À Angers, quatre témoignages dénoncent des violences obstétricales à la maternité du CHU

Un livre d’enquête consacré aux violences gynécologiques et obstétricales paraît ce mercredi 7 octobre 2026. Parmi les témoignages recueillis par la journaliste Liane Courté dans Les Mal Traitées, quatre concernent la maternité du CHU d’Angers. Les patientes angevines y décrivent des prises en charge qu’elles estiment contraires au respect de leur dignité, de leur douleur et de leur consentement. Dans l’un des dossiers évoqués, une enquête pénale a été ouverte par le parquet d’Angers.

Crédit : Angers Info Parmi les témoignages recueillis par la journaliste Liane Courté dans Les Mal Traitées, quatre concernent la maternité du CHU d’Angers.

Des témoignages récents concernant la maternité angevine

Le livre Les Mal Traitées, publié chez Flammarion, paraît ce mercredi 7 octobre. Dans cette enquête consacrée aux violences faites aux femmes dans le cadre de soins gynécologiques et obstétricaux, la journaliste Liane Courté consacre neuf pages à quatre témoignages concernant la maternité du CHU d’Angers.

Les témoignages, qui portent sur des faits survenus entre 2023 et 2026, décrivent des expériences vécues comme particulièrement difficiles par les patientes concernées. Elles évoquent notamment des actes médicaux réalisés sans information ou sans consentement préalable, mais également des mentions qu’elles considèrent comme mensongères dans leur dossier médical.

Parmi les actes rapportés figure notamment le décollement des membranes, une pratique médicale pouvant être réalisée dans le cadre du déclenchement ou de l’accélération du travail. Une patiente affirme avoir subi cet acte « par surprise », sans avoir été informée au préalable et sans y avoir consenti.

Au-delà de l’acte médical lui-même, les témoignages mettent en cause la manière dont certaines patientes auraient été prises en charge et entendues lorsqu’elles ont exprimé leur douleur ou leur désaccord.

Des accusations qui vont jusqu’à la question du dossier médical

L’un des aspects les plus sensibles rapportés dans le livre concerne les dossiers médicaux. Les patientes dénoncent des inscriptions qu’elles estiment inexactes ou mensongères concernant le déroulement de leur prise en charge.

Dans l’un des quatre dossiers évoqués par la journaliste, une enquête pénale a été ouverte par le parquet du tribunal judiciaire d’Angers. Cette procédure judiciaire constitue un élément distinct des autres témoignages rapportés dans le livre et ne permet pas, à ce stade, de préjuger de l’issue de l’enquête.

Les faits rapportés soulèvent plus largement la question du consentement des patientes pendant l’accouchement et des conditions dans lesquelles les actes médicaux sont expliqués. Le principe du consentement libre et éclairé constitue pourtant un élément central de la relation entre le professionnel de santé et le patient.

Le CHU d’Angers reconnaît des vécus négatifs mais ne commente pas les dossiers

Sollicité sur ces témoignages, le CHU d’Angers indique que certains d’entre eux ont été portés à la connaissance de l’établissement, tandis que d’autres ne l’auraient pas été.

« Lorsqu’une patiente et le co-parent expriment des propos et un vécu négatif concernant leur prise en charge, le CHU d’Angers s’efforce systématiquement de créer et maintenir les conditions d’un dialogue constant et constructif avec le patient, le service concerné et la direction des Usagers », explique la direction.

L’établissement précise également pouvoir mettre en place, lorsque cela est nécessaire, « des médiations ou conciliations afin de revenir ensemble sur le déroulé de la prise en charge et expliciter les actes réalisés ».

Sur les quatre témoignages précisément évoqués dans le livre, le CHU explique ne pas pouvoir entrer dans le détail. « Par respect du secret médical dû aux patientes et du secret professionnel dû à nos agents, le CHU n’est pas en mesure de s’exprimer plus précisément », répond la direction.

3 900 naissances en 2025 à la maternité

Le CHU tient parallèlement à rappeler le rôle de sa maternité, qui est une maternité de niveau 3, destinée notamment à prendre en charge les grossesses et les nouveau-nés nécessitant un niveau élevé de soins.

En 2025, près de 9 500 séjours d’hospitalisation complète ont été réalisés en gynécologie-obstétrique au CHU d’Angers, auxquels s’ajoutent près de 1 800 prises en charge en hospitalisation de jour. La maternité a également enregistré environ 3 900 naissances au cours de l’année.

La direction insiste sur le professionnalisme des quelque 200 hospitaliers travaillant dans le service, parmi lesquels des sages-femmes, gynécologues-obstétriciens, anesthésistes et personnels paramédicaux.

Le CHU affirme par ailleurs renforcer depuis plusieurs années « l’information apportée aux parturientes et l’accompagnement périnatal » des patientes, des co-parents et des nouveau-nés.

Le CHU dit regretter le vécu négatif de certaines patientes

Dans sa réponse, l’établissement indique prendre en compte les retours des patientes et affirme poursuivre un travail d’amélioration de ses pratiques, notamment en s’appuyant sur les recommandations des sociétés savantes et de la Haute Autorité de santé.

« Le CHU regrette sincèrement que les prises en charge aient pu susciter un vécu négatif de la part de ces patientes », indique encore la direction, qui assure rester « pleinement engagé à écouter et accompagner chaque patiente et ses proches avec respect et bienveillance ».

La publication de Les Mal Traitées remet ainsi sur le devant de la scène, à Angers comme ailleurs, la question du consentement et du respect des femmes au moment de leur prise en charge gynécologique et obstétricale. Les quatre témoignages angevins publiés dans l’enquête portent sur des situations individuelles et doivent être distingués du fonctionnement général de la maternité, qui prend en charge plusieurs milliers de patientes chaque année.

À lire : Les Mal Traitées, enquête de Liane Courté, éditions Flammarion, parution le 7 octobre 2026.

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