Ils volaient les camions en pleine autoroute : quatre « voltigeurs » arrêtés près d’Angers

Quatre hommes de nationalité ukrainienne sont soupçonnés d’avoir participé à une série de vols particulièrement audacieux sur des poids lourds circulant sur les autoroutes françaises. Ils ont été interpellés début octobre dans la périphérie d’Angers, après plusieurs mois d’enquête.

Après le cambriolage d’ateliers municipaux en Maine-et-Loire, les gendarmes ont retrouvé le matériel volé et plusieurs véhicules recherchés.
Image d’illustration. Quatre Ukrainiens soupçonnés de voler des marchandises dans des camions en circulation ont été arrêtés près d’Angers. Le préjudice dépasse 200 000 €.

Ils montaient dans les remorques à pleine vitesse

La technique employée par ces hommes est peu commune. Selon le parquet de Béthune, qui a communiqué mardi sur l’affaire, les suspects auraient agi principalement de nuit, directement sur l’autoroute.

Le principe était particulièrement risqué. Un véhicule se plaçait derrière un poids lourd roulant à environ 80 ou 90 km/h. Depuis cette voiture, l’un des individus parvenait à s’introduire dans la remorque du camion sans que celui-ci ne s’arrête.

Les marchandises étaient alors transférées du poids lourd vers le véhicule des voleurs. Une fois leur opération terminée, les suspects regagnaient leur voiture en sautant sur son capot, toujours alors que les véhicules circulaient à vitesse élevée.

Une méthode qui a conduit les enquêteurs à parler de « voltigeurs », un terme déjà utilisé dans plusieurs affaires de vols commis sur des poids lourds en circulation.

Plus de 200 000 euros de marchandises volées

L’enquête a débuté après plusieurs plaintes déposées par des entreprises de transport et une enseigne de distribution. Les faits dénoncés se sont produits entre la fin de l’année 2025 et le début de 2026.

Les camions transportaient principalement des produits multimédias de valeur. Ils effectuaient notamment des liaisons directes entre des bases logistiques, dont certaines situées à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, et des magasins installés dans le Grand Est et en Normandie.

Les enquêteurs ont recensé plusieurs vols commis alors que les poids lourds effectuaient leur trajet sans aucun arrêt. Le préjudice global des faits dénoncés dépasse désormais les 200 000 euros, selon le procureur de Béthune Étienne Thieffry.

Les enquêteurs remontent jusqu’à la périphérie d’Angers

Pour identifier les suspects, les enquêteurs français ont travaillé en coopération avec les autorités ukrainiennes. Des opérations de surveillance, à la fois techniques et physiques, ont permis de suivre leurs déplacements.

Les investigations ont finalement conduit les enquêteurs dans la périphérie d’Angers, où les suspects auraient été localisés à proximité d’un entrepôt déjà visé par des faits similaires.

Jeudi dernier, une opération conjointe de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) et du groupement de gendarmerie de Maine-et-Loire a permis leur interpellation. Les quatre hommes auraient été arrêtés alors qu’ils rejoignaient leur lieu de repli.

Les perquisitions menées dans le cadre de l’opération ont notamment permis de saisir une berline que les enquêteurs identifient comme ayant été utilisée lors des faits.
Jugés à Béthune mercredi

Les quatre suspects ont été mis en examen pour vols aggravés, dégradations aggravées et association de malfaiteurs. Ils doivent être présentés mercredi devant le tribunal correctionnel de Béthune dans le cadre d’une comparution immédiate.

Ils encourent jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende, selon le parquet.

À ce stade, les hommes restent présumés innocents jusqu’à une éventuelle condamnation définitive par la justice.

Cette affaire rappelle une méthode déjà observée par les enquêteurs français. En 2022, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné une vingtaine de « voltigeurs » roumains poursuivis pour des faits similaires. Les peines prononcées allaient alors de 18 mois à six ans d’emprisonnement.

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