À Angers, où va l’argent de votre amende de stationnement ? La réponse n’est pas celle que vous imaginez

Vous avez déjà retrouvé un avis sur votre pare-brise après avoir oublié de payer votre stationnement à Angers ? Vous vous êtes peut-être demandé où allait l’argent versé à la suite de cette mauvaise surprise. Contrairement à une idée largement répandue, toutes les sommes payées après une verbalisation ne vont pas directement dans les caisses de l’État. Et lorsqu’il s’agit du stationnement payant, le système est encore différent : depuis 2018, l’ancienne amende de 17 euros a été remplacée par un forfait post-stationnement, fixé à 27 euros à Angers. Mais que devient réellement cet argent ?

Contrairement à une idée largement répandue, toutes les sommes payées après une verbalisation ne vont pas directement dans les caisses de l’État.
DR- Contrairement à une idée largement répandue, toutes les sommes payées après une verbalisation ne vont pas directement dans les caisses de l’État.

Près de 29 000 FPS dressés en un an à Angers

Avant de parler d’argent, il faut d’abord comprendre de quelle « amende » on parle. À Angers, lorsqu’un automobiliste stationne sur une place payante sans avoir payé, ou dépasse le montant correspondant à la durée réellement stationnée, il ne reçoit plus juridiquement une amende classique. Depuis le 1er janvier 2018, le système a changé avec la dépénalisation du stationnement payant : l’usager doit alors s’acquitter d’un forfait post-stationnement, le fameux FPS. À Angers, son montant est fixé à 27 euros, quelle que soit la zone payante concernée. En cas de paiement partiel du stationnement, le montant du FPS correspond à 27 euros diminués de la somme déjà réglée.

Et le nombre de dossiers est loin d’être anecdotique. En 2025, la Ville d’Angers a établi 28 923 forfaits post-stationnement. La même année, 1 060 automobilistes ont contesté leur FPS dans le cadre d’un recours administratif préalable obligatoire, soit 3,66 % des avis établis. Dans 637 cas, la Ville a finalement donné une issue favorable au recours, ce qui représente environ 60 % des contestations examinées. Au 31 décembre 2025, 120 usagers avaient par ailleurs saisi le Tribunal du stationnement payant.

À 27 euros par FPS, le simple calcul théorique donne une somme de près de 781 000 euros si tous les avis établis étaient payés intégralement et sans tenir compte des contestations, annulations, frais ou impayés. Ce chiffre permet surtout de mesurer l’ordre de grandeur du phénomène, mais il ne correspond pas à une recette nette pour la Ville. Le produit du FPS obéit en effet à des règles précises de reversement.

Les 27 euros ne vont pas directement dans les caisses de la Ville

C’est probablement le point le plus important de ce dossier. Le FPS n’est pas conçu comme une recette ordinaire que la commune pourrait utiliser librement pour financer n’importe quelle dépense municipale. La réglementation prévoit que le produit du forfait post-stationnement est affecté à des opérations liées à la mobilité, aux transports ou à la circulation routière, après déduction des coûts liés à la mise en œuvre du dispositif. À Angers, la Ville est chargée de la gestion du stationnement payant sur voirie et reverse le produit du FPS à l’intercommunalité, selon les modalités prévues par la réglementation et l’organisation locale.

Cette organisation explique pourquoi il serait trompeur de présenter chaque PV de stationnement comme 27 euros qui rentreraient directement dans le budget général de la mairie. Une partie de l’argent sert d’abord à faire fonctionner le système lui-même : contrôle, gestion des avis, recouvrement, contestations, systèmes informatiques ou encore équipements nécessaires au stationnement. La Ville expliquait déjà lors de la mise en place du dispositif que le passage de l’ancien système à 17 euros au FPS de 27 euros devait notamment tenir compte du transfert de plusieurs charges auparavant assumées par l’État.

Et si vous avez payé votre stationnement, mais que vous recevez quand même un FPS ?

C’est justement pour cela que la procédure de contestation existe. Un automobiliste qui estime avoir reçu un FPS à tort peut effectuer un recours administratif préalable obligatoire, avant éventuellement de saisir le Tribunal du stationnement payant. À Angers, les chiffres de 2025 montrent que ces recours ne sont pas simplement symboliques : sur les 1 060 contestations enregistrées, 637 ont obtenu une issue favorable.

