« BIP BIP » sur les téléphones : près d’Angers, un exercice Seveso a testé l’alerte à la population

Ce mardi 13 octobre 2026, entre 14 h et 17 h, la préfecture de Maine-et-Loire a organisé un exercice de sécurité civile sur le site industriel Zach System, entre Avrillé et Montreuil-Juigné. Au programme : alertes sur les téléphones, sirènes et mise en place d’un périmètre de sécurité pour tester la réaction des services en cas d’accident industriel.

Ce mardi 13 octobre, la préfecture a organisé un exercice autour de Zach System, entre Avrillé et Montreuil-Juigné, avec des tests d’alerte et de sécurité.
Image d’illustration. Ce mardi 13 octobre, la préfecture a organisé un exercice autour de Zach System, entre Avrillé et Montreuil-Juigné, avec des tests d’alerte et de sécurité.

Un téléphone qui se met soudain à sonner, un signal inhabituel, puis un message d’alerte qui s’affiche sur l’écran. Pour les personnes présentes dans la zone concernée, ce type de notification peut surprendre. Ce mardi 13 octobre, ce scénario faisait partie de l’exercice de sécurité civile organisé autour du site industriel Zach System, entre Avrillé et Montreuil-Juigné, près d’Angers.

Entre 14 h et 17 h, la préfecture de Maine-et-Loire a mobilisé plusieurs services de secours et de sécurité pour tester l’organisation prévue en cas d’accident majeur sur cette installation classée Seveso seuil haut. L’opération s’inscrivait dans le cadre de la Journée nationale de la résilience.

L’un des enjeux était de vérifier que les différents moyens d’alerte pouvaient fonctionner et transmettre rapidement les consignes à la population. Le dispositif FR-Alert, qui permet d’envoyer une notification directement sur les téléphones portables situés dans une zone exposée, figurait parmi les outils à tester.

Un signal inhabituel sur le téléphone, et des consignes à connaître

En situation réelle, une alerte FR-Alert peut être accompagnée d’un signal sonore spécifique, même lorsque le téléphone est en mode silencieux. Aucun téléchargement d’application ni aucune inscription préalable ne sont nécessaires.

Le message doit permettre de comprendre rapidement ce qui se passe, où se situe le danger et comment se protéger. Selon la nature de l’incident, les autorités peuvent demander aux habitants de se mettre à l’abri, de se confiner ou d’évacuer une zone.

C’est précisément cette chaîne d’alerte que les services de l’État cherchent à éprouver lors de ce type d’exercice. Car en cas d’accident industriel, les premières minutes comptent : il faut pouvoir avertir les personnes exposées, organiser les secours et empêcher les curieux ou les automobilistes de s’approcher d’un secteur dangereux.

Pourquoi Zach System fait l’objet d’un exercice particulier

Située entre Avrillé et Montreuil-Juigné, l’entreprise Zach System manipule des produits chimiques solides, liquides ou gazeux, dont certains sont inflammables ou toxiques. Ces substances sont notamment utilisées dans la fabrication de médicaments destinés à l’industrie pharmaceutique mondiale.

Le classement Seveso seuil haut impose des mesures de prévention et une préparation spécifique aux accidents susceptibles d’avoir des conséquences importantes sur les personnes et l’environnement.

L’exercice organisé ce mardi devait notamment vérifier la coordination entre l’entreprise, les secours et les autorités. Il faisait suite à une précédente opération physique organisée en 2023.

Deux dispositifs d’urgence étaient concernés : le plan d’opération interne (POI), élaboré par l’entreprise, et le plan particulier d’intervention (PPI), préparé par la préfecture. Le premier encadre la gestion d’un sinistre à l’intérieur du site avec les moyens de l’établissement. Le second organise la protection des populations lorsque les effets d’un accident peuvent dépasser les limites de l’installation.

Périmètre de sécurité et déviations autour du site

L’exercice ne se limitait pas aux alertes sur les téléphones. Les services devaient également tester le temps nécessaire à la mise en place d’une zone d’exclusion autour de l’établissement, le bouclage de ce périmètre et l’organisation des déviations routières.

Un poste de commandement opérationnel était installé dans les locaux de la mairie d’Avrillé afin de coordonner les différentes interventions.

Gendarmerie nationale, Police nationale, pompiers, services de l’État, représentants de l’Éducation nationale, autorités militaires, collectivités et entreprise figuraient parmi les partenaires mobilisés.

La préfecture souhaitait aussi actualiser les plans de déviation et les fiches réflexes utilisées par les intervenants. Autant d’éléments qui doivent permettre de gagner du temps et de clarifier le rôle de chacun si un accident survient réellement.

Que faire si une véritable alerte retentit ?

Pour les habitants, la règle est simple : en cas d’alerte réelle, il faut se mettre en sécurité et suivre les instructions des autorités. Écouter la radio permet de prendre connaissance des consignes et de leur évolution.

Selon le danger, il peut être demandé de se confiner, de fermer les ouvertures et d’arrêter la ventilation, la climatisation ou le chauffage. Il ne faut pas quitter son abri sans instruction, s’approcher des fenêtres ni rester dans un véhicule exposé.

La préfecture recommande également de ne pas aller chercher les enfants à l’école pendant une alerte, de ne pas encombrer les réseaux téléphoniques et de ne pas relayer de rumeurs. Ces comportements peuvent compliquer le travail des secours et retarder la diffusion des informations utiles.

L’exercice organisé ce mardi près d’Angers avait un objectif concret : vérifier que les dispositifs d’alerte, les procédures d’urgence et la coordination des intervenants sont prêts à fonctionner ensemble. Pour les riverains, il rappelle aussi qu’un signal inhabituel sur un téléphone peut être un outil de protection lorsqu’un danger menace réellement la zone où ils se trouvent.

Quitter la version mobile