
Une soixantaine d’habitants se sont mobilisés samedi 17 octobre 2026 à Cherbourg-en-Cotentin (Manche) pour contester le projet de zone d’activités économiques Collignon Sud-Croix-Morel. Entre nuisances sonores, trafic routier et préservation d’un espace naturel fréquenté par les familles, l’association Préservons Collignon réclame des garanties et a engagé une action en justice contre l’agglomération.
Une marche citoyenne pour défendre le cadre de vie
Le rendez-vous était donné samedi en fin de matinée devant la grande plage de Collignon. À l’appel de l’association Préservons Collignon, créée en 2025, une soixantaine de riverains et d’habitants de Cherbourg-en-Cotentin ont participé à une marche citoyenne et solidaire jusqu’au chantier des fouilles archéologiques qui précèdent le projet de zone d’activités.
L’objectif est de faire entendre leurs inquiétudes avant le lancement des travaux de la future zone Collignon Sud-Croix-Morel, destinée à accueillir des activités à vocation portuaire.
Le site se situe entre des secteurs résidentiels et un vaste espace naturel de loisirs apprécié des familles et des sportifs du Cotentin. Pour les opposants, cette proximité fait peser des risques sur la tranquillité du quartier et sur la qualité de vie des habitants.
« Nous ne sommes pas opposés au développement économique, mais il ne doit pas se faire au détriment de la qualité de vie des riverains », explique Stéphane Loisel, président de Préservons Collignon, cité par La Presse de la Manche.
Jusqu’à 200 camions par jour redoutés par les habitants
Parmi les principales préoccupations des riverains figure la circulation des poids lourds. Selon les estimations avancées par l’association, le projet pourrait entraîner le passage de 200 camions par jour, sept jours sur sept.
Les habitants redoutent les nuisances sonores et visuelles liées à ce trafic, mais aussi les risques associés à une circulation dense à proximité des logements.
L’association souligne notamment la présence d’environ 150 habitations autour des quartiers Chardine, de l’hôtel Giffard et des Jardins de Tourlaville. Ses responsables contestent également le choix de cet emplacement, alors que des terrains seraient encore disponibles du côté de la zone d’activités de Maupertus.
Au-delà du trafic routier, les opposants s’inquiètent des conséquences du projet sur un environnement naturel qu’ils souhaitent préserver.
Des réserves après l’enquête publique
Les préoccupations des riverains ont également été évoquées dans le cadre de l’enquête publique. Selon Stéphane Loisel, le rapport comporte plusieurs recommandations destinées à limiter les nuisances.
Parmi les mesures mentionnées figurent une limitation des horaires d’activité, avec un arrêt entre 21 heures et 5 heures du matin, l’interdiction de stationner des camions frigorifiques le long des habitations et la mise en place d’un règlement visant à préserver la tranquillité des riverains.
L’association estime toutefois que les réserves formulées par la commissaire enquêtrice n’ont pas été suffisamment prises en compte dans la délibération de la Communauté d’agglomération du Cotentin.
Ses responsables regrettent également de ne pas avoir pu obtenir de rendez-vous avec les maîtres d’ouvrage, l’agglomération et Ports de Normandie, malgré plusieurs tentatives d’échanges engagées selon eux depuis deux ans.
Une action en justice engagée contre l’agglomération
Après plusieurs années de démarches, les représentants de Préservons Collignon doivent rencontrer les autorités le 28 octobre 2026. Mais l’association a déjà engagé une action en justice contre la Communauté d’agglomération du Cotentin devant le tribunal administratif de Caen.
Pour les opposants, l’enjeu est désormais d’obtenir des garanties concrètes concernant les conséquences du projet sur leur quotidien.
À la fin de la marche du 17 octobre, Hubert, un retraité de Tourlaville, a résumé le sentiment de certains riverains : ils ont choisi de vivre dans ce secteur pour son calme et son environnement naturel, et craignent que la future zone d’activités ne vienne bouleverser cet équilibre.
Alors que les fouilles archéologiques sont en cours, la contestation se poursuit autour de la Croix-Morel. Les échanges annoncés avec les autorités pourraient constituer une nouvelle étape dans ce dossier, sans préjuger de l’issue de la procédure judiciaire.