
Ce samedi 17 octobre 2026, près de 200 personnes se sont rassemblées au rond-point des Flâneries, à La Roche-sur-Yon, pour dénoncer la vie chère selon Ouest France. Barrages filtrants, appels aux klaxons et revendications sociales ont rythmé cette mobilisation, marquée par des propos antisémites.
« On n’arrive plus à joindre les deux bouts »
Un épais nuage noir s’élève au-dessus du rond-point des Flâneries, à La Roche-sur-Yon (Vendée). Huit ans après le début du mouvement des Gilets jaunes, près de 200 personnes ont répondu à l’appel à manifester contre la vie chère, ce samedi 17 octobre, dès 10 h 30.
Myriam, 42 ans, participe pour la première fois à une mobilisation. « On ne s’était jamais mobilisés. Mais aujourd’hui, ce n’est plus possible », confie cette mère de famille. Pour se rendre au travail, à 20 km de chez elle, elle a déjà dépensé 180 € en carburant depuis le début du mois. « On n’arrive plus à joindre les deux bouts », déplore-t-elle.
Des barrages filtrants aux Flâneries
Des caddies de supermarché servent à organiser des barrages filtrants pour limiter l’accès à la zone commerciale. Les manifestants souhaitent inciter les consommateurs à renoncer à leurs achats et à prendre conscience des difficultés de pouvoir d’achat.
Sur le bord de la route, pancartes à la main, ils invitent les automobilistes à klaxonner en signe de soutien.
Mallory, 24 ans, est notamment venue soutenir le mouvement étudiant. « Ils réclament simplement de meilleures conditions d’éducation. On doit tous se sentir concernés », estime-t-elle. À ses côtés, Mattéo, 22 ans, dénonce le coût de la vie : « Quand on voit que le prix de l’essence est à plus de 2 €, c’est normal d’être dans la rue. On bosse tous les deux au Smic, c’est difficile de joindre les deux bouts. »
Les deux jeunes espèrent une convergence des luttes. Mallory exprime aussi ses inquiétudes face à la montée de l’extrême droite et aux débats autour de l’avortement.
Des propos antisémites entendus sur place
La mobilisation est marquée par des incidents verbaux. À la sortie du rond-point, en direction de la route de Nantes, des jeunes répondent aux insultes de certains automobilistes mécontents de l’attente par des propos antisémites, notamment « sales juifs » et « sales sionistes ». Certains font également des quenelles sous les rires de leurs camarades.
Des militants syndicaux et associatifs, dont des membres de la Ligue des droits de l’homme, tentent de maintenir le calme autour des barrages et de favoriser un filtrage apaisé.
Les Gilets jaunes espèrent relancer le mouvement
Des militants de la CGT participent également au rassemblement. « Le pouvoir d’achat et les conditions de vie sont un problème pour tout le monde », souligne Jean-Marc Jolly, qui reconnaît une organisation improvisée. Le syndicat appelle à poursuivre la mobilisation en attendant le 5 novembre.
Yves, 67 ans, est un Gilet jaune de la première heure. « On le disait il y a huit ans. Rien n’a changé. On s’est fait enfumer avec les cahiers de doléances. Aujourd’hui, on voit qu’un mouvement populaire repart. Ça fait plaisir à voir », estime-t-il.
Un cortège doit partir dans l’après-midi depuis la place de la Vendée. À 11 h, les forces de l’ordre n’étaient pas encore intervenues pour mettre fin aux barrages filtrants.