330 fermes menacées dans l’Ouest : pourquoi les parlementaires du Maine-et-Loire interpellent l’État

La décision du groupe Savencia de mettre fin à la collecte de lait auprès de 330 éleveurs de l’Ouest suscite une mobilisation politique en Maine-et-Loire. À l’initiative du sénateur Stéphane Piednoir, les parlementaires du département demandent une médiation de l’État pour renouer le dialogue avec l’industriel et préserver les exploitations concernées.

Patricia Huchot-Boissier/ABACAPRESS.COM

Les parlementaires de Maine-et-Loire se mobilisent pour les éleveurs laitiers de l’Ouest. Après l’annonce du groupe agro-industriel Savencia de mettre un terme à la collecte de lait auprès de 330 exploitations, plusieurs élus du département ont adressé un courrier à la ministre de l’Agriculture afin de demander une intervention des pouvoirs publics.

La décision a été annoncée le 6 octobre aux producteurs de l’organisation de producteurs (OP) « Les 3 Rivières ». Elle prévoit la résiliation de leurs relations commerciales avec Savencia, assortie d’un préavis de 18 mois. Les exploitations concernées sont réparties entre le Maine-et-Loire, la Mayenne et la Sarthe.

Pour ces éleveurs, l’enjeu est majeur : ils doivent trouver une solution pour écouler leur production laitière à l’issue de ce préavis, dans un contexte où la rémunération et la maîtrise des coûts de production restent des sujets sensibles pour la filière.

Un désaccord sur le prix du lait

À l’origine du conflit figurent les modalités de prise en compte des coûts réels de production et du prix de revient des exploitations dans la formule de calcul du prix d’achat du lait. Un désaccord qui oppose l’organisation de producteurs à l’industriel et qui pose la question de la place des éleveurs dans les négociations commerciales.

Les parlementaires estiment que cette situation fragilise les producteurs et remet en question les équilibres que les pouvoirs publics cherchent à instaurer entre les différents acteurs de la filière laitière. Ils font notamment référence à la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles du 18 août 2026, présentée dans leur courrier comme un levier destiné à renforcer le rôle des organisations de producteurs dans les négociations.

Les élus alertent également sur les difficultés rencontrées par les exploitations, déjà confrontées aux conséquences d’un été marqué par la canicule et des épisodes répétés de sécheresse. Dans ce contexte, l’annonce de la fin de la collecte ajoute une incertitude économique pour les familles concernées.

Une médiation de l’État réclamée

Réunis à l’initiative du sénateur de Maine-et-Loire Stéphane Piednoir, les parlementaires demandent à la ministre de l’Agriculture de favoriser une reprise rapide des discussions entre Savencia et l’OP Les 3 Rivières.

Leur démarche vise à rétablir les conditions d’un dialogue entre les deux parties et à rechercher une issue permettant de préserver les exploitations. Les signataires défendent également le principe d’une rémunération prenant en compte les coûts de production, qu’ils jugent indispensable à la pérennité des élevages.

Cette mobilisation intervient alors que les producteurs disposent d’un préavis de 18 mois pour préparer la suite de leurs relations commerciales avec l’industriel. L’intervention de l’État est désormais sollicitée pour tenter de rapprocher les positions et éviter que les exploitations concernées ne se retrouvent sans débouché pour leur lait.

Dix parlementaires de Maine-et-Loire mobilisés

Le courrier adressé à la ministre de l’Agriculture est signé par les quatre sénateurs du département, Grégory Blanc, Corinne Bourcier, Emmanuel Capus et Stéphane Piednoir, ainsi que par six députés : Nicole Dubré-Chirat, députée de la 6e circonscription, Stella Dupont, députée de la 2e circonscription, François Gernigon, député de la 1re circonscription, Denis Masséglia, député de la 5e circonscription, Patricia Maussion sur la 7e circonscription, et Laetitia Saint-Paul, députée de la 4e circonscription.

Au-delà de la situation des 330 exploitations, les élus mettent en avant un enjeu plus large pour l’agriculture de l’Ouest : la capacité des producteurs à négocier des conditions de vente qui leur permettent de couvrir leurs charges et de maintenir leur activité. La réponse de la ministre et la reprise éventuelle des discussions avec Savencia seront déterminantes pour la suite du dossier.

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