
La contestation lycéenne s’est poursuivie ce mardi 13 octobre 2026 dans la Vienne. À Poitiers, environ 1 500 personnes ont participé à la manifestation de l’après-midi, selon le dernier comptage rapporté par La Nouvelle République. Plusieurs lycées et sites universitaires avaient également été bloqués dans la matinée. La mobilisation était toutefois moins importante que lors du précédent rassemblement du 6 octobre.
Des blocages dès le matin à Poitiers et Châtellerault
La journée de mobilisation a commencé tôt dans plusieurs établissements de la Vienne. À Poitiers, le lycée du Bois-d’Amour était bloqué dans la matinée, avec des élèves mobilisés pour faire entendre leurs revendications. Les manifestants laissaient passer certains personnels, notamment administratifs et chercheurs ne dispensant pas de cours.
Au lycée Victor-Hugo, le blocus était lui aussi maintenu en début de journée, même si les effectifs étaient moins importants. Une partie des élèves prévoyait de rejoindre le rassemblement organisé l’après-midi dans le centre-ville.
La mobilisation était plus limitée au lycée Aliénor-d’Aquitaine, où seuls quelques lycéens restaient mobilisés en matinée, sous la surveillance d’un véhicule de police.
À Châtellerault, une cinquantaine de jeunes se sont rassemblés devant le lycée Berthelot et ont tenté de bloquer l’une des entrées de l’établissement. Des échanges tendus ont eu lieu avec le proviseur. Aucun rassemblement similaire n’était signalé devant le lycée Branly.
Environ 1 500 manifestants dans les rues de Poitiers
Le rendez-vous principal était fixé à 14 heures au Pont-Neuf, avant un défilé en direction de la place Leclerc, en passant par la rue Jean-Jaurès. Une première estimation évoquait près de 2 000 participants, avant que le chiffre ne soit ramené à 1 500 manifestants vers 16 heures, selon les informations publiées par La Nouvelle République.
Le cortège réunissait des lycéens, des étudiants et des militants. Il était moins fourni que celui du mardi 6 octobre, au cours duquel la mobilisation avait été plus importante.
À son arrivée devant la préfecture, des prises de parole se sont succédé. Les participants ont notamment voulu maintenir la pression autour des moyens alloués à l’éducation et des conditions d’études.
En fin d’après-midi, la manifestation principale s’est terminée. Un groupe d’environ 150 personnes a ensuite poursuivi une déambulation sans encadrement syndical, en traversant calmement le centre commercial des Cordeliers. Certains jeunes se sont également rassemblés devant le commissariat pour réclamer la libération de camarades interpellés lors des précédentes mobilisations.
Les étudiants réclament davantage de moyens
La contestation ne concerne pas uniquement les lycées. Dans la matinée, plus de 90 personnes, principalement des étudiants, avaient bloqué l’entrée de l’Institut régional du travail social Poitou-Charentes, à Poitiers. Des enseignants et des militants syndicaux de la CGT Sela et de Solidaires Étudiants s’étaient joints au rassemblement.
Les participants réclament davantage de moyens financiers et matériels pour étudier et travailler dans de bonnes conditions. Leurs demandes portent notamment sur la rénovation des locaux, la mise en place du repas à un euro, une meilleure représentation des étudiants à l’Université de Poitiers et davantage de souplesse sur l’assiduité afin de pouvoir participer aux mobilisations.
Plusieurs sites universitaires étaient également concernés par des blocages, notamment l’Hôtel-Fumé, Sciences Po en centre-ville et les bâtiments A3, A4 et B24 sur le campus.
Cette mobilisation étudiante s’inscrit dans le mouvement plus large qui se poursuit depuis la mi-septembre, autour des moyens accordés à l’éducation et de l’avenir de la jeunesse.
Une mobilisation qui cherche à durer
Ce cinquième acte intervient alors que les annonces du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, concernant l’affectation prochaine de 3 000 enseignants remplaçants dans les établissements en difficulté ne suffisent pas à apaiser la contestation.
Dans l’académie de Poitiers, les représentants syndicaux soulignent que de nombreux enseignants titulaires sur zone de remplacement sont déjà affectés devant des élèves. Selon eux, les difficultés persistent dans certaines disciplines, notamment les arts, la physique et les filières professionnelles.
À Poitiers, la mobilisation de ce mardi a été moins importante que la semaine précédente, mais plusieurs établissements et sites universitaires restent concernés par des actions. Les participants entendent ainsi continuer à porter leurs revendications, en particulier sur les conditions d’études, les moyens disponibles et la place accordée à la parole des jeunes.