Cela peut concerner différentes situations : problème lié au paiement, erreur dans l’enregistrement, situation particulière permettant de stationner gratuitement ou contestation de la décision. Il faut toutefois être attentif aux délais : le recours ne suspend pas automatiquement l’obligation de paiement du FPS. Le forfait doit normalement être réglé dans les trois mois suivant sa notification, sous peine de majoration.

Mais attention : une amende pour stationnement gênant, c’est autre chose

C’est ici que les choses deviennent particulièrement intéressantes. Un FPS concerne uniquement le stationnement payant lorsque la redevance n’a pas été payée ou l’a été insuffisamment. Si votre voiture est garée sur un emplacement interdit, très gênant, dangereux ou abusif, vous ne recevez pas un FPS : vous êtes sanctionné dans le cadre du Code de la route avec une véritable contravention.

La différence est loin d’être simplement sémantique. Une amende pour stationnement interdit relève du système national des contraventions. Par exemple, le stationnement gênant relève d’une contravention de deuxième classe et peut conduire à une amende forfaitaire de 35 euros, tandis que le stationnement très gênant ou dangereux relève d’une contravention de quatrième classe, avec une amende forfaitaire de 135 euros, susceptible d’être majorée en cas de retard de paiement.

Alors, qui touche l’argent d’une vraie amende routière ?

Pour les amendes de police liées à la circulation routière, le mécanisme est différent. Le produit effectivement recouvré par l’État est en partie reversé aux collectivités territoriales. En 2023, selon les données officielles du ministère de l’Économie et des Finances, 738 millions d’euros ont ainsi été affectés aux collectivités territoriales au titre du produit des amendes de police relatives à la circulation routière. La répartition du produit destiné au bloc communal tient notamment compte du nombre de contraventions dressées sur le territoire.

Pour les collectivités de plus de 10 000 habitants et les métropoles, les sommes attribuées doivent réglementairement financer des opérations liées à la mobilité, aux transports en commun ou à la circulation routière. L’argent d’une amende routière ne devient donc pas simplement une enveloppe que la mairie pourrait dépenser sans contrainte dans n’importe quel domaine.

À Angers, les contrôles routiers vont d’ailleurs augmenter

Le sujet prend une dimension particulière à Angers en ce début d’automne. La Ville a annoncé fin septembre un nouveau plan d’action en matière de sécurité routière, après avoir constaté une hausse de 30 % des infractions au Code de la route constatées par la police municipale en 2025. Le nombre de vidéoverbalisations a également augmenté de 70 % sur la même période. La municipalité annonce désormais des contrôles routiers hebdomadaires, notamment avec des contrôles radar pour les voitures et les motos.

La Ville prévoit également une campagne de sensibilisation consacrée au stationnement gênant et aux comportements à risque, annoncée pour la fin du mois d’octobre. À partir du 1er janvier 2027, une brigade de proximité et de médiation doit également être mise en place pour lutter contre différentes incivilités du quotidien, avec notamment des agents de surveillance de la voie publique habilités à dresser des procès-verbaux dans certaines situations.

Finalement, que paie vraiment l’automobiliste angevin ?

La réponse dépend donc de ce qu’il a fait. Si vous n’avez pas payé votre stationnement sur une place payante, vous êtes redevable d’un FPS de 27 euros à Angers. Cet argent entre dans un système de financement lié à la mobilité et au stationnement, avec des coûts de gestion et des mécanismes de reversement. Si vous êtes stationné dans un endroit interdit ou commettez une autre infraction au Code de la route, vous recevez une contravention, dont le produit relève d’un mécanisme national avant qu’une partie ne soit reversée aux collectivités pour des opérations liées notamment à la circulation et aux transports.

Au final, la question « où va mon amende ? » mérite donc une réponse moins simple qu’il n’y paraît. À Angers, les près de 29 000 FPS établis en 2025 montrent surtout l’ampleur du stationnement payant et de son contrôle. Mais derrière les 27 euros que voit l’automobiliste figurent toute une chaîne de gestion et, surtout, une règle essentielle : l’argent du stationnement et des sanctions routières est encadré et destiné, directement ou indirectement, à financer des politiques liées à la mobilité, au stationnement, aux transports ou à la circulation.

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