Plus de 350 pigeons capturés et gazés à Poitiers : une association menace la Ville de poursuites judiciaires

dr : À Poitiers, la capture de 356 pigeons entre novembre 2025 et mars 2026 relance le conflit entre la municipalité, qui souhaite conserver cette méthode de régulation, et l’association PAZ, qui dénonce le gazage des oiseaux et menace de saisir la justice

La gestion des pigeons provoque une nouvelle controverse à Poitiers, dans la Vienne. Selon des documents transmis par la municipalité, 356 pigeons ont été capturés entre novembre 2025 et mars 2026 dans le cadre des opérations de régulation menées par la Ville. L’association de défense des animaux PAZ dénonce ces pratiques et réclame leur arrêt. De son côté, la mairie défend une politique privilégiant les dispositifs d’éloignement, sans exclure le recours à la capture et à l’abattage.

356 pigeons capturés en cinq mois à Poitiers

La question de la régulation des pigeons revient au centre des discussions à Poitiers. L’association Projet animaux zoopolis (PAZ) a récemment obtenu de nouveaux documents municipaux détaillant les opérations de capture réalisées dans la ville. Ces éléments font état de 356 pigeons capturés entre novembre 2025 et mars 2026, dans le cadre de campagnes de piégeage suivies de leur élimination.

Ce dossier n’est pas nouveau. En 2023, l’association avait déjà engagé des démarches contre la précédente municipalité pour obtenir des informations sur ces interventions. La Ville avait alors reconnu la capture et le gazage de 400 pigeons après deux années de moratoire. Aucune opération d’abattage n’avait ensuite été menée en 2024, avant une reprise des captures à la fin de l’année 2025.

Une association dénonce des pratiques qu’elle juge illégales

Face à la reprise de ces opérations, PAZ a renouvelé ses demandes d’informations auprès de la municipalité à la fin de l’année 2025. En l’absence de réponse, l’association indique avoir saisi une nouvelle fois la Commission d’accès aux documents administratifs. Les éléments réclamés lui ont finalement été communiqués par la nouvelle équipe municipale en septembre 2026.

L’association conteste fermement le recours au piégeage et au gazage. Elle considère ces méthodes comme cruelles et affirme qu’elles contreviennent au droit européen. Il s’agit toutefois de la position défendue par PAZ, et non d’une illégalité établie par une décision de justice dans ce dossier.

Le 1er octobre 2026, l’organisation a adressé une mise en demeure à trois municipalités de la Vienne : Poitiers, Châtellerault et L’Isle-Jourdain. Elle leur demande de mettre fin à ces campagnes et annonce envisager une action judiciaire. À ce stade, aucune décision de justice imposant leur arrêt n’est mentionnée.

La mairie privilégie les dispositifs d’éloignement

La Ville de Poitiers ne prévoit pas, pour le moment, de renoncer définitivement aux opérations de capture. Dans un courrier daté du 14 septembre 2026 et adressé à PAZ, le maire Anthony Brottier explique que la municipalité donne la priorité aux solutions destinées à empêcher les pigeons de s’installer sur les bâtiments.

Ces dispositifs doivent permettre de protéger le patrimoine tout en limitant les interventions sur les animaux. La mairie estime néanmoins nécessaire de conserver la possibilité de recourir au piégeage lorsque les autres mesures ne suffisent pas.

Cette position illustre le désaccord entre les deux parties. Pour PAZ, la capture suivie de la mise à mort doit cesser. Pour la municipalité, ces opérations restent un outil possible dans la gestion des populations de pigeons, même si leur utilisation doit être réduite autant que possible.

Des interventions sur plusieurs églises et bâtiments publics

Plusieurs édifices de Poitiers ont déjà été concernés par des campagnes de piégeage. Parmi eux figurent les églises de Montierneuf, Sainte-Radegonde et Saint-Hilaire, mais aussi le musée Rupert de Cherves et la tour de séchage de la Caserne.

La présence de pigeons sur ces bâtiments pose notamment des difficultés d’entretien et de protection des façades. Les interventions peuvent se révéler complexes et coûteuses, particulièrement sur les monuments anciens. Certains travaux nécessitent l’intervention de professionnels sur cordes ou l’utilisation de nacelles pour atteindre les zones situées en hauteur.

Des filets et des pics pour limiter la présence des oiseaux

En parallèle des opérations de capture, la municipalité déploie différentes installations destinées à éloigner les pigeons. Des filets et des pics métalliques peuvent notamment être posés sur les bâtiments afin de limiter les possibilités de stationnement et de nidification.

Ces équipements sont également intégrés à certains projets immobiliers récents. C’est notamment le cas de l’École européenne supérieure de l’image, dans le quartier des Couronneries.

Le désaccord entre PAZ et la Ville de Poitiers demeure donc entier. Alors que l’association réclame l’abandon des campagnes de capture et de gazage, la municipalité entend conserver cette possibilité tout en développant les solutions préventives. La menace d’une procédure judiciaire pourrait désormais faire évoluer ce dossier.

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