Ce vendredi 9 octobre, l’évènement du Grand Barathon se déroule dans plusieurs établissements du centre-ville d’Angers. Le principe ? Un verre acheté, c’est un verre offert. La ville d’Angers, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie ainsi que le groupement des hôtelleries et restaurations du Maine-et-Loire ne cautionnent pas cet évènement. L’adjoint au maire, en charge de la sécurité, prévient qu’il y aura des contrôles.

C’est forcément une soirée qui pourrait attirer du monde dans les bars du centre-ville d’Angers. Le Grand Barathon est organisé ce vendredi 9 octobre dans 14 établissements angevins. Le principe de l’événement repose sur une formule particulièrement incitative : un verre acheté, un verre offert.
Près de 1 500 jeunes sont attendus, entre 18 h et 2 h du matin, pour cette soirée qui doit les conduire d’un établissement à l’autre. Une opération promotionnelle qui suscite de fortes réserves chez les pouvoirs publics locaux et les professionnels de l’hôtellerie-restauration.
« Cet événement n’a rien à faire à Angers »
La Ville d’Angers ne cache pas son opposition au principe de cet évènement organisée par une société privée. « Cet événement n’a rien à faire à Angers. C’est un événement marketing et ça donne une mauvaise image des bars », estime Anthony Lusson, adjoint au maire chargé de la sécurité.
L’élu pointe également un enjeu de santé publique, alors que la soirée repose sur une mécanique promotionnelle autour des consommations d’alcool. Pour la municipalité, le problème est d’autant plus sensible que l’événement doit se prolonger pendant plusieurs heures avec un risque d’ivresse sur la voie publique.
« On désapprouve cet événement », résume Anthony Lusson lors d’une conférence de presse organisée à la dernière minute. L’adjoint au maire prévient également que des contrôles seront réalisés vendredi soir.
La Ville entend notamment vérifier que les établissements participants respectent les règles qui s’imposent à eux. L’objectif est aussi de prévenir d’éventuels débordements dans le centre-ville au cours de la soirée.
L’élu reconnaît toutefois qu’une interdiction pure et simple de l’événement n’est pas possible dans le cadre juridique actuel. « Malheureusement, il n’y a pas de chemin juridique aujourd’hui pour interdire ce genre d’événement », indique-t-il.
La Ville entend donc agir autrement. Anthony Lusson prévient ainsi les responsables des établissements participants : au moindre dérapage, le risque d’une fermeture administrative pourrait planer sur les bars concernés.
Des professionnels se désolidarisent
Du côté des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration, le constat est similaire. L’UMIH 49 et le Groupement des hôtelleries et restaurations du Maine-et-Loire ne souhaitent pas être associés à cette opération.
« On a prévenu les organisateurs et les propriétaires de bars que nous allions communiquer sur le fait que c’était un événement. Nous nous désolidarisons complètement », explique Céline Viale, la présidente de l’UMIH 49.
L’organisation professionnelle affirme ainsi vouloir clairement distinguer les établissements angevins qui participent à l’opération et le reste du secteur de l’hôtellerie-restauration.
Pour la municipalité, le message est désormais adressé aux responsables des bars : l’événement ne peut pas être interdit juridiquement à ce stade, mais tout débordement ou manquement constaté pourrait avoir des conséquences pour les établissements concernés.