À Angers, l’initiative « Nos quartiers en campagne » propose, du vendredi 16 au dimanche 18 octobre, trois jours de rencontres autour de la justice alimentaire, des solidarités locales et des inégalités territoriales. Présenté comme la première étape d’un « Tour de France des résistances et des autonomies », l’événement est porté par plusieurs organisations associatives et agricoles engagées, dont la Coordination nationale Pas sans Nous et la Confédération paysanne. Derrière les ateliers, les débats et les repas collectifs, les organisateurs défendent aussi un projet politique visant à rapprocher les quartiers populaires et les territoires ruraux.

Une initiative portée par des organisations militantes
L’appel « Nos quartiers en campagne » est soutenu par la Coordination nationale Pas sans Nous, la Confédération paysanne, le réseau CIVAM, l’Atelier paysan et la Fédération nationale de l’audiovisuel participatif. Ces structures interviennent notamment dans les quartiers populaires, l’agriculture paysanne, le développement rural et les pratiques participatives.
Leur démarche part d’un constat : les habitants des banlieues et ceux des campagnes seraient confrontés à des difficultés communes, notamment en matière d’accès aux services publics, de précarité et d’accès aux droits. Les organisations souhaitent dépasser les oppositions entre ces territoires et encourager des coopérations locales.
Leur texte fondateur va toutefois au-delà d’un programme de rencontres citoyennes. Il critique la concentration du pouvoir politique, dénonce les inégalités sociales et territoriales et appelle à construire une alliance durable entre quartiers populaires, campagnes, petites villes et territoires ultramarins.
Les initiateurs présentent leur démarche comme « apartisane, mais profondément politique ». Ils affirment ne pas vouloir soutenir une candidature à l’élection présidentielle de 2027, mais entendent profiter de cette séquence pour installer un réseau national de coopération et d’expérimentation. Une orientation revendiquée par les organisateurs, qui inscrit l’événement dans un engagement militant en faveur de la transformation sociale et démocratique.
La justice alimentaire au cœur du programme
À Angers, la première partie du rendez-vous se déroule vendredi 16 octobre. Une visite de ferme est programmée à 11 heures, avec un départ en bus depuis la place Jean-Vilar, dans le quartier de la Roseraie, en direction de la ferme La Cour du Bois, à Terranjou. La journée prévoit ensuite une visite de l’exploitation laitière, un atelier consacré au prix de l’alimentation et une table ronde sur la possibilité de garantir une alimentation plus juste sans recourir à des filières longues.
Un repas avec le réseau RAARe est annoncé à 19 heures, place Jean-XXIII. À 20 heures, une assemblée intitulée « Nos quartiers en campagne » doit se tenir dans la salle des Jonchères, au 34 avenue Jean-XXIII.
Samedi 17 octobre, l’Université populaire de la justice alimentaire constituera le temps fort de la manifestation. À partir de 10 heures, une séance plénière abordera les raisons de mener une recherche-action sur la justice alimentaire. Plusieurs intervenants sont annoncés, dont Dominique Paturel, chercheuse connue pour ses travaux sur l’accès à l’alimentation et la démocratie alimentaire, ainsi que des acteurs associatifs engagés sur ces questions.
Trois ateliers sont prévus dans l’après-midi. Ils porteront sur la définition de la justice alimentaire, la manière de faire dialoguer savoirs populaires et savoirs académiques, ainsi que les liens entre alimentation, santé et inégalités.
Une plénière de clôture est programmée à 17 h 30, avant un « appel populaire de la justice alimentaire » à 18 h 30. La soirée se poursuivra autour d’un repas paëlla, puis d’un concert du groupe Los Kemados à 20 heures.
Dimanche 18 octobre, un brunch de clôture est prévu à 9 h 30, sur réservation. Au programme : grignotage, potage, présentation des collectifs, exposition sonore et projection de vidéos réalisées par le centre social de Tours.
Un discours qui entend peser dans le débat public
Au-delà de la question alimentaire, les organisateurs souhaitent ouvrir un débat sur les moyens d’action des habitants et leur capacité à s’organiser localement. Leur appel met également en avant l’environnement, l’accès aux soins et aux services publics, le logement, la formation et l’emploi des jeunes.
Les associations défendent l’idée que les solutions peuvent émerger de structures de proximité, comme les fermes, les maisons de quartier, les centres sociaux, les associations ou les coopératives. Elles veulent créer des liens durables entre des acteurs qui, selon elles, sont trop souvent présentés comme appartenant à des mondes opposés.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche nationale qui entend se poursuivre au-delà du rendez-vous angevin. L’échéance présidentielle de 2027 est explicitement mentionnée dans le texte fondateur, même si les porteurs du projet assurent vouloir construire une mobilisation indépendante des partis et des candidatures.
À Angers, ces trois journées mêleront ainsi échanges de pratiques, débats sur l’alimentation et expression collective. Elles permettront aussi aux organisations participantes de défendre publiquement leur vision des solidarités territoriales et de leur place dans le débat politique.
Informations pratiques : les rencontres se déroulent du 16 au 18 octobre 2026, entre le quartier de la Roseraie, plusieurs lieux de la ville d’Angers et la ferme La Cour du Bois, à Terranjou. Pour tout renseignement, les organisateurs indiquent l’adresse suivante : nosquartiersencampagne@gmail.com.