L’industriel agroalimentaire met fin à son contrat avec l’organisation de producteurs des Trois Rivières, impactant le Maine-et-Loire, la Sarthe et la Mayenne. Les agriculteurs ont 18 mois pour trouver un nouveau collecteur.
C’est un violent séisme pour l’élevage laitier de l’Anjou et du Haut-Anjou. Le géant de la transformation laitière Savencia a annoncé la rupture unilatérale de son contrat avec l’Organisation de producteurs (OP) des Trois Rivières. Cette décision brutale frappe 330 exploitations et plus de 600 agriculteurs répartis entre le Maine-et-Loire, la Sarthe et la Mayenne, ouvrant un préavis de 18 mois fixé au 15 avril 2028.
D’après France 3 Régions, les 242 millions de litres de lait collectés chaque année alimentent notamment la fromagerie Tessier située dans le Maine-et-Loire, ainsi que le site Perreault en Mayenne. En Anjou comme chez les voisins sarthois et mayennais, la nouvelle passe d’autant plus mal qu’elle intervient après un été gâché par la sécheresse et l’explosion des coûts de production.
La colère des éleveurs face à des prix trop bas
À l’origine de ce divorce commercial figure une vive contestation sur la rémunération. Alors que les éleveurs sont actuellement payés 410 euros la tonne, ils estiment qu’il manque au moins 60 euros par tonne pour couvrir leurs charges réelles.
Après plusieurs mobilisations sur le terrain, notamment à la fin septembre devant les usines du groupe, les producteurs réclamaient une revalorisation tarifaire. L’industriel, propriétaire de marques phares comme Caprice des Dieux ou St Môret, a préféré stopper net les discussions.
Une réunion de crise prévue le 14 octobre
Pour les éleveurs du Maine-et-Loire et des départements limitrophes, le sentiment de servir de « variable d’ajustement » domine.
Les 330 producteurs adhérents de l’OP des Trois Rivières se réuniront en assemblée générale extraordinaire le mercredi 14 octobre prochain pour déterminer la conduite à tenir et chercher des débouchés alternatifs d’ici 2028.
