réseau routier liée au passage accru de poids lourds.
La réponse de l’exploitant et l’instruction en cours
Suez met en avant son dispositif de surveillance olfactive renforcé depuis 2023 grâce à un « jury de nez » composé de riverains volontaires, assurant une nette amélioration de la situation.
L’entreprise indique également que le principe de proximité sera maintenu, les déchets normands restant prioritaires.
Alors que la consultation publique s’est achevée avec une vingtaine de contributions déposées, la décision finale d’accorder ou non cette autorisation revient désormais au préfet de l’Orne.